En Suisse, certains laboratoires utilisent encore le test de la nage forcée, qui consiste à placer une souris dans un récipient d’eau et observer sa lutte pour survivre, notamment dans le cadre de recherches sur les antidépresseurs. Jugée cruelle, cette pratique fait l’objet de demandes politiques d’interdiction.

La souris peut vivre plusieurs minutes de panique avant d’être sortie de l’eau. Un stress inutile, selon la conseillère nationale verte Léonore Porchet, qui a déposé une motion au Parlement.

« Ce test implique un degré de souffrance maximum pour des résultats qui, pour les humains, sont nuls. Et c’est tellement inintéressant de faire ces tests sur des rats pour étudier la dépression humaine », déplore-t-elle vendredi au micro de La Matinale, soulignant que de nombreuses entreprises pharmaceutiques et hautes écoles y ont déjà renoncé.

Une utilité controversée

L’utilité de ce test, qui date des années 1970, est aujourd’hui controversée, même parmi les scientifiques.

En Suisse, il est encore pratiqué dans les universités de Zurich et Lausanne, ainsi qu’à l’EPFL. Rémy Carlier, chargé de communication à la Faculté des sciences de la vie, rappelle qu’une série d’étapes strictes est nécessaire pour pouvoir y recourir. Classé en degré 3, le niveau le plus élevé de souffrance, ce test est étroitement encadré.

« Si des scientifiques estiment que le test de nage forcée est indispensable, il a été validé en amont par les autorités vétérinaires cantonales et les commissions sur l’expérimentation animale. Il existe donc tout un système qui permet de vérifier que, effectivement, ce test se justifie par rapport à la question de recherche. »

Des alternatives

Des alternatives existent et se développent, notamment avec les organoïdes, ces reproductions d’organes. Mais l’EPFL note qu’il n’est pas encore possible de remplacer totalement les modèles animaux, en utilisant par exemple un cerveau artificiel, plus particulièrement pour l’étude du comportement.

Dans le canton de Vaud, une députée verte a également déposé une interpellation. De son côté, la Ligue suisse contre l’expérimentation animale a lancé une pétition, avec pour objectif l’interdiction du test de la nage forcée d’ici fin 2025.

Alexandra Richard/fgn