La Confédération affirme vouloir « réduire progressivement et à long terme sa dépendance vis-à-vis de Microsoft », rapportait dimanche la NZZ am Sonntag. À rebours de ses décisions des dernières années, cette annonce est saluée par plusieurs politiques et spécialistes.
Outlook, Teams ou Excel: la Confédération est pour l’heure totalement dépendante des solutions du géant américain. Très récemment, quelque 54’000 postes de travail de l’administration fédérale viennent d’être équipés de Microsoft 365. Ce changement d’orientation constituerait donc un revirement spectaculaire de la part de Berne, qui pourrait miser davantage sur des logiciels libres.
Le porte-parole de la Confédération affirme qu’une étude de faisabilité a été soumise à la Chancellerie fédérale en 2025. Or, d’après ses résultats, il serait possible de remplacer les programmes de Microsoft par des logiciels libres, indique la Chancellerie à la NZZ sans donner plus de détails sur cette analyse.
Souveraineté et sécurité nationale
Il s’agit notamment d’une question de sécurité. En début d’année, le Département fédéral des affaires étrangères a vu des documents classés « internes » stockés dans le cloud de Microsoft, tenu de rendre ces données accessibles aux autorités américaines, en vertu du « US Cloud Act ».
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À ce moment-là, des voix avaient déjà appelé à se rabattre sur des alternatives suisses ou européennes. Berne rétorque qu’elle a bien conscience des risques et que les courriels et autres données sensibles ne sont pas stockés dans le cloud de Microsoft, mais sur les serveurs internes.
« Investir ce qu’il faut »
La Confédération a toutefois commandé une étude sur les alternatives open source. Et pour le conseiller national UDC Nicolas Kolly, mieux vaut tard que jamais. « C’est une demande que j’ai aussi formulée au Parlement. C’est vrai qu’avec ce qu’il se passe aux États-Unis, nous avons de moins en moins confiance dans les diverses infrastructures qu’ils mettent à disposition, en particulier les infrastructures informatiques, et en particulier concernant la protection des données », expose-t-il.
« On sait que Microsoft a été extrêmement fort pour mettre en place des systèmes qui deviennent incontournables et que ça demande effectivement beaucoup d’efforts pour mettre en place d’autres systèmes informatiques », poursuit l’élu fribourgeois. « Mais je crois qu’on doit faire ces efforts et investir ce qu’il faut pour pouvoir s’en passer. »
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jop avec Etienne Kocher