Trois militants de Minneapolis ont fait un arrêt lundi à Genève dans le cadre d’une tournée européenne visant à exhorter les investisseurs à se désengager des sous-traitants d’ICE, la police de l’immigration aux Etats-Unis. Ils ont appelé à la solidarité en Suisse.

« La solidarité de la Suisse est nécessaire: on ne peut pas laisser Trump continuer à violer les droits humains », a déclaré devant la presse Sagirah Shahid, élue écologiste de Minneapolis. Et de décrire les méthodes brutales d’ICE pour mener l’offensive anti-immigration de Donald Trump. Elle-même en a été victime: elle a été incarcérée et entravée dans un camp de détention.

Les trois militants étaient invités par BreakFree Suisse, qui a publié en février dernier un rapport mettant en lumière les investissements de plusieurs institutions suisses, dont UBS et la Banque nationale suisse (BNS), dans des entreprises sous-traitantes d’ICE. BreakFree Suisse et les militants demandent à ces établissements de mettre fin à ces investissements.

UBS et BNS visées

Bastion de la résistance contre Donald Trump, la Ville de Minneapolis a adopté en mars une résolution appelant plusieurs investisseurs européens à se désengager des entreprises sous-traitantes d’ICE. Dans son viseur: Palantir, qui fournit des systèmes de surveillance de masse, AT&T, qui équipe ICE, ainsi que GeoGroup et CoreCivic, qui gèrent des établissements privés de détention.

Les militants ont porté leur message lors de l’assemblée générale d’UBS la semaine dernière. Ils comptent faire de même vendredi lors de l’assemblée générale de la BNS. Selon BreakFree Suisse, la BNS est présente dans trois des quatre entreprises signalées pour près de 1,8 milliard de dollars, alors qu’UBS a géré ou investi pour 4,2 milliards de dollars auprès de quatre prestataires majeurs de ICE.

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Interpellations déposées au Conseil fédéral

Les trois militants étaient entourés par les conseillers nationaux genevois Delphine Klopfenstein Broggini (Les Verts-e-s), Christian Dandrès (PS) et Rudi Berli (Les Vert-e-s). Les trois élus ont déposé des interpellations demandant au Conseil fédéral des explications sur l’implication des institutions suisses, dont les banques et les assurances, dans les entreprises liées à ICE.

Pour Christian Dandrès, qui est aussi président du Syndicat des services publics (SSP), il faut saluer le courage et l’engagement de la société civile qui s’élève contre les actes de barbarie de l’administration de Trump. « Derrière ICE, il y a une véritable guerre sociale, qui vise à diviser et à rendre la main-d’oeuvre encore plus vulnérable », a-t-il ajouté.

Interrogée dans La Matinale mardi, Delphine Klopfenstein Broggini relève que la Suisse a des leviers d’action: « On peut clairement agir au niveau de la Suisse, notamment à travers la BNS, qui est une entité publique. Il y a une loi BNS qui existe et la Confédération a un rôle à jouer. »