Las de leurs expériences mitigées ou par souci de liberté, des artistes ont décidé de travailler sans l’appui d’une galerie. Si les gains de l’indépendance leur donnent parfois raison, l’autonomie financière et managériale a aussi son prix.
Les raisonnements et les raisons sont souvent multiples et le résultat, le même : un refus de signer avec une galerie. Des pointures du marché contemporain, à l’instar de Peter Doig et Banksy, aux jeunes talents émergents, une tendance se dessine. « Un changement structurel est en train d’opérer. On repense petit à petit le modèle classique du white cube, qui ne marche pas forcément en faveur des artistes », explique l’artiste belge-congolaise Bahati Simoens, basée à Johannesburg. Si le CV de la peintre, qui prépare un solo show à la Gallery 41 à Bruxelles, affiche plus d’une collaboration avec des galeries établies aux quatre coins du monde, telles que Bode Gallery à Berlin, Jac Forbes à Malibu, N Gallery en Corée du Sud, aucune d’entre elles n’a réussi à la convaincre de signer à plus long terme. « Je ne suis pas fermée à l’idée d’une représentation par une galerie, mais la plupart suivent encore un modèle old school, où le partage des bénéfices se fait à parts égales entre galerie et artiste, sans que le travail fourni par celle-ci justifie une telle commission », témoigne la peintre, qui n’accepte dans ses contrats rien en dessous d’un ratio entre 60/40 et 70/30. Et de préciser : « Si une galerie prend en charge les coûts de production et de transport, fait un vrai boulot de marketing et de communication… une exception est envisageable. Mais trop souvent, ces coûts se retrouvent en fin de compte déduits de la paie de l’artiste. » Après avoir travaillé avec des galeries parisiennes et plusieurs galeries étrangères, le peintre Olivier Masmonteil n’est, quant à lui, plus représenté depuis 2015. « J’ai monté mon propre studio et je travaille désormais avec une équipe de cinq personnes », nous explique-t-il avant de préciser : « Les impératifs d’une galerie n’étaient pas forcément les miens et elles n’ont pas toujours le temps ou les équipes nécessaires pour gérer toutes les carrières des artistes qu’elles représentent. » Il ne s’est cependant pas lancé dans l’autogestion complètement seul, puisque la fondatrice de Tada Agency, Delphine Toutain, l’y a aidé et lui a permis « de comprendre…