La police fédérale (fedpol) a prononcé 614 interdictions d’entrée sur le territoire suisse en 2025, soit quatre fois plus qu’en 2024, en raison d’un échange de données avec l’UE sur les mouvements djihadistes, selon son rapport annuel. Les soupçons de blanchiment d’argent continuent d’augmenter de manière exponentielle.

Cette hausse est principalement due aux données fournies par Europol – son équivalent européen – concernant les adhérents du groupe Etat islamique qui séjournent à l’étranger, indique jeudi fedpol dans son rapport annuel. Si bien que la grande majorité des interdictions (512) ont été prononcées pour « terrorisme », en lien avec ces personnes liées à Daech.

Précision importante: il s’agit d’une mesure préventive. Tous ces individus n’ont pas concrètement essayé de venir en Suisse. Mais Fedpol et le Service de renseignement de la Confédération estiment que la menace terroriste reste « élevée » et constatent aussi la radicalisation de personnes toujours plus jeunes. Donc dans ce contexte, les autorités ne veulent prendre aucun risque et ces interdictions font partie de tout un arsenal censé prévenir tout acte terroriste dans le pays.

>> Les explications dans le 12h30 : Hausse des interdictions d’entrée en Suisse contre des personnes suspectées de lien avec le Djihad / Le 12h30 / 1 min. / aujourd’hui à 12:34

Ces variations « conjoncturelles » ne sont pas rares: en 2025, par exemple, 52 interdictions d’entrée pour espionnage ont été prononcées en 2025 (contre 34 en 2024). Or, en 2022, année marquée par le début de la guerre en Ukraine et consécutivement les activités d’espionnage de divers pays, 276 avaient été recensés.

>> Voir les informations sur le rapport 2024 : Blanchiment d’argent, interdictions d’entrée et menaces en hausse, selon un rapport de fedpol

Prolifération d’armes atomiques et extrémisme violent

Pour la première fois, fedpol a prononcé une interdiction d’entrée pour « prolifération », soit la transmission, d’armes atomiques ou de moyens dédiés à leur fabrication. Par ailleurs, 45 interdictions ont été prononcées pour criminalité organisée et quatre pour extrémisme violent.

La police fédérale a également prononcé cinq expulsions en 2025. Elles concernent deux « terroristes potentiels », deux personnes liées à la criminalité organisée et, pour la première fois, une personne accusée d’extrémisme violent. Toutes les expulsions ont été exécutées.

Blanchiment en hausse

Par ailleurs, le nombre de communications de soupçons adressées au Bureau de communication en matière de blanchiment d’argent (MROS) augmente de manière exponentielle depuis des années. La hausse entre 2024 (15’141) et 2025 (21’087) s’élève à 39%, soit l’une des hausses les plus importantes enregistrée par le MROS ces cinq dernières années.

Le volume de données a quadruplé depuis 2020. La pratique en matière de surveillance, l’obligation de communiquer et la sensibilisation des intermédiaires financiers ont été renforcées.

Fedpol recense également les personnes ayant eu un comportement violent lors de manifestations sportives en Suisse ou à l’étranger. En 2025, 315 personnes ont été nouvellement enregistrées dans le système HOOGAN. Seules sept d’entres elles ont été fichées dans le cadre de l’Euro féminin qui s’est déroulé durant l’été dans le pays.

ats/jop