A Zurich, les élections s’enchaînent. A peine la ville a-t-elle renouvelé ses autorités que c’est au tour de l’Eglise réformée de faire campagne. Ce dimanche, plus de 60’000 protestants sont appelés aux urnes pour élire leur conseil paroissial. Un scrutin discret en apparence… mais loin d’être anodin.
Enveloppes de vote envoyées à domicile, affiches placardées dans toute la ville et programmes encartés dans le journal officiel de l’Eglise réformée Reformiert… Tout ressemble à une élection classique. Pourtant, ici, pas de partis ni de slogans politiques. Quinze candidats, dont trois sortants, briguent les sept sièges du conseil paroissial pour les quatre prochaines années.
Le conseil paroissial constitue l’exécutif de l’Eglise protestante. Il est chargé de la gestion des finances, mais aussi de la mise en œuvre d’objectifs stratégiques, comme la neutralité carbone à l’horizon 2035.
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Un enjeu financier majeur
Alors pourquoi ces sièges sont-ils si disputés? Depuis sept ans, la trentaine de paroisses protestantes de la ville a fusionné en une seule entité. Une réforme qui s’accompagne d’un patrimoine considérable: une quarantaine d’églises, des maisons paroissiales et plus de 300 appartements à loyers modérés. Valeur estimée: plus d’un milliard de francs.
Un patrimoine directement géré par le conseil paroissial. C’est lui qui décide, par exemple, de reconvertir des églises devenues vides en bibliothèques, en lieux culturels, voire en salles d’escalade. D’ailleurs, les parlements de la Ville et du Canton de Zurich siègent depuis plusieurs années dans un ancien lieu de culte.
Les candidats pour l’élection au Conseil paroissial de l’Eglise réformée de Zurich sont répartis en quatre équipes distinctes. [RTS – VALENTIN JORDIL] Des critiques sur la gouvernance
Mais cette gestion suscite des critiques, notamment parmi les nouveaux candidats. Certains dénoncent un manque de transparence dans l’administration des biens immobiliers. D’autres estiment que les habitants des quartiers concernés ne sont pas suffisamment associés aux décisions. Dans la presse, des tensions internes sont également évoquées. Certains collaborateurs hésiteraient à s’exprimer, par crainte de répercussions.
Lors des dernières élections paroissiales, en 2022, environ 30% des fidèles avaient participé. Reste à savoir si la mobilisation sera plus forte cette fois-ci, à la hauteur d’enjeux qui dépassent largement le cadre religieux.
Valentin Jordil