Les indemnités de départ des cadres de l’administration fédérale reviennent au cœur du débat politique. Le Conseil fédéral souhaite maintenir ce qui est souvent vu comme des « parachutes dorés ». De son côté, une commission du Parlement est bien décidée à faire interdire ces compensations.
La Commission des Institutions politiques du Conseil des Etats ne veut plus des compensations financières réservées à des hauts cadres de l’administration fédérale lorsqu’ils sont priés de quitter leur poste. Pour ces élus, il s’agit de mettre fin à des pratiques qui ternissent l’image de la politique du personnel de la Confédération.
Le dernier exemple en date est celui de la cheffe de Fedpol. Lors de son départ, Nicoletta della Valle avait perçu l’équivalent d’une année de salaire pour lui laisser le temps de retrouver un emploi. Elle a ainsi reçu une indemnité d’environ 340’000 francs, alors même qu’elle avait déjà été recrutée ailleurs.
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Irritations du grand public
Le Conseil des Etats veut abolir une fois pour toutes ce type de situation. Le sénateur vaudois Pascal Broulis dénonce des excès. « Quand vous êtes à l’exécutif, vous avez besoin d’outils pour négocier l’arrivée d’un collaborateur. Mais il y a des exagérations », explique dans La Matinale le conseiller aux Etats vaudois.
« Quand une personne touche une indemnité, plus encore un montant supplémentaire qui était négocié en amont, alors qu’elle a par exemple retrouvé du travail ou qu’elle est allée dans un secteur sensible à la concurrence, ça crée des irritations du côté du grand public ou du Parlement », observe Pascal Broulis.
Il poursuit: « A chaque fois, ce débat se repose. Cette fois, la commission a dit ‘stop, maintenant on supprime l’outil’. Ma foi, advienne ce que pourra, le Conseil fédéral trouvera peut-être d’autres outils pour rester concurrentiel. »
>> L’interview de Pascal Broulis dans La Matinale : Le Conseil fédéral veut maintenir les parachutes dorés: interview de Pascal Broulis / La Matinale / 1 min. / aujourd’hui à 06:26 Pression énorme
Le Gouvernement ne partage pas cet avis. Selon lui, ces indemnités constituent une compensation face au risque de licenciement inhérent aux fonctions clés de l’administration fédérale.
François Gonin, consultant en ressources humaines et professeur honoraire HES, se montre également sceptique. « Je crains que la suppression de cette disposition aille trop loin. »
« Il a certes été prévu de modifier le code des obligations pour interdire de verser des indemnités de départ à des directions générales ou à des membres de conseil d’administration. Toutefois, est-ce que la situation dans l’administration fédérale est la même que dans les organisations privées dont on parle? », se demande François Gonin.
« Ma réponse est pour le moins dubitative. Je constate que les hauts cadres de l’administration fédérale, en particulier, sont soumis à une exposition médiatique sans aucune commune mesure. Ils subissent une énorme pression », conclut le consultant.
>> L’interview de François Gonin dans La Matinale : Une commission fédérale veut mettre fin aux parachutes dorés: interview de François Gonin / La Matinale / 1 min. / aujourd’hui à 06:30
Les membres de la Commission persistent. Le dossier devrait revenir en juin devant les Chambres fédérales.
Nicole della Pietra/asch