Le conseiller fédéral Beat Jans souhaite renforcer la lutte contre le crime organisé en Suisse. A cette fin, le Bâlois a eu des échanges avec les autorités belges lors d’un voyage de deux jours, notamment au port d’Anvers, qui est devenu l’un des points d’entrée de la drogue sur le continent européen.
La Belgique a pris des mesures pour faire reculer le trafic de drogue, a déclaré jeudi Beat Jans devant des journalistes suisses sur le site du port d’Anvers. Les trafiquants se rabattent donc sur des ports périphériques. Bâle pourrait être l’un de ces ports, a déclaré le ministre de Justice et de Police. C’est pourquoi des mesures doivent être prises.
L’une d’elle pourrait être la participation de la Suisse à l’Alliance portuaire européenne. Celle-ci a été créée en janvier 2024 et rassemble des acteurs privés et des autorités. Elle compte au total environ 200 membres, dont une cinquantaine de ports.
>> Pour en savoir plus, lire : Lancement d’une « Alliance des ports européens » contre le trafic de drogue
Coopération nécessaire
Une participation de la Suisse est un « élément important », a déclaré Beat Jans, qui a énuméré trois raisons. Premièrement, l’échange d’informations sera renforcé. Deuxièmement, les membres participants pourront échanger sur les bonnes pratiques. Comme troisième raison, il a cité des normes uniformes qui s’appliqueront également aux acteurs privés.
Les directrices de la sécurité des deux Bâles, Stephanie Eymann (BS) et Kathrin Schweizer (BL), étaient présentes lors de la visite. Elles se sont montrées intéressées par une participation à l’alliance portuaire. Cela nécessite toutefois une décision gouvernementale. Les deux cantons sont propriétaires des ports rhénans suisses, également appelés Port of Switzerland, qui regroupent les ports de Bâle, Muttenz et Birsfelden.
Pour lutter contre le crime organisé, la coopération est essentielle, a déclaré Stephanie Eymann. Ce problème ne peut être résolu de manière isolée. Avec l’Alliance portuaire, Bâle pourrait faire partie d’un réseau plus vaste.
Sur la bonne voie grâce à une stratégie nationale
Mercredi, le conseiller fédéral avait également abordé la lutte contre le trafic de drogue avec la commissaire nationale belge aux drogues, Ine Van Wymersch, a indiqué le Département fédéral de justice et police dans un communiqué. La stratégie de lutte contre le crime organisé a notamment fait l’objet de discussions. La Suisse dispose d’une telle stratégie depuis décembre dernier.
Cette visite a confirmé que la Suisse était sur la bonne voie, a déclaré Eva Wildi-Cortés, directrice de l’Office fédéral de la police (Fedpol), qui faisait partie de la délégation. Elle a aussi souligné que la Suisse devait renforcer sa coopération avec ses partenaires internationaux et durcir sa lutte contre le blanchiment d’argent.
Lors de cette visite, le conseiller fédéral était également accompagné par le directeur de l’Office fédéral des douanes et de la sécurité aux frontières Pascal Lüthi. Selon le communiqué, d’autres rencontres ont eu lieu avec le ministre belge de l’Intérieur, Bernard Quintin, ainsi qu’avec le coordinateur belge de la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme.
ats/juma