Une diplomate expérimentée pour succéder à Jack Lang: Anne-Claire Legendre, proche conseillère d’Emmanuel Macron, a été choisie mardi pour prendre la tête de l’Institut du monde arabe (IMA) et remplacer l’ancien ministre socialiste, poussé vers la sortie en raison de ses liens avec Jeffrey Epstein.
La nomination d’Anne-Claire Legendre, conseillère du président de la République pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, a été avalisée par un conseil d’administration de l’IMA où la France, qui proposait son nom, dispose d’une voix prépondérante.
A 46 ans, elle devient la première femme à diriger cette institution hybride inaugurée à Paris en 1987, lieu culturel et instrument diplomatique qui était mené depuis 13 ans par Jack Lang, de quarante ans son aîné.
Originaire de Bretagne, cette diplomate de carrière parle l’arabe, qu’elle a notamment appris à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Elle est également diplômée de Sciences Po Paris et de la Sorbonne (Lettres modernes).
« Je crois que, mon rôle, c’est de ramener de la sérénité » à l’IMA et de « lui redonner la confiance du public », a-t-elle réagi auprès de la presse, quelques minutes après sa nomination.
Renforcer les règles de déontologie
Sur sa feuille de route figure comme priorité « la mise en oeuvre d’une réforme ambitieuse: modernisation de la gouvernance, organisation plus lisible et efficace, rétablissement d’une trajectoire financière soutenable et renforcement des règles de déontologie », a souligné l’Institut dans un communiqué.
Ce choix a fait l’unanimité au sein du conseil d’administration de l’IMA, composé de sept ambassadeurs de pays arabes (Arabie Saoudite, Qatar, Palestine…) et autant de personnalités désignées par le ministère des Affaires étrangères.
Cette instance a également pris formellement acte de la démission de Jack Lang, annoncée le 7 février après la mise au jour de ses nombreux échanges avec le financier américain et criminel sexuel Jeffrey Epstein, mort en prison aux Etats-Unis en 2019.
Le tri du Quai d’Orsay
Depuis l’annonce de son départ, la course à sa succession alimentait les spéculations dans les allées du pouvoir et de nombreuses candidatures avaient émergé pour prendre la tête d’une institution dont le budget est pourvu pour moitié par une subvention de 12,3 millions d’euros du ministère des Affaires étrangères.
Outre Anne-Claire Legendre, le Quai d’Orsay avait retenu les dossiers de Karim Amellal, ancien délégué interministériel à la Méditerranée, et celui d’Olivier Poivre d’Arvor, ambassadeur chargé des Pôles et des affaires maritimes et ex-ambassadeur en Tunisie.
afp/miro