Après « Intouchables », « Samba » ou encore « Hors normes », Olivier Nakache et Eric Toledano reviennent avec « Juste une illusion », une plongée dans la vie d’un ado en 1985, sa famille, ses amis, ses rêves. Le tout porté par Camille Cottin, Louis Garrel, Pierre Lottin et le jeune Simon Boublil.
Banlieue parisienne, 1985. Vincent a bientôt 13 ans et vit dans un appartement avec son père cadre – du moins le répète-t-il fièrement – avec sa mère, secrétaire aspirante cadre elle aussi, avec son frère aîné à tendance rock punk rebelle, les voisins et les amis. Les disputes, les cris, les mensonges, mais aussi les rêves et l’amour remplissent le quotidien de Vincent, « déjà plus » enfant et « pas encore » adulte.
« Nous avions envie de parler de cette période très constructive pour nous tous. D’ailleurs, pourquoi est-ce qu’on se rappelle plus notre vie de 12 à 15 ans que de 22 à 27 ou de 30 à 33? Et pourquoi, à ce moment-là, on se rappelle si fort de chaque odeur, chaque goût, chaque perception? Nous avions envie de faire cela, un film de perception », explique Olivier Nakache dans l’émission Vertigo du 3 avril à propos de ce nouveau long-métrage qu’il signe avec son complice Eric Toledano.
>> A écouter, l’interview d’Olivier Nakache à propos de « Juste une illusion » : L’invité : Olivier Nakache, « Juste une illusion » / Vertigo / 43 min. / le 3 avril 2026 Nombreux souvenirs de jeunesse
L’idée du film est née pendant le confinement, lors duquel beaucoup se sont replongés dans les souvenirs et photos d’enfance. « On s’est mis à reprendre contact avec des potes du collège et du lycée. Je ne sais pas pourquoi, c’est assez commun à nous tous. (…) On a commencé à parler de cela avec Eric [Toledano] et les souvenirs ont été tellement abondants que l’on s’est dit: ‘Couchons-les sur papier!’ Et cela a démarré comme ça ».
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Comédie familiale à hauteur d’enfant, « Juste une illusion » n’élude pas les thèmes difficiles comme le chômage de masse, les ravages du sida ou le racisme. « Quand on a 13 ans, on sent bien quand il y a des soucis ou que la société va mal. (…) Mais nous avons essayé de nous replacer dans nos souvenirs, dans notre conception de l’actualité. Qu’est-ce qui est important? Qu’il ou elle nous regarde, c’est tout. Et d’être avec ses potes, d’avoir la même doudoune, d’écouter une musique qui nous fasse accepter dans ce clan-ci ou dans ce clan-là. C’était cela, le présent qui était important et nous avons voulu parler de ce présent-là, maintenant », souligne Olivier Nakache.
Le rite fondateur de la bar-mitsva
En écho à la judéité des réalisateurs, Vincent, à 13 ans, prépare sa bar-mitsva. Un thème central pour les deux réalisateurs, qui se sont rencontrés dans des colonies de vacances organisées par la communauté juive.
« Si nous avions été Portugais, Espagnols, Italiens, nous aurions parlé de notre adolescence avec les rites et coutumes culturelles de ces régions-là, indique le réalisateur. Il se trouve que nous, c’était ça. Nous avons grandi dans des résidences comme cela, nous avons grandi avec ce fameux rite où, à un moment donné, on t’habille en homme, on te met un costume, c’est trop serré, on te met des pompes qui te font mal aux pieds, on te met un petit nœud papillon et on te dit: ‘Tu es un homme’. Ben non, ce n’est pas si facile que ça. Et je trouve que ce rite-là, qui clôture un peu le film, nous a impacté et nous a construit. Et puis toutes les superstitions, toutes les traditions, nous avons pris un plaisir fou à nous y replonger et à nous en amuser aussi un peu ».
Propos recueillis par Anne Laure Gannac
Adaptation web: Melissa Härtel
« Juste une illusion » d’Eric Toledano et Olivier Nakache, avec Camille Cottin, Louis Garrel, Pierre Lottin, Simon Boublil. A voir dans les salles romandes depuis le 15 avril 2026.