CRITIQUE – À Paris, le musée de la Butte et de sa bohème consacre une exposition au couple néerlandais van Rees, locataire au Bateau-Lavoir quand s’y invente l’art moderne.
Ils s’étaient rencontrés un soir de l’automne 1904 autour de la guitare et du violoncelle du père Frédé, tenancier du Lapin agile. Face aux vignes de Montmartre, au coin de la rue Saint-Vincent et de la rue des Saules, dans cette « étrange petite maison de Noël où chacun peut entendre la chanson de son attendrissement personnel » (dixit l’habitué Pierre Mac Orlan), parmi la foule interlope des noceurs, un Néerlandais avait trinqué avec un jeune Espagnol et sa petite bande de poètes, d’artistes et de jolies femmes. Tournée générale de cerises à l’eau-de-vie.
Il s’appelait Otto van Rees (1884-1957) et, bientôt rejoint par son épouse Adya (1876-1959), faisait la connaissance de Pablo Picasso. Le couple cherchait un atelier. Le Malaguène au regard pénétrant avait répondu que justement, de l’autre côté, sur la face sud de la Butte, là où il travaillait beaucoup et dormait peu, il y avait un coin de libre. L’endroit, une fabrique de pianos désaffectée construite en briques et en bois, avait…
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