L’ex-président bulgare Roumen Radev, qui a promis de mettre fin à la corruption endémique et l’instabilité politique minant le pays le plus pauvre de l’Union européenne, a remporté la majorité absolue aux législatives, selon des résultats officiels publiés lundi.
La formation de Roumen Radev, Bulgarie progressiste, a obtenu 44,7% des voix, d’après les résultats officiels portant sur 96,4% des bulletins dépouillés lundi en milieu de matinée, ce qui le place en bonne voie pour décrocher quelque 130 sièges sur les 240 que compte le Parlement.
Cette victoire écrasante marque la première majorité parlementaire absolue pour une formation en Bulgarie depuis 1997, et offre au pays des Balkans la possibilité de former un gouvernement stable, après huit élections en cinq ans.
Bulgarie progressiste devance largement les conservateurs (GERB) de l’ancien Premier ministre Boïko Borissov, qui dirigeaient le précédent gouvernement, et les libéraux du PP-DB, qui enregistrent respectivement 13,4% et 12,9% des voix.
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Les Bulgares votent pour la huitième fois en cinq ans / 12h45 / 1 min. / hier à 12:45 Dialogue avec Moscou
« Nous avons surmonté l’apathie », s’est réjoui Roumen Radev, ancien général et pilote de chasse de 62 ans, devant ses soutiens dimanche.
Partisan de la reprise du dialogue avec Moscou, le futur chef de gouvernement a affirmé que son pays « fera des efforts pour poursuivre sa voie européenne, mais croyez-moi, une Bulgarie forte et une Europe forte ont besoin d’esprit critique et de pragmatisme ».
Avant le scrutin, il avait déclaré partager le refus de la Hongrie et de la Slovaquie d’envoyer des armes en Ukraine, en guerre contre l’invasion russe, estimant « ne pas voir l’intérêt pour son pays, pauvre, de payer ».
Mais celui qui n’a cessé également de faire valoir les avantages tirés de l’UE par son pays de 6,5 millions d’habitants depuis son adhésion 2007 a exclu de faire jouer son droit de veto pour bloquer les décisions du bloc.
La formation Bulgarie progressiste, créée il y quelques mois seulement, rassemble des personnalités hétéroclites, dont des militaires, d’anciennes figures socialistes ou des sportifs.
Manifestations anti-corruption
Boïko Borissov a « félicité » Roumen Radev, tout en rejetant l’idée qu’il apporte de la « nouveauté ». « Gagner les élections est une chose, gouverner en est une autre », a-t-il prévenu.
Des manifestations anticorruption avaient provoqué en 2021 la chute de Boïko Borissov, au pouvoir près de dix ans. Depuis, de fragiles coalitions se sont succédé, la dernière ayant dû démissionner en décembre face à de nouvelles manifestations anticorruption soutenues par Roumen Radev.
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