Une étude participative visant à documenter la disparition de certaines espèces d’insectes a été lancée lundi en France. Pour y participer, les automobilistes sont invités à compter les insectes qui se sont écrasés contre leur voiture.

Selon une étude allemande de 2017, la biomasse des insectes volants aurait diminué de 76% en 30 ans. Même constat en Suisse, selon les chiffres de Pro Natura. Avec cette campagne participative, baptisée « Bugs Matter: les insectes, ça compte! », l’Office français de la biodiversité et le Muséum national d’Histoire naturelle aimeraient pouvoir apporter de nouvelles données en Europe.

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Le principe est simple: il suffit de suivre les recommandations d’une application sur smartphone. Avant le départ en voiture, le conducteur doit nettoyer la plaque d’immatriculation, déclencher l’application et faire son trajet. A l’arrivée, il reste à faire une photo de la plaque. L’application se chargera de faire son analyse.

Les scientifiques espèrent convaincre des milliers de personnes à participer. Car le parc automobile français est conséquent: 40 millions d’automobilistes circulent dans l’hexagone.

Des insectes écrasés sur une voiture, en France. [Hans Lucas via AFP - Romain Costaseca] Des insectes écrasés sur une voiture, en France. [Hans Lucas via AFP – Romain Costaseca] Concept britannique

Ce concept scientifique a été développé en 2021 au Royaume-Uni. Les Britanniques ont fait le même exercice durant quatre ans, avec comme constat une baisse de plus de 55% des impacts d’insectes. Français et Anglais ont d’ailleurs signé une convention pour partager leurs données.

Les insectes sont essentiels à la bonne santé des écosystèmes, rappelle le Muséum national d’Histoire naturelle. Ils contribuent à la fertilité des sols, sont indispensables à la reproduction des plantes à fleurs et constituent une ressource alimentaire pour un grand nombre d’espèces, comme les oiseaux.

Les principales causes de leur disparition sont l’agriculture intensive, l’utilisation massive des pesticides ou la destruction des habitats.

Natacha Van Cutsem/edel