Des scientifiques de l’Université de Lausanne ont réalisé une avancée dans la compréhension de l’origine de l’Etna, en Sicile. L’équipe de recherche a publié début avril une étude sur la formation singulière du volcan, le plus actif d’Europe.

L’Etna fait figure de cas à part parmi les volcans et sa naissance, il y a un demi-million d’années, reste en partie un mystère.

« Aucun mécanisme géologique connu ne semble expliquer comment ce géant s’est formé », relèvent les géologues lausannois dans un communiqué diffusé lundi.

« Les volcans émettent différents types de lave. L’Etna est associé à des laves qu’on trouve normalement dans des îles océaniques, par exemple en Islande, à Hawaï et aux Îles Canaries », précise dans La Matinale le professeur Sébastien Pilet, qui a dirigé l’étude.

La composition chimique du volcan italien ressemble à celle des « points chauds ». Dans ces endroits, l’activité volcanique est intense et de grandes quantités de roches brûlantes remontent en direction de la surface depuis le manteau terrestre. Mais il n’y a aucun point chaud à proximité… Par sa localisation, l’Etna aurait donc dû être plus petit et moins éruptif.

Éruption de lave du cratère sud-est de l'Etna vue depuis Nicolosi, près de Catane, vendredi 1er décembre 2023 au soir. [KEYSTONE - SALVATORE ALLEGRA] Une éruption de lave au cratère sud-est de l’Etna, vue depuis Nicolosi, près de Catane, le vendredi 1er décembre 2023 au soir. [KEYSTONE – SALVATORE ALLEGRA] Un type de volcans méconnus

Dans leur étude, les volcanologues avancent que l’Etna serait formé et alimenté par de petites quantités de magma présentes au sommet du manteau, à quelque 80 km de profondeur.

« Ces liquides seraient transportés sporadiquement vers la surface par les mouvements tectoniques complexes des plaques africaine et eurasienne », expliquent les scientifiques vaudois. « Le magma cheminerait ainsi à travers des fissures qui se créent au sein de la plaque tectonique lorsque celle-ci se plie […]. A l’image d’un liquide qui s’échappe lorsque l’on comprime une éponge. »

L’Etna appartiendrait donc à une catégorie encore peu étudiée de volcans, celle des « petits-spots ». Un fait étonnant, selon les volcanologues lausannois, puisque l’Etna culmine à 3324 mètres d’altitude, alors que les « petits-spots » observés jusqu’ici sont des collines sous-marines de quelques centaines de mètres. Une nouvelle énigme pour la volcanologie.

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Texte: Antoine Michel

Sujet radio: Foued Boukari