1 Wegovy, Mounjaro… de quoi parle-t-on ?

La molécule GLP-1, utilisée pendant des années pour traiter le diabète de type 2, est aujourd’hui la principale composante des médicaments contre l’obésité mis sur le marché tels que le Wegovy, le Saxanda ou le Mounjaro.

« Elle agit en limitant la sensation de faim et augmentant celle de satiété », précise Dr Hugo Panelay (*), endocrinologue, spécialisé en nutrition. « Et indépendamment de la perte de poids, cette classe de médicaments aurait des effets bénéfiques sur l’arthrose, le cœur, les reins, le foie. » Un point soulevé par un article de nos confrères du Point, en ce début avril 2026, à la suite de la fin de la phase 3 d’un essai clinique mené sur un nouveau médicament prometteur, le retatrutide.

2 Qui peut en bénéficier et comment ?

« En France, ces traitements peuvent être prescrits aux personnes ayant un IMC supérieur à 27, présentant des problèmes de santé métaboliques (hypertension, cholestérol, insomnie, etc.) ou bien supérieur à 30 sans ces complications », détaille l’endocrinologue. Ils peuvent être délivrés en pharmacie avec une ordonnance délivrée par tous les médecins depuis juin 2025. Ils s’administrent grâce à un stylo auto-injecteur prérempli (quotidienne ou hebdomadaire selon les molécules), avec une augmentation progressive des doses. Par ailleurs, depuis le 1er janvier 2026, aux États-Unis, le Wegovy est disponible en comprimés. Ce n’est pas encore le cas en France.

3 Des bénéfices… et des effets secondaires

« Chez les adultes, les essais cliniques ont montré une perte de poids de 15 % en moyenne, après 68 semaines, pour les patients qui prenaient Wegovy en plus des préconisations alimentaires et d’activité physique, et de 21 % pour ceux prenant du Mounjaro », selon le site de 60 millions de consommateurs. « Ce sont des traitements bien tolérés mais qui nécessitent une surveillance très importante pour prévenir l’apparition de complication, notamment de dénutrition, met en garde le Dr Panelay. Les autres effets secondaires sont souvent d’ordre digestifs (ballonnements, constipation, diarrhées, nausées…). Généralement, on reste au stade de la simple gêne, 24 à 48 heures après la prise du traitement. C’est une des raisons pour laquelle on fait une escalade progressive des dosages. »

4 La crainte de « l’effet rebond »

« La perte de poids se fait surtout au bout d’un an, avant de se stabiliser, indique le Dr Panelay. Ce qui est certain est qu’un arrêt brutal entraîne une reprise de poids très rapide (environ 70 % du poids initialement perdu, NDLR). C’est l’effet rebond. » Un résultat attendu car l’obésité est une maladie chronique. « Au même titre qu’un patient qui souffre d’hypertension, parfaitement équilibré sous traitement, la tension va repartir à la hausse dès un arrêt brutal et prolongé. Il y a donc deux stratégies : soit cette perte suffit pour permettre au patient d’être plus assidu ou de reprendre l’activité physique et ainsi maintenir son poids. On décroît alors progressivement les dosages. Soit il faut envisager de poursuivre la prise de ces médicaments sur le long terme. »

5 Des traitements très chers, pas encore remboursés

Mais la poursuite de ces traitements à vie est, pour l’instant, loin d’être accessible à tous, bien qu’elle semble logique pour de nombreux professionnel, tel que le Dr Panelay. En effet, le Wegovy coûte en moyenne 300 euros par mois. Bien que la Haute autorité de santé ait préconisé un remboursement du Wegovy (dernier avis favorable datant du 20 février 2026) et du Mounjaro (le 11 décembre 2025) par la Sécurité sociale pour les personnes ayant un IMC supérieur à 35 et âgées de moins de 65 ans, il n’est pas encore appliqué. Un prix qui accentue les inégalités alors que les classes sociales les moins favorisées sont plus sujettes à présenter une obésité sévère. « C’est donc un peu la double peine pour ces patients », conclut Dr Hugo Panelay.

* Dr Panelay exerce à la fondation Ildys, au centre de Perharidy à Roscoff (29)