Le canton de Vaud teste quatre techniques de génie biologique pour stopper l’érosion des rives du lac Léman à Buchillon. Des matériaux 100% naturels sont utilisés pour protéger ce site reconnu d’importance nationale abritant des espèces menacées. Un premier bilan est attendu dans cinq ans.
Le choix du site de Chanivaz, près de l’embouchure de l’Aubonne, sur la commune de Buchillon, a été fait en raison des étangs qu’il abrite, où vivent des rainettes et des tritons crêtés. Ces espèces protégées sont aujourd’hui menacées par l’avancée du lac, sur laquelle le Canton a choisi d’intervenir avec des méthodes de génie biologique.
L’alerte d’un propriétaire
L’alarme a été donnée par Robert Girardet, propriétaire du terrain de Chanivaz, inquiet de voir ses étangs se détériorer. « La Direction de l’environnement a rapidement pris conscience du danger. Et elle a compris que ça ne servait à rien de refaire les étangs et de les nettoyer si on ne construisait pas de protection en bordure du lac », a-t-il expliqué dans le 19h30 de la RTS.
Le Canton a alors saisi l’occasion pour tester des solutions innovantes. « C’est un projet pilote. Le but est de voir ce qui sera efficace sur le long terme, et ce qu’il sera possible d’exporter sur d’autres rives », précise Benjamin Wicky, chef d’équipe des lacs et cours d’eau du canton de Vaud.
Une alternative au béton
Avec ce projet estimé à 300’000 francs, le Canton espère trouver des alternatives au béton, souvent utilisé contre l’érosion.
Pour le concrétiser, l’Etat a mobilisé différents corps de métier, allant de personnes issues du milieu forestier et agricole au génie civil. Il aura également fallu beaucoup de matières premières: plus de 18’000 branches de saule ont été nécessaires. Les boutures proviennent de différentes régions du canton. « On a fait des recherches pour trouver des essences de saules bien spécifiques. Ça a été un très gros défi, car il y a des périodes bien distinctes où on peut aller les prélever », explique Benjamin Wicky.
Les équipes ont collaboré avec plusieurs services du Nord vaudois et de la Broye-Vully pour trouver des zones de prélèvement.
L’une des techniques testée par le canton de Vaud pour palier l’érosion des rives du Léman. [Le 12h45] Quatre techniques inspirées des Romains
Les méthodes ne sortent pas de nulle part. « On s’est directement inspirés de ce qui se fait déjà dans la revitalisation des cours d’eau », explique Romain Bienz, adjoint au chef du secteur lacs et cours d’eau. « Mais nous avons aussi adapté des techniques qui étaient déjà utilisées par les Romains. » La nouveauté réside dans l’adaptation de ces techniques en milieu lacustre.
Ces remparts végétaux nécessiteront toutefois un délai avant d’être pleinement efficaces. Le processus va se dérouler en deux phases. « Nous avons d’abord construit des barrages en bois pour protéger les ouvrages des vagues. Ils resteront jusqu’à ce que les plantations de saules aient grandi et soient suffisamment solides et stables pour protéger les rives », explique Benjamin Wicky.
Une autre technique testée par le canton de Vaud. [Le 12h45]
Ce projet pilote pourrait servir de modèle pour la protection d’autres rives du Léman. Le Canton espère tirer un premier bilan dans 5 ans.
Léa Bucher