Le Parlement a acté mercredi la suppression des « zones à faibles émissions » (ZFE) contre les voitures polluantes, devenues un cauchemar et un épouvantail pour de nombreux automobilistes et élus.Si certains s’en réjouissent, d’autres dénoncent une régression et une gabegie financière.Regardez ce reportage du 20H de TF1 à Lyon.

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À l’entrée de Lyon, des panneaux interdisent l’accès à tous les véhicules avec une vignette Crit’Air 3, 4 ou 5. Ils pourraient bientôt disparaître. Une bonne nouvelle pour Johan, plombier qui se déplace dans toute la métropole. « Qu’on n’ait pas de limites, de rayon pour prendre les chantiers, je trouve ça plutôt cool », réagit ce professionnel dans le reportage du 20H de TF1 visible en tête de cet article. À Lyon et dans vingt-quatre autres villes de France, dont Nantes, Rouen ou Strasbourg, les véhicules les plus polluants pourraient en effet bientôt faire leur retour en centre-ville, le Parlement ayant acté mercredi la suppression des zones à faible émission (ZFE), qui devra toutefois encore passer le filtre du Conseil constitutionnel. Une mesure qui concerne plus de 15 millions de Français vivant dans ces grandes agglomérations, et qui en inquiète certains. 

« Ce serait une catastrophe, j’espère qu’on va garder des règles, on respire mieux », commente ainsi une automobiliste interrogée face à notre caméra. Cette machine arrière sur les zones à faible émission, Emmanuel, artisan, ne la comprend pas non plus : il a justement fait l’effort de se séparer de sa vieille camionnette pour investir dans un vélo. « ZFE ou pas ZFE, pour nous, le changement est ancré. Ceux qui sont convertis à ce genre de mobilité, je pense qu’ils resteront », souligne-t-il. 

« C’est aussi une gabegie financière et administrative »

Les citoyens, les professionnels ont investi pour s’adapter aux ZFE, mais aussi toutes les collectivités qui les ont mises en place. Il leur faudra par exemple démonter tous les panneaux de signalisation. Du gaspillage d’argent public pour Audrey Hénocque, première adjointe (Les Écologistes) au maire de Lyon. « Le détricotage, c’est aussi une gabegie financière et administrative, dénonce-t-elle. Tous ces efforts de la collectivité, c’est quand même perdu si on revient en arrière ». 

Si les députés et les sénateurs, à l’initiative de LR et du RN, ont en majorité décidé d’autoriser le retour des véhicules les plus polluants dans les centres-villes, c’est parce que le sujet est politiquement inflammable. Au moment de leur mise en place, les ZFE avaient suscité la colère d’une partie des Français. Notre reportage fait réécouter une automobiliste interviewée en 2022 : « Clairement, pour l’instant, financièrement, je n’ai pas les moyens de pouvoir acheter un autre véhicule », disait-elle. 

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Quatre ans plus tard, l’interdiction des véhicules les plus polluants a eu un effet sur la qualité de l’air. Sur cette période, la pollution a diminué d’environ un quart à Lyon, selon l’Observatoire Atmo Auvergne-Rhône-Alpes. « Sur le sujet sanitaire, on va perdre un levier qui était un levier intéressant pour éviter qu’une partie de la population soit exposée à des quantités de polluants qui sont néfastes pour la santé », déplore sa directrice générale Marine Latham. 

Et la fin des ZFE pourrait aussi être un manque à gagner pour les finances publiques. Si la France ne respecte pas ses engagements en matière d’écologie, elle pourrait voir s’envoler au moins 3 milliards d’euros d’aides de l’Union européenne.

La rédaction de TF1info | Reportage : Noé GANDILLOT, Olga LÉVESQUE, Quincy RUSSEL