Les députés argentins ont adopté jeudi une réforme visant à assouplir la loi protégeant les glaciers afin de permettre l’exploitation minière. Ce projet ultra-sensible du président Javier Milei suscite l’inquiétude des défenseurs de l’environnement.

Ce vote marque une nouvelle victoire législative pour Javier Milei dans son élan dérégulateur, déjà conforté en février par l’approbation de sa réforme flexibilisant le code du travail.

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La Chambre des députés a voté la réforme de la loi des glaciers par 137 voix pour, 111 contre et trois abstentions, après près de douze heures de débat parlementaire. Le texte, qui donne une plus grande latitude aux provinces pour définir les zones protégées et y autoriser ou non l’activité économique et minière, avait déjà été approuvée par le Sénat en février.

« A partir de maintenant, notre pays retrouve un véritable fédéralisme environnemental et une politique intelligente et souveraine pour l’exploitation de ses ressources », a déclaré Javier Milei dans un communiqué après le vote. « Les écologistes acharnés à empêcher le progrès de la République argentine ont encore perdu », s’est-il félicité.

Vers plus d’investissements

Le président argentin soutenait que la modification de la loi en vigueur depuis 2010 était une étape nécessaire pour attirer les investissements miniers.

Pour ses partisans, la réforme vise à clarifier des critères de définition d’une zone périglaciaire économiquement exploitable, qui, selon eux, engendrent aujourd’hui des interprétations arbitraires et des litiges sans fin.

D’après Javier Milei, connu pour réfuter le rôle humain dans le changement climatique, les critères actuels sont un frein à l’investissement et à l’emploi.

Selon un inventaire national datant de 2018, le pays compte près de 17’000 corps de glace supérieurs à un hectare – des glaciers ou glaciers dits rocheux, soit des masses de glace recouvertes de fragments de roche.

>> Les détails de cette réforme dans Tout un monde : L’Argentine veut sacrifier des glaciers pour le cuivre / Tout un monde / 4 min. / le 27 février 2026 Rôle hydrique des glaciers

Les opposants s’inquiètent quant à eux du principe de « pertinence hydrique » qui passerait à discrétion des autorités provinciales. « Cela revient à estomper le rôle scientifique et le subordonner à des décisions politiques », estime Pablo Villagra, directeur de l’Institut argentin de nivologie et glaciologie.

Pour lui, « tous les corps de glace ont une ‘importance hydrique’, que ce soit en tant que réserve d’eau ou par leur apport effectif en eau au moment où ils fondent ».

« Les compagnies minières ont rédigé cette loi, elles ont piloté le processus », a dénoncé lors du débat au Parlement un député de centre-droit opposé à la réforme.

Javier Milei est résolu à doper la capacité de l’Argentine dans l’exploitation du cuivre, du lithium, de l’or ou de l’argent, et cite fréquemment avec envie le Chili voisin, premier producteur mondial de cuivre sur la même cordillère.

Selon une projection de la Banque centrale, l’Argentine pourrait tripler ses exportations minières d’ici 2030, voire le quintupler sur la décennie à venir, d’après des estimations du secteur minier.

ats/iar