Quand un chien disparaît, chaque heure compte. Dans le canton de Neuchâtel, un éducateur canin a décidé de recourir à un drone équipé d’une caméra thermique pour retrouver des animaux perdus, souvent invisibles à l’œil nu. De cette expérience est née, début 2026, l’association bénévole AcroDog Rescue.
Durant les fêtes de fin d’année 2025, la disparition de Tommy, un Jack Russell, mobilise largement dans le canton de Neuchâtel. Face à l’ampleur des recherches, Jérôme Lemrich, éducateur canin, décide alors d’utiliser un drone thermique pour tenter de retrouver le chien.
« Il y avait un énorme élan de solidarité, avec beaucoup de partages sur les réseaux », explique-t-il dans l’émission Forum.
Rechercher un chien accompagné d’autres chiens qui aboient […] peut accentuer sa fuite
Jérôme Lemrich, fondateur de l’association Acrodog Rescue
Jérôme Lemrich ajoute qu’une battue importante, sans méthode claire, peut aussi avoir l’effet inverse de celui escompté. « Rechercher un chien accompagné d’autres chiens qui aboient […] peut accentuer sa fuite », résume-t-il.
Après plusieurs jours de recherches, grâce à l’intervention du drone thermique, Tommy a finalement été retrouvé sain et sauf.
>> Ecouter l’intégralité des explications de Jérôme Lemrich dans l’émission de Forum : Forum des idées – AcroDog Rescue, retrouver les chiens perdus avec un drone thermique / Forum / 8 min. / le 14 février 2026 Optimisation des recherches
A la suite ces recherches, Jérôme Lemrich crée, au début du mois de janvier 2026, l’association AcroDog Rescue. L’outil principal utilisé par l’association est un drone équipé d’une caméra thermique. Elle permet de repérer, de jour comme de nuit, une source de chaleur mobile ou immobile, y compris dans des zones difficiles d’accès comme les forêts, les champs ou les terrains accidentés. Les recherches peuvent ainsi être menées de manière non invasive, sans perturber l’animal.
Sur l’écran, le contraste thermique permet de localiser très rapidement une présence. En combinant l’imagerie thermique à une caméra classique, Jérôme Lemrich peut ensuite identifier précisément la source détectée et distinguer un chien d’animaux sauvages, comme un renard ou un écureuil.
J’ai entendu trop de personnes me dire que leur chien allait sans doute revenir au bout de deux ou trois heures, et qu’elles hésitaient à faire appel à un professionnel parce que c’était payant
Jérôme Lemrich, fondateur de l’association Acrodog Rescue
« Cela permet de repérer toute source de chaleur qui est plus chaude que l’air ambiant. Donc avec un chien […] on va voir une tache. Et si le drone est à une centaine de mètres, on peut voir un oiseau », explique-t-il dans l’émission de Couleurs Locales.
Offre gratuite, mais limitée
Malgré un investissement personnel de plus de 8000 francs pour s’équiper, Jérôme Lemrich a fait le choix de ne pas facturer ses interventions. Pour lui, la gratuité est essentielle: « J’ai entendu trop de personnes me dire que leur chien allait sans doute revenir au bout de deux ou trois heures, et qu’elles hésitaient à faire appel à un professionnel parce que c’était payant ».
Depuis janvier, quatre chiens ont déjà été retrouvés. Les délais varient entre quelques minutes et parfois plusieurs jours de recherches. L’un d’eux a ainsi été localisé après neuf jours. « Il a été retrouvé en super bonne santé, il avait juste des problèmes de coussinets, ce qui est normal parce qu’il courait partout. Emotionnellement, c’était assez fort de le retrouver neuf jours après », témoigne Jérôme Lemrich.
En moyenne, l’éducateur canin reçoit environ deux appels par jour. Pour des raisons logistiques, il limite toutefois ses interventions au canton de Neuchâtel. Engagé bénévolement, en parallèle de son activité professionnelle, il ne peut pas intervenir à tout moment. Il cherche désormais à s’entourer de pilotes de drone afin d’élargir le dispositif et de renforcer ce dispositif dans d’autres cantons romands.
Sujets radio TV: Lea Jelmini/Mehmet Gultas
Adaptation web: Miroslav Mares