Pour mener à bien cette recherche, Daniel Kierzkowski et son équipe ont mis à profit une approche méthodologique de pointe d’imagerie en temps réel en la combinant avec la génétique et la modélisation informatique. Celle-ci consiste à simuler virtuellement la croissance des feuilles à partir de données réelles, ce qui permet de tester des hypothèses et de prédire des comportements cellulaires avant même de les reproduire en laboratoire, comme une maquette numérique du vivant.
Ces travaux ont été réalisés en étroite collaboration avec Yoan Coudert, de l’École normale supérieure de Lyon (France), pour la composante génétique, et Richard Smith, du John Innes Centre (Royaume-Uni), pour la modélisation informatique.
La structure en une seule couche de cellules des feuilles de mousse offre en effet une occasion unique de quantifier le développement de l’organe entier à partir d’une seule cellule fondatrice, une solution difficilement atteignable chez les plantes à fleurs. C’est précisément cette fenêtre d’observation privilégiée qu’ont exploitée le professeur Kierzkowski et ses collaborateurs pour démontrer que des principes développementaux partagés régissent la croissance des feuilles à travers des lignées végétales séparées par des centaines de millions d’années d’évolution, une avancée qui fait de la mousse un organisme modèle incontournable pour décrypter les lois universelles de la morphogenèse végétale.