Leader de la vente en ligne en Suisse, Zalando a changé de prestataire pour la gestion de ses retours à la fin de l’année 2024. Le logisticien Ceva Logistics, basé à Soleure, a été remplacé par GXO au Tessin. Le syndicat Unia accuse l’entreprise de recourir massivement à des travailleurs frontaliers soumis à des conditions de travail jugées déplorables.

La plupart des salariés de GXO, une entreprise de logistique basée au Tessin, sont des intérimaires, engagés via des agences d’intérim. Selon le syndicat Unia, ils sont appelés par l’entreprise à venir travailler de manière ponctuelle et travaillent dans des conditions assimilables à de l’exploitation.

D’après Chiara Landi, secrétaire d’Unia au Tessin, l’environnement de travail est « épouvantable » et les rythmes imposés sont « extrêmes  ». « Nous connaissons des personnes à bout de nerfs ou en burn-out. Des personnes ont même fait des malaises au travail, tant le rythme, la surveillance et la pression sont intenses  », explique-t-elle jeudi dans le 12h45.

Ces accusations sont démenties par Alessandro Vincenzi, directeur du centre logistique de GXO. « Ce n’est pas notre façon de faire. Nous valorisons la performance. Personne n’est puni pour un travail médiocre, mais ceux qui travaillent bien sont récompensés », souligne-t-il.

Condamnation en Italie

Jusqu’en 2024, les retours du géant du commerce en ligne Zalando étaient traités par l’entreprise CEVA Logistics, dans le canton de Soleure. Les 300 employés ont toutefois été licenciés après avoir demandé un treizième salaire, cinq semaines de congés payés et le recours à des contrats à durée déterminée.

En Italie, GXO a en outre été condamnée pour des méthodes jugées abusives, impliquant plusieurs agences d’intérim. Les syndicats espèrent que l’entreprise connaîtra en Suisse le même sort et que cela contraindra Zalando à ouvrir les yeux sur les conditions de travail de ses sous-traitants.

cob/miro avec SRF