L’Iran et les Etats-Unis ont conclu mardi à Genève leur deuxième session de pourparlers dans un contexte toujours tendu avec des concessions de Téhéran à Washington. Dans le même temps, le guide suprême iranien Ali Khamenei a prévenu que le porte-avions américain présent dans le Golfe pouvait être coulé.
L’Iran et les Etats-Unis se sont entendus sur les grands principes encadrant leurs négociations lors d’un deuxième cycle de pourparlers indirects à Genève, mais il leur reste du travail à accomplir, a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères. Le chef de la diplomatie d’Oman pays médiateur des discussions, a salué de « bons progrès ».
L’Iran a offert plusieurs concessions aux Etats-Unis sur son programme nucléaire. Téhéran a proposé un moratoire de trois ans sur l’enrichissement d’uranium, mais pas le renoncement souhaité par Washington.
Selon le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, ces avancées ne signifient pas qu’un accord sera bientôt conclu, mais ils indiquent qu’une voie est désormais ouverte. Il a expliqué aux médias d’Etat que les deux délégations avaient « pu parvenir à un large accord sur un ensemble de principes directeurs », à partir desquels elles commenceront à travailler sur le texte d’un éventuel accord. Il a qualifié cette nouvelle session de pourparlers de « plus constructive » que celle du 6 février.
>> Le point dans le 12h45 avec Estelle Braconnier :
Avancées des négociations: le point avec Estelle Braconnier à Genève / 12h45 / 1 min. / aujourd’hui à 12:45 Trois heures et demie d’échanges indirects
L’Iran et les Etats-Unis avaient renoué le dialogue le 6 février à Mascate, la capitale d’Oman, après une escalade de menaces de part et d’autre. Cette fois, ils se sont retrouvés à la résidence de l’ambassadeur d’Oman à Cologny, commune voisine de Genève, pour environ trois heures et demie de discussions par messages interposés, selon les médias iraniens.
Arrivée dans la matinée, la délégation américaine a quitté les lieux vers 12h45 suivie peu après par les négociateurs iraniens. Avec pour chefs de file, d’un côté l’émissaire Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump Jared Kushner et de l’autre le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi.
Fermeture partielle du détroit d’Ormuz
Au moment même où les deux délégations se trouvaient dans la résidence d’Oman à Cologny, l’ayatollah Ali Khamenei s’est livré à un discours virulent, assurant que l’Amérique n’arriverait jamais à détruire la République islamique.
Et face au déploiement dans le Golfe du porte-avions USS Abraham Lincoln, le dirigeant de 86 ans a haussé le ton. « Un navire de guerre est certes une arme dangereuse, mais l’arme capable de le couler l’est encore plus », a-t-il lancé.
Le porte-avions – embarquant près de 80 appareils – et ses navires d’escorte, se trouvent actuellement à environ 700 kilomètres des côtes iraniennes. Un deuxième, le Gerald Ford, doit le rejoindre, à une date qui reste incertaine.
La déclaration d’Ali Khamenei intervient alors que les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique du pays, mènent des manoeuvres militaires, aux airs de démonstration de force, dans le détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour le commerce mondial de pétrole.
Par mesure de « sécurité » pendant ces exercices, le détroit sera partiellement fermé, pendant « quelques heures », a rapporté la télévision d’Etat iranienne.
agences/miro