A Montreux, il est désormais interdit de filmer, d’enregistrer ou de faire des images au Conseil communal, y compris pour les médias. Entre protection de la personnalité et manque de courage politique, la question fait déjà débat.
Le président de l’organe législatif de la troisième ville du canton de Vaud a annoncé cette interdiction la semaine passée lors de la séance du plénum, relate le journal 24 heures. Contacté par la RTS, Lionel Moyard explique que tout est parti de l’interrogation de plusieurs élus étonnés de se faire filmer par des collègues en pleine séance, avec la crainte que ces discours – sortis de leur contexte – soient retransmis sur les réseaux sociaux.
Il demande alors un avis de droit à la Direction générale des affaires institutionnelles et des communes du Canton de Vaud. Il en ressort que sans règlement, il faudrait le consentement des personnes concernées. L’interdiction est alors décrétée, y compris pour les médias, pourtant autorisés à assister à ces séances publiques.
« Manque de courage politique »
Cette décision ne fait pas l’unanimité chez les conseillers communaux et inquiète l’organisation des journalistes suisses Impressum. « Je vois ici davantage un manque de courage politique, dans une atmosphère de peur de ce fameux ‘bad buzz’ sur Internet et les réseaux sociaux », affirme le codirecteur d’Impressum Etienne Coquoz. « D’autres moyens de contrôle qui ne limiteraient pas la liberté de la presse seraient tout à fait en mesure de préserver le cadre et le bon fonctionnement de séances telles que celles-ci ».
Une situation similaire avait eu lieu l’année passée dans la commune de Saxon (VS). La télévision locale Télé-Saxon avait dû arrêter la diffusion des séances, là aussi pour des raisons de protection des données et de la personnalité. Quelques mois et un arrêté communal plus tard, Saxon est en partie revenue en arrière, confirme à la RTS le président de la commune Christian Roth, avec le droit de filmer uniquement les personnes élues lors des assemblées. Le public et les participants non-élus doivent en revanche être anonymisés.
A Montreux, le président du Conseil communal Lionel Moyard n’exclut pas que le débat revienne sur la table. Cela permettrait, selon lui, de clarifier la situation.
Diana-Alice Ramsauer/edel