Alors que s’ouvre le procès du meurtrier de la professeur, les images de son compagnon valsant à son enterrement circulent à nouveau. Une séquence qui a inspiré deux chansons sur l’absence, en 2023 et 2025.

Une dernière danse. Lors des obsèques de l’enseignante Agnès Lassalle, tuée par l’un de ses élèves en février 2023, son compagnon Stéphane Voirin a esquissé quelques pas au son d’une musique de Nat King Cole, sur le parvis de l’église Sainte Eugénie de Biarritz. Un moment suspendu qui a beaucoup ému et dont les images circulent à nouveau alors que son meurtrier, un collégien âgé de 16 ans au moment des faits, comparaît ce mardi 21 avril devant la cour d’assises des mineurs de Pau.

Deux artistes, Julien Clerc et Eddy de Pretto, se sont emparés de cette séquence, sorte de linceul déposé sur le cercueil de la professeur d’espagnol qui enseignait au lycée Saint-Thomas d’Aquin, de Saint-Jean-de-Luz.

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Une mélodie de Julien Clerc

La danse sur le parvis de Sainte Eugénie manifestait une douloureuse absence, puisque Stéphane Voirin valsait seul, mais elle imposait aussi le mouvement et la grâce face à la froideur mécanique de la mort.

Cette particularité n’a pas échappé au parolier Paul École, qui a imaginé le texte de la chanson Le Parvis, sortie en avril 2025. Une œuvre directement inspirée par les funérailles d’Agnès Lassalle. « À titre posthume, la vie se rallume (…) L’espace d’un instant, c’est la vie qui gagne », chante joliment Julien Clerc dans ce titre phare de son nouvel album, Une vie. Il l’interprète avec la même solennité qu’il manifestait au Panthéon au moment de rendre hommage à Robert Badinter.

Le septuagénaire a imaginé la mélodie du Parvis, sur laquelle Paul École a déposé ses paroles. Après avoir enregistré le titre, Julien Clerc a joint Stéphane Voirin pour s’assurer que celui-ci n’aurait pas le sentiment d’être dépossédé de son histoire. « Il a été extraordinaire, s’est souvenu le septuagénaire sur le plateau de France 5, en mai 2025. On a parlé longuement lorsque je l’ai appelé. Ce qu’il y avait de beau dans leur histoire, c’est tout ce qu’elle lui avait fait découvrir dans la vie. Dont la danse. »

Stéphane Voirin n’a pas « cessé de danser »

Il n’est pas le seul à avoir été inspiré par la chorégraphie esquissée par Stéphane Voirin. Ce « magnifique geste » a fait naître chez Eddy de Pretto des interrogations et une chanson. « Jusqu’où danse-t-on encore ? Est-ce qu’on danse même dans l’ambulance ? », s’est demandé le rappeur dans la chanson Urgence 911, sortie en novembre 2023.

Sans se centrer sur le drame de Saint-Jean-de-Luz, il imaginait un être inquiet et dépossédé de l’objet de son amour. « Toi, tu gardes, oui, tu gardes le sourire même sous le brouillard mais ce soir, je ne te vois plus, je danse seul et la piste est noire », y entonne le rappeur français, qui cultive sa sensibilité depuis l’album Cure (2018).


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Depuis l’assassinat de sa compagne, comme il l’a confié à France Inter lundi matin, Stéphane Voirin n’a jamais cessé de conserver ce lien en sa mémoire. « Je n’ai pas cessé de danser et de temps en temps je danse avec Agnès. C’était une philosophie de vie, des mots que l’on s’était dit quelques jours avant sa mort, des mots qu’on s’était déjà échangés treize ans auparavant », a témoigné celui qui attend avec « impatience » que justice soit rendue.