Lena Dunham, ici au mois d’octobre 2022, à Los Angeles.

VALERIE MACON / AFP

Lena Dunham, ici au mois d’octobre 2022, à Los Angeles.

Elle campait Hannah Horvath, lui Adam Sackler. Et entre eux, il n’y a pas qu’à l’écran que la relation était tendue. Un peu moins de dix ans après la fin de la série Girls, Lena Dunham dénonce dans ses mémoires, publiés ce mardi 14 avril, une série de comportements parfois violents attribués à son partenaire de jeu d’antan, Adam Driver.

Tout aurait commencé sur le tournage de la première saison, dès leur première scène de sexe. Là, sur le plateau, le comédien aurait envoyé valser toute la mise en scène pour balancer l’actrice et showrunneuse « dans tous les sens ». « Sous le choc, je suis restée sans voix pendant un moment, ne sachant pas vraiment ce qui venait de se passer », décrit-elle.

Avant d’ajouter : « Avais-je perdu mon autorité de réalisatrice, laissé la scène dérailler, omis de donner des instructions claires ? […] Ce n’était pas que je me sentais violée, […] mais j’avais le sentiment que quelque chose d’intime, de déroutant et de primitif s’était produit dans un scénario que j’étais censée contrôler. »

Culte aujourd’hui pour toute une génération, la série a été créée par l’Américaine – qui y incarnait également le rôle principal – en 2017, alors qu’elle n’avait que 24 ans. Un âge précoce pour diriger son casting, se souvient-elle. « Je me demandais si mes partenaires de scène pouvaient sentir à quel point j’étais à peine humaine », écrit-elle.

« RÉVEILLE-TOI, PUTAIN »

L’émotion des uns, ou la colère et la frustration des autres ne l’ont jamais quittée. « Je me souviens d’une scène de bagarre avec Adam et à quel point c’était effrayant de rencontrer quelqu’un d’aussi totalement présent et pourtant si absent », poursuit la réalisatrice dans Famesick, son nouveau livre.

Elle précise : « Tard dans la nuit, alors que nous répétions nos répliques dans ma loge, je me suis rendu compte que les miennes avaient soudainement disparu. Je savais pourtant que je les avais écrites. Je les connaissais encore quelques minutes auparavant. Mais quand j’ai ouvert la bouche, tout ce qui est sorti, c’était un bégaiement. »

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« PUTAIN, DIS QUELQUE CHOSE ! », lui aurait ensuite hurlé Adam Driver, fou de rage. La suite ? Il aurait jeté « une chaise contre le mur à côté de moi », affirme-t-elle, puis écrit : « “RÉVEILLE-TOI, PUTAIN”, m’a-t-il dit. “J’EN AI MARRE DE TE VOIR FIXER LE VIDE.” » Elle dit n’avoir jamais parlé de cet incident à quiconque sur le plateau.

Colérique, agressif, condescendant, mais tout aussi protecteur et affectueux. Lena Dunham ne manque pas de mots pour décrire l’ambivalence de l’acteur à l’époque, très prisé à Hollywood de nos jours. Un jour, assure-t-elle, il aurait donné « un coup de poing dans un mur de sa caravane » parce qu’il détestait sa nouvelle coiffure.

Famesick

Des dires assez proches finalement du personnage qu’il a incarné durant les six saisons du show, un colosse new-yorkais aspirant à devenir comédien, imprévisible, bizarre, loyal, mais aussi violent dans les mots comme dans les gestes. Contacté par Variety, son interprète n’a pas encore répondu aux allégations de la créatrice.

L’actrice Allison Williams, qui a incarné la prétentieuse Marnie, a elle aussi été interrogée lors d’un tapis rouge, ce mardi. Mais elle a préféré ne pas commenter l’affaire pour le moment, préférant d’abord continuer sa lecture du livre avant de s’avancer sur le sujet. Elle et Lena Dunham s’adorent, « c’est un lien pour la vie », selon elle.

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Girls, la célébrité, les controverses l’entourant… Un peu plus de dix ans après son premier livre Not That Kind of Girl, Famesick est pour son autrice une manière de revenir sur plusieurs autres éléments marquants de sa vie, dont son addiction passée aux opioïdes ou l’adultère de son ex-partenaire avec « une pop star ».

Des mémoires chocs, qui ne sont pas sans rappeler les controverses auxquelles la réalisatrice a été confrontée au fil du temps, comme cette fois où elle a défendu l’un des scénaristes de sa série accusé de viol. Ils ne sont pas, non plus, sans faire écho au destin de sa propre héroïne dans Girls, une aspirante écrivaine rêvant de publier son autobiographie pour être « la voix de [sa] génération ». « Ou une voix, d’une génération », soufflait Hannah Horvath.