La population iranienne reste absente des négociations internationales alors qu’elle subit à la fois les bombardements et la répression du régime, a déploré mardi dans La Matinale l’avocate irano-suisse Mitra Sohrabi. Or, selon elle, l’espoir d’un changement repose avant tout sur cette société « d’une maturité exceptionnelle ».
« La population iranienne est totalement effacée des discussions », déplore Mitra Sohrabi, évoquant une situation « très déprimante » pour la diaspora. Pour la présidente de l’association « Femme Vie Liberté Suisse », l’espoir d’un changement ne repose ni sur les États-Unis ni sur des événements extérieurs, « mais est dû à la société iranienne ».
Cette société a profondément évolué ces dernières années et rejette massivement la République islamique. « Ce qu’elle veut, c’est la chute de la République islamique et l’accession à la démocratie et à la liberté », affirme dans La Matinale Mitra Sohrabi, évoquant la « maturité exceptionnelle » de la population iranienne sur le plan politique.
Une répression « conforme à ce qu’ils ont toujours fait »
Elle souligne toutefois que la situation sur le terrain reste difficile à évaluer. L’accès à internet est coupé depuis près de 50 jours, limitant fortement les informations en provenance du pays. Et « contrairement à ce que disent certains analystes, on ne sait pas si le régime est affaibli ou renforcé. » Si certains observateurs évoquent un durcissement du régime, Mitra Sohrabi ne partage pas cette analyse.
« La répression a toujours existé. Ça n’étonne personne au sein de la diaspora. Ces gens étaient déjà aux commandes », souligne la présidente de « Femme Vie Liberté Suisse », évoquant notamment les Gardiens de la révolution, mais aussi le président actuel et le ministre des Affaires étrangères, qui étaient déjà présents.
Je n’ai aucun doute sur le fait que l’avenir sera radieux.
Mitra Sohrabi
Mitra Sohrabi rappelle qu’en janvier, au moins 36’000 personnes ont été tuées dans les rues iraniennes lors de manifestations et que plus de 1600 exécutions ont été recensées depuis le début de l’année 2026.
Une population iranienne livrée à elle-même
Plusieurs figures emblématiques de la défense des droits humains restent par ailleurs détenues, comme l’avocate et récipiendaire du prix Sakharov Nasrin Sotoudeh ou la prix Nobel de la paix Narges Mohammadi, dont le sort demeure incertain.
La situation humanitaire est également préoccupante. Les Iraniens et Iraniennes vivent sans infrastructures de protection face aux bombardements, déplore l’avocate. « Il n’y a pas d’abri, pas de sirènes », explique-t-elle. Privés d’internet, ils ne peuvent pas non plus s’informer sur les risques imminents. « Vous réalisez l’ampleur du dénuement de ces gens », insiste-t-elle, décrivant une population « oubliée ».
« Un avenir radieux »
Face à l’absence de perspectives immédiates, la militante appelle la diaspora à maintenir la pression et à relayer les revendications de la population iranienne. « C’est à nous de porter leur voix à l’étranger », insiste-t-elle.
Mitra Sohrabi se dit néanmoins convaincue que l’après-régime sera porteur d’espoir. « Je n’ai aucun doute sur le fait que cet avenir sera radieux. Mais il faut se débarrasser d’abord de ce régime abject. »
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Propos recueillis par Pietro Bugnon/hkr