ENTRETIEN – Le chanteur de 32 ans a mis les coachs en ébullition avec son incroyable reprise de Purple Rain de Prince lors des auditions à l’aveugle de la saison 15 du télécrochet de TF1.
Les places se font de plus en plus rares dans les équipes de Florent Pagny, Amel Bent, Lara Fabian et Tayc dans « The Voice » mais les quatre coachs ont eu l’occasion de se livrer une bataille des plus intenses lors du passage de Laurent Traversa. L’artiste de 32 ans originaire d’une petite commune des Yvelines près de Saint-Germain-en-Laye n’a mis que dix secondes pour voir les premiers fauteuils se retourner sur sa géniale reprise de Purple Rain .
Totalement déchaîné, Tayc a été jusqu’à lui offrir sa veste avant de partager un « run » de quelques secondes avec lui sur le titre de Prince. Lara Fabian a réactivé son buzzer pour que des « je t’aime » retentissent sur le plateau. Amel Bent, aussi dépassée qu’amusée, n’est pas parvenue à contenir l’investissement de ses voisins de fauteuil tandis que Florent Pagny est resté spectateur de ce déploiement d’énergie. « Lui, vous me le laissez, je le veux », s’est exclamé Tayc qui a fini par obtenir satisfaction.
Amel Bent : «“The Voice” m’a appris à exprimer ce que je ressens»
LE FIGARO. – Comment avez-vous vécu cette audition à l’aveugle avec un Tayc totalement déchaîné sous vos yeux ?
Laurent TRAVERSA. – Cela fait longtemps que je fais ce métier mais ça faisait longtemps que je n’avais pas chanté dans des événements. Avant de rentrer sur scène, j’ai senti une espèce d’alignement interne. Je viens du gospel où ce sont vraiment les intentions qui comptent. Je ne voulais pas juste bien chanter. Je voulais vivre quelque chose de fort et c’est arrivé. J’étais dans un état second parce que j’étais concentré et stressé. Tout me semblait un peu irréel, surréaliste.
Quel est votre parcours artistique ?
J’ai commencé par faire de la chorale quand j’étais au Conservatoire et que je faisais du piano. Les professeurs avaient perçu que j’avais une bonne oreille musicale et m’avaient proposé de m’essayer au chant. J’ai pris des cours particuliers et je suis rentré dans une chorale d’enfants semi-professionnels. Puis j’ai découvert le gospel avec ma professeur Tinah Drevet qui m’a fait prendre les rênes de sa chorale à Paris. Je n’avais que 17 ans, on me voyait un peu comme l’enfant prodige du gospel à l’époque.
Auprès des coachs de « The Voice », vous vous êtes présenté comme étant coach vocal…
Oui, j’ai fait une école de jazz, en piano, puis à 20 ans je suis allé me former en tant que coach vocal et chanteur auprès de Donna Reid aux États-Unis. Je suis allé prendre des cours de technique vocale et j’ai commencé à coacher différents artistes à mon retour en France. Jusqu’à il y a trois ans où j’ai eu besoin de faire une pause et me divertir parce que je n’avais pas arrêté depuis que j’étais jeune.
« Depuis 10 ans, j’ai toujours refusé de participer à “The Voice” »
Laurent Traversa
Comment vous êtes-vous retrouvé au casting de « The Voice » ?
Cela faisait une dizaine d’années qu’on me proposait de participer à l’émission et j’ai toujours refusé. Il m’est arrivé de leur envoyer quelques talents que j’ai coachés. Et après avoir fait ma crise d’ado à retardement, je me suis dit pourquoi pas. J’avais besoin de reconstruire quelque chose de personnel artistiquement parlant. J’ai dit oui sur un coup de tête. J’ai accepté de lâcher-prise.
Avez-vous l’envie de vous lancer dans une carrière solo ?
Dans ma construction musicale, je suis purement dans le partage d’un chanteur de gospel. Je ne vise pas forcément une carrière, je ne suis pas quelqu’un qui est beaucoup sur les réseaux. Mais aujourd’hui, je me sens prêt à écrire mon histoire, à faire un EP et un album derrière. J’ai juste envie de proposer ma musique.
Pourquoi avoir choisi Purple Rain de Prince ?
C’est le morceau préféré de ma mère. En plus de cela, c’est le dixième anniversaire de la mort de Prince. C’est un son qui est revenu récemment dans la série Stranger Things sur Netflix. Au départ, j’avais proposé ce titre ou une chanson d’Adele. J’avais besoin d’apporter un côté plus gospel et plus jazz à l’original pour proposer quelque chose qui me ressemble vraiment.
« J’ai eu le sentiment que Tayc allait se battre pour moi pour la suite du concours »
Laurent Traversa
Tayc avait-il vraiment besoin de déployer toute cette énergie pour vous convaincre de le rejoindre ?
J’étais dans un état second, un peu sonné. J’ai juste accueilli le moment. Avant de rentrer sur scène, ce n’était pas Tayc que je voulais. Mais il a tellement montré qu’il me voulait que personne d’autre n’a vraiment pu parler ! (Rires.) J’ai eu le sentiment qu’il allait se battre pour moi pour la suite du concours.
En coulisses, vos deux proches étaient euphoriques…
(Rires.) Même les autres candidats m’en parlaient en revenant dans les loges, ils me disaient qu’elles mettaient de l’ambiance et qu’elles étaient trop drôles. Marie et Tereza sont deux de mes meilleures amies, elles sont très spontanées. L’une d’entre elles est une artiste que j’ai coachée et avec qui je travaille sur son EP. Nous partons prochainement nous installer à Montréal, au Canada. Elles m’ont dit que j’avais fait une prestation incroyable. J’étais fier de leur avoir montré que j’avais relevé le défi. Elles étaient ultra-contentes pour moi.
Comment auriez-vous vécu une audition à l’aveugle sans fauteuil qui se retourne ?
Avec mon amie Marie, nous avions parié que ça buzzerait au moment où Amel Bent et Tayc se sont retournés. Si ça n’avait pas été le cas, je pense que ça aurait été compliqué. Un coach d’artistes qui n’y arrive pas, ça aurait été les boules, je serais parti me cacher ! (Rires.)