LA BATAILLE DES IDÉES – Depuis la sortie du film de Xavier Giannoli, avec Jean Dujardin, la polémique enfle sur ses supposées « approximations historiques ». Et si le véritable crime de cette œuvre était de regarder la complexité du monde en face ?

« On ne me pardonnera pas si je dis le moindre mensonge », a dit un jour le réalisateur Xavier Giannoli à Pascal Ory en préparant Les Rayons et les Ombres. Ce à quoi l’historien a répondu : « Pardon, mais on ne vous pardonnera pas si vous dites la vérité… »

Ory avait vu juste. Depuis la sortie du film évoquant les heures sombres de la collaboration, la polémique enfle sur ses prétendues approximations historiques. Mais derrière les critiques visant « la gestion tâtonnante de la chronologie », c’est bien la vérité historique se dégageant de cette œuvre qui dérange ses contempteurs. Parce qu’il évite de juger ses personnages de manière univoque, parce qu’il ose pointer la haine et la violence qui ont accompagné l’épuration, Giannoli se voit reprocher d’« humaniser » la collaboration et de « déshumaniser » la Résistance. Mais les collabos, aussi condamnables qu’aient été leurs crimes, étaient des hommes. Ne pas vouloir le voir, c’est s’interdire de comprendre l’histoire…

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Le Figaro

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