Les pigeons font à nouveau polémique à Zurich. Malgré l’interdiction, de nombreuses personnes continuent de les nourrir, ce qui entraîne une forte hausse de leur population. Conséquence: les gardes-faune capturent et tuent sur place les pigeons.
La population de pigeons est en forte augmentation à Zurich, ce qui n’est pas sans conséquences. Chaque année, jusqu’à 80 tonnes de fientes sont recensées en ville. Sans compter que la prolifération des pigeons favorise aussi les maladies, les parasites et une mortalité plus élevée chez les jeunes oiseaux.
Abattages et indignation
Pour contenir la situation, les gardes-faune interviennent régulièrement. Les pigeons sont capturés dans des cages, puis abattus sur place. Une opération récente, filmée par un passant, a notamment eu lieu près de la gare de Stadelhofen. Les réactions ont été immédiates. Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont exprimé leur indignation.
Le militant allemand Malte Zierden a contribué à amplifier la mobilisation, en appelant à une manifestation qui a rassemblé une centaine de personnes dans les rues de Zurich le week-end dernier.
Une réponse politique en préparation
Les autorités justifient ces abattages par des raisons pratiques. L’objectif est de limiter les nuisances, protéger les bâtiments et répondre à des enjeux de santé publique. La forte densité de pigeons en milieu urbain pose en effet plusieurs problèmes: dégradations, salissures, mais aussi risques sanitaires.
Mais la polémique a désormais gagné le terrain politique. La conseillère communale verte Selina Walgis souhaite mettre un frein aux abattages. « Oui, c’est choquant que jusqu’à 2000 pigeons soient tués chaque année. Il existe d’autres moyens de réguler la population, et il faut choisir la solution la plus respectueuse des animaux quand elle existe ».
D’autres approches en Suisse
Toutes les villes ne font pas les mêmes choix. la gestion de ces volatiles est moins radicale à Lausanne qui mise notamment sur des pigeonniers contrôlés, comme celui installé dans l’église Saint-François. Le principe: attirer les pigeons dans des lieux dédiés, contrôler leur alimentation, et limiter leur reproduction en remplaçant les œufs.
Un système similaire existe aussi à Berne, où d’autres mesures comme la stérilisation sont testées.
Un débat qui dépasse Zurich
À Zurich, la scène ne laisse pas indifférent : des pigeons capturés, puis qui disparaissent.
Pour les autorités, il faut agir rapidement face à une population en forte croissance.
Mais la méthode divise.
Et suscite des réactions bien au-delà de la ville.
Camille Lanci/lan