Revenir de la Lune est toujours une phase délicate. Pour les quatre astronautes de la mission Artemis 2, ce moment délicat surviendra en pleine nuit, samedi 11 avril aux alentours de 2 heures du matin (heure française). Avant cela, dès à 1 h 33, la capsule Integrity à bord de laquelle ils se trouvent se sera séparée de son module de service. Cet élément, appelé ESM (pour European Servicing Module), a été le moteur et la source d’énergie du vaisseau pendant toute la mission. Il abritait également les réserves d’eau et d’oxygène pour l’équipage. Après une mission sans faille, cet élément poursuivra sa course de façon rectiligne pour se désintégrer en entre dans l’atmosphère terrestre un peu plus tard.

Un rebond sur l’atmosphère terrestre

Juste après avoir largué l’ESM, l’équipage doit procéder à une petite modification de trajectoire avec de petits moteurs situés sur la capsule Integrity. Cette manœuvre doit les placer en bonne position pour le contact avec les hautes couches de l’atmosphère aux alentours de 1 h 37. La capsule est alors censée se trouver à 121 km d’altitude. C’est aussi à ce moment que la protection du bouclier thermique doit être éjectée.

A 1h53, Integrity commence à se frotter aux hautes couches de l’atmosphère à plus de 36000 km/h. Cela échauffe progressivement son bouclier thermique jusqu’à un maximum de 2760°C. Grâce à son matériau réfractaire et abrasif, ce bouclier protège les astronautes de la chaleur.

La trajectoire adoptée doit faire remonter la capsule au-dessus de l’atmosphère. Exactement comme un galet lancé à la surface d’un lac ricoche pour ensuite retomber. Cela permet de freiner considérablement la capsule avant sa véritable entrée dans l’atmosphère qui doit se faire à une vitesse moindre, ce qui limite l’échauffement et est plus sûr pour les astronautes.

Black-out radio

Une nouvelle phase de traversée de l’atmosphère commence alors. De la même manière qu’une météorite s’entoure d’air ionisé lors de son arrivée, Integrity, sera enveloppée par une véritable boule de feu. Celle-ci empêche les communications radio de passer. Donc à la fois lors de la pré-entrée et lors de l’entrée dans l’atmosphère, les contrôleurs de vol à Houston (Texas) ne pourront plus entendre les astronautes. Ces six minutes de suspens prendront fin lorsque la capsule sera en chute libre. A 6700 m d’altitude, les parachutes-guides doivent s’ouvrir. Ils permettent d’extraire correctement les trois grands parachutes principaux qui assurent l’amerrissage en douceur. Ces derniers se déploient à seulement 1500 m au-dessus de la surface de l’océan.

Le contact avec l’eau salée du Pacifique est attendu à 2 h 07, heure française.