« C’est génial ! » Le docteur Anaïs Huwart, radiologue au centre hospitalier de Cornouaille, ne cache pas son enthousiasme. Vendredi 10 avril, l’établissement présentait le dispositif Magseed qui permet le repérage de tumeurs du sein avant l’opération. Cette technologie met fin à la technique dite du « harpon », un fil-guide métallique qui dépassait de la poitrine des patientes avant l’opération. Un procédé archaïque qui imposait aux femmes une attente insoutenable dans les couloirs, le corps marqué par ce repère extérieur. Une source de stress et d’inconfort majeur pour les femmes dont la tumeur n’est pas palpable.
Le marqueur magnétique, d’un coût de 342 €, n’est pas plus gros qu’une mine de crayon. (Le Télégramme/Johanne Bouchet)De la taille d’une mine de crayon
Le principe est simple : un marqueur magnétique, pas plus gros qu’une mine de porte-mine, est inséré dans la tumeur. Lors de l’intervention, le chirurgien localise la lésion avec une sonde de haute précision. « Une dizaine de patientes en ont déjà bénéficié en un mois et demi », chiffre le docteur Aurore Foret, chef de la chirurgie gynécologique. À terme, 80 à 90 femmes seront concernées chaque année à Quimper, celles dont la tumeur n’est pas palpable. En 2025, l’hôpital a pratiqué 200 interventions pour cancer du sein, contre 147 deux ans plus tôt.
Un parcours de soins fluidifié
Au-delà du confort physique, c’est toute l’organisation qui respire. Plus besoin de caler la pose du repère le matin même de l’opération : le grain magnétique peut être implanté plusieurs jours à l’avance. « Les patientes s’évitent une visite supplémentaire, un gain de temps précieux pour celles qui vivent loin », souligne le docteur Foret. Cette souplesse permet au bloc opératoire de gagner en fluidité, réduisant les délais d’attente parfois anxiogènes entre le diagnostic et l’acte chirurgical.
Des représentants de la KempeR’Ose et sa présidente Isabelle Nuixe étaient présents aux côtés des personnels des services d’imagerie médicale, de chirurgie gynécologique et d’anesthésie. (Le Télégramme/Johanne Bouchet)La KempeR’Ose au rendez-vous
Cet investissement a été rendu possible par la mobilisation de La KempeR’Ose. L’association a signé un chèque de 63 000 €, finançant l’équipement et trois ans de fonctionnement (342 € par marqueur). « C’est la concrétisation d’un an de travail pour nos 170 bénévoles », se réjouit sa présidente, Isabelle Nuixe (tout juste élue au poste de première adjointe à la maire). Cette somme record, issue des foulées solidaires dans les rues de Quimper, illustre l’attachement des Cornouaillais à leur hôpital.
Le directeur de l’hôpital, Yann Dubois, prévient déjà : « Il n’y aura pas de retour en arrière ». L’établissement espère désormais que l’Assurance maladie prendra le relais du financement après cette phase de lancement, indispensable pour pérenniser l’accès gratuit à cette innovation. Prochaine étape ? Utiliser cette technologie pour cibler les ganglions et alléger encore davantage les interventions.