«Vous vous souvenez du film de Truffaut, L’Homme qui aimait les femmes? Eh bien moi, je suis l’homme qui aime les montres.» Le plus difficile pour tirer le portrait de William Massena, c’est de choisir l’accroche. Il soigne son personnage. Jusqu’au choix du pseudonyme, son «nom de montre», emprunté au principal lieutenant de Napoléon, André Massena – il était Niçois et Nice est sa ville de sang et d’élection, même s’il vit à New York. Ses paroles semblent sortir d’un script et certaines claquent comme des répliques: «J’aime la montre, pas les marques. C’est le gros problème aujourd’hui, les gens idolâtrent les marques, mais n’aiment pas les montres.»

Lui, il n’a pas de problème, mais à cause du conflit en Iran, il se retrouve à Genève les mains vides. Il aurait dû avoir une montre à présenter, une collaboration dédiée au Moyen Orient, réalisée avec un fabricant jurassien. «Un hommage à une culture qui fait des objets du temps depuis au moins mille ans.» Le lancement aurait dû avoir lieu à la fin du ramadan, début avril. «On a repoussé. On n’est pas là pour exploiter les événements tragiques.»