Copains comme cochons? Pas vraiment: on n’élève pas ses amis dans des usines aveugles pour les avaler ensuite. Notre rapport aux bêtes – aux animaux non humains pour être précis – n’a pourtant pas toujours été aussi distant. C’est ce long compagnonnage, et sa fin somme toute récente, que la préhistorienne Marylène Patou-Mathis retrace dans son dernier livre, Nous étions si proches (Allary Editions).

Marylène Patou-Mathis nous fait remonter très loin dans le temps: il y a 300 000 ans, au moment de notre apparition en tant qu’espèce. Dès cette époque, écrit-elle, «[…] les animaux sont utilisés par les humains comme nourriture, source d’énergie (labour), de matières premières (peaux, graisse, os) […]», etc. La spécialiste précise: «Longtemps, cette instrumentalisation a cependant été faite dans un mélange d’affrontement et d’attachement, de crainte et de confiance, bref de proximité.» Dans l’imaginaire également, tant nos cosmogonies anciennes pullulent de thérianthropes, d’Anubis, dieu funéraire de l’Egypte antique, aux centaures.