La compagnie de taxis Uber est à nouveau plongée dans une polémique. Face à la réduction de leurs revenus, les chauffeurs du canton de Vaud dénoncent les mauvaises conditions de travail dans lesquelles ils évoluent depuis quelques semaines. Ils regrettent un manque d’explications de leur employeur.
Au fil des courses, plusieurs chauffeurs ont remarqué la différence: le tarif de base d’une course est passé de 4,50 francs à 3,60 francs, soit une baisse de 10%.
Manu Shwab, conducteur Uber dans la région de Lausanne depuis neuf ans, accuse l’entreprise de taxis de l’avoir fait il y a trois semaines, sans l’avertir. « Il n’y a pas de dialogue. On ne sait pas où les contacter », déplore-t-il dans le 19h30 vendredi.
Je vais arrêter de travailler avec Uber dans quelques mois, car je ne peux pas continuer comme ça
Mustapha, chauffeur dans la région lausannoise Hausse des coûts
Dans le contexte actuel de renchérissement global, cette diminution passe très mal. Manu Schwab dit avoir ainsi perdu toute rentabilité, tombant à un salaire à perte. « On ne peut pas vivre dans ce pays avec 2000 francs par mois », dénonce-t-il. « Ils croient qu’on est dans un pays de l’Union européenne, au Portugal ou en Espagne où les salaires sont bas. »
La coupe est pleine alors que le prix à la pompe a fortement augmenté. Le litre d’essence est passé de 1,59 francs à 1,80 francs, voire près de 2 francs. Cette situation a poussé une poignée de chauffeurs à témoigner dans les médias.
« Je vais arrêter de travailler avec Uber dans quelques mois, car je ne peux pas continuer comme ça », commente Mustapha, aussi chauffeur dans la région lausannoise.
Il dit qu’à ce tarif-là, avoir les subsides revient au même. « A la fin du mois, je paye les factures et il ne me reste rien dans la poche. »
Uber se défend
Aujourd’hui, ces chauffeurs demandent à Uber de revenir au tarif d’il y a deux ans.
Contactée, la plateforme ne répond pas aux questions ciblées de la RTS. Mais rappelle ses grands principes: « L’application Uber fournit de manière transparente des prix recommandés qui reflètent la situation du marché en temps réel. Uber donne cependant aux chauffeurs un contrôle total sur leur activité. Il est important pour nous que l’application reste attractive pour les chauffeurs en Suisse ».
Malgré les conditions de travail difficiles, beaucoup de chauffeurs, sans autre solution, continuent à exercer leur métier.
Lorence Milasevi / juma