Marion Weichelt, ambassadrice de la Suisse à Beyrouth, a expliqué vendredi dans Forum que les frappes israéliennes de mercredi au Liban étaient d’une « intensité extraordinaire ». Elle a rappelé la position de la Suisse, qui appelle au respect du droit international humanitaire.

Après les bombardements israéliens qui ont fait plus de 350 morts et 1200 blessés au Liban, l’ambassadrice de Suisse à Beyrouth décrit une expérience très difficile.

« Comme vous le savez, tout s’est passé en dix minutes. On a vu ces frappes depuis les fenêtres de l’ambassade. On les a aussi entendues. C’était très difficile pour mon équipe et moi. Nous avons déjà vécu beaucoup de frappes, mais mercredi, elles étaient vraiment d’une intensité extraordinaire. Il y a des gens qui ont tremblé, qui ont pleuré. Ça pèse très fortement psychologiquement. »

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La Suisse a signé jeudi une déclaration avec sept autres pays appelant à un arrêt immédiat des combats et à protéger les civils et le personnel humanitaire. « Il s’agit d’une déclaration sur la protection des travailleurs humanitaires au Liban. Elle exprime une vive inquiétude face à la détérioration de la situation au Liban et appelle à une fin immédiate des hostilités », précise Marion Weichelt.

Actions sur le terrain

« La Suisse appelle depuis longtemps au respect du droit international humanitaire », rappelle l’ambassadrice. « Mais ce ne sont pas seulement des paroles. Cette ambassade est aussi un bureau de coopération. On est donc aussi actif dans l’aide humanitaire. »

Il y a plus d’un million de déplacés, des gens qui ont été déplacés une fois, deux fois, trois fois

Marion Weichelt

Marion Weichelt fait un état des lieux des besoins: « Il y a plus d’un million de déplacés, des gens qui ont été déplacés une fois, deux fois, trois fois. Il y a ceux qui sont chez les proches, mais il y en a aussi beaucoup qui sont dans des abris collectifs. Ces abris sont montés dans des écoles, des universités, des stades de sport. Il manque un peu du tout. »

« La Suisse fournit des matelas, des toilettes, des douches… Et il y a aussi des gens qui n’ont pas fui les lieux attaqués. Là aussi, on fournit de l’aide par le CICR. »

La population divisée sur le Hezbollah

Israël et le Liban devraient commencer à négocier directement mardi à Washington. Le désarmement du Hezbollah sera au cœur des discussions. Marion Weichelt explique qu’il n’y a pour l’instant pas d’unité au sein de la société libanaise derrière cet objectif.

« Il y a une large population, surtout chiite, qui soutiennent le Hezbollah qui ne veut pas de son désarmement. Et il y a la majorité des autres partis qui souhaitent que l’Etat ait le monopole des armes. »

La Suisse offre ses services

Une partie de la communauté internationale appelle par ailleurs à inclure le Liban dans le cessez-le-feu négocié au Pakistan entre les Etats-Unis et l’Iran. « La Suisse salue évidemment ce cessez-le-feu », indique Marion Weichelt.

« C’est une première étape qui est importante vers une désescalade. Le DFAE est en contact avec les parties concernées et réaffirme sa volonté d’offrir des bons services. Maintenant, en ce qui concerne le Liban, ce qui est important, c’est que cette guerre s’arrête. Qu’elle soit incluse dans ce cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran ou par un autre moyen, peu importe. La chose la plus importante, c’est que cette guerre s’arrête. »

Propos recueillis par Mehmet Gultas et Coralie Claude

Texte web: Antoine Schaub