Son projet : fabriquer une « bière vaccin » capable de stimuler le système immunitaire contre le virus BK.
Si le BK polyomavirus est peu connu du grand public, il représente tout de même un danger réel pour les patients transplantés chez qui il peut provoquer des complications dans certaines pathologies de la vessie.
Plutôt qu’une injection classique, Christopher Buck a voulu tester une autre voie : utiliser des levures vivantes modifiées pour produire une protéine du virus. L’objectif est simple : faire reconnaître cette protéine par le système immunitaire afin qu’il apprenne à s’en défendre.
En clair, il veut transformer une bière artisanale en outil d’immunisation.
L’idée ne sort pas de nulle part. Lors d’expériences précédentes sur des souris, Buck et ses collègues ont observé que l’ingestion de levures vivantes génétiquement modifiées déclenchait bel et bien une réponse immunitaire.
Un demi-litre de bière par jour pendant l’expérience
Convaincu par ces résultats, Christopher Buck a décidé de passer à l’étape suivante en mai 2025. Comme l’explique The Times, il a bu pendant cinq jours consécutifs un demi-litre de sa bière expérimentale et a réitéré l’expérience à deux reprises, à sept semaines d’intervalle.
Des analyses sanguines ont montré une augmentation d’anticorps contre deux sous-types du BK polyomavirus. Aucun effet secondaire notable n’aurait été observé.
Les résultats ont été publiés en décembre sur la plateforme scientifique Zenodo. Mais l’étude n’a pas encore été évaluée par d’autres chercheurs qui vont devoir examiner les résultats pour apporter toute conclusion plus définitive.
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Sur le papier, un vaccin oral présente de nombreux avantages : pas d’aiguille, une production potentiellement plus simple, une conservation plus aisée et peut-être une meilleure acceptation par certaines populations.
Mais l’initiative fait débat. D’après Science News, le chercheur n’aurait pas obtenu l’aval du comité d’éthique lié à son institution pour tester le produit sur lui-même. Il aurait alors créé sa propre organisation à but non lucratif afin de poursuivre son expérience en dehors du cadre officiel.
Pour certains scientifiques, la démarche relève de l’audace. Pour d’autres, elle soulève des questions éthiques importantes.
Une chose est sûre : cette « bière vaccin » ne remplacera pas les injections demain. De nombreuses étapes restent à franchir avant d’envisager un essai clinique à grande échelle. Mais l’expérience ouvre une piste inattendue : et si, un jour, l’immunité se trouvait au fond d’un verre de bière ?
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