A quoi ressemble la population étrangère du Jura? La RTS s’est penchée sur l’évolution démographique du canton, où les personnes de nationalité française représentent aujourd’hui la communauté étrangère la plus importante et les personnes de nationalité espagnole sont toujours moins nombreuses.
Il y a 30 ans, 73% de la population jurassienne était composée – dans l’ordre décroissant – d’Italiens, d’Espagnols, de Français et de Portugais. Cette proportion est aujourd’hui tombée à 58% et est composée majoritairement de Français, à parts égales de Portugais et d’Italiens, et en minorité d’Espagnols.
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La communauté espagnole dans le canton s’est considérablement réduite. Seule une trentaine de ressortissantes et ressortissants s’installent chaque année dans le Jura, où le dernier centre espagnol vient de fermer après 60 ans d’activité.
Luis Suarez en était le président. Pour lui, ses compatriotes ont aujourd’hui moins d’intérêt à venir s’installer en Suisse. « La situation s’est améliorée depuis l’installation de la démocratie en Espagne dans les années 1960. Je le vois comme quelque chose de positif: les choses s’améliorent, en tout cas économiquement, ce qui engendre finalement moins d’arrivées en Suisse », analyse l’enseignant, dans La Matinale de la RTS.
Disparition d’espaces identitaires
La chute du nombre de ressortissants étrangers entraîne la disparition de certains cercles et lieux de rencontres. Un phénomène constaté ailleurs en Suisse romande, comme en Valais et à Fribourg.
« A une époque, ces lieux avaient une vraie importance. Ils accueillaient non seulement des personnes venues de l’étranger et avaient un rôle d’intégration, mais ils permettaient aussi de se retrouver entre personnes qui partagent la même origine, les mêmes goûts culinaires, les mêmes passions », souligne Noël Pedreira, dont les parents sont arrivés dans le Jura à la fin des années 1960.
Selon le théologien, ces espaces de rencontre ne sont aujourd’hui plus autant nécessaires. « Plus on s’intègre, moins on a besoin de ces lieux, qui avaient quand même aussi un caractère identitaire », estime-t-il.
Les nouvelles technologies permettent par ailleurs de conserver plus facilement le contact qu’autrefois avec le pays d’origine.
Forte hausse du nombre de Français
Parallèlement au déclin du nombre d’Espagnols, la communauté française installée dans le Jura, elle, explose. Plus de 350 arrivées sont comptabilisées chaque année, selon les derniers chiffres officiels, et celles-ci ne cessent d’augmenter.
Les Françaises et Français représentent aujourd’hui la plus grande communauté étrangère du canton. A Delémont, une soixantaine de ressortissantes et ressortissants français se sont installés l’an dernier, une tendance quasi exponentielle, selon le maire de la ville Damien Chappuis.
Outre la formation qu’ils estiment de meilleure qualité en Suisse, nombreux sont ceux qui dénoncent également un sentiment d’insécurité qui les pousse à passer la frontière.
Néanmoins, immigrer reste une décision personnelle, rappelle Samantha Dunning, déléguée à l’intégration du canton du Jura. « C’est un choix qui se fait avec différents paramètres. Il ne faut pas oublier que les personnes ont des histoires derrière elles. On ne peut pas faire de généralisations », pointe la sociologue.
Le Jura compte près de cent nationalités différentes. Selon les derniers chiffres disponibles, cela représente 12’000 personnes, soit un peu plus de 16% de la population du canton.
Sujet radio: Gaël Klein
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