Cent jours après l’incendie du Constellation à Crans-Montana, qui a fait 41 morts, les familles endeuillées avancent chacune à leur rythme. Laetitia Brodard-Sitre, qui a perdu son fils Arthur, témoigne dans le 19h30 de la RTS de sa difficulté à renouer avec la vie qui avance.
Arthur s’était rendu au Constellation pour fêter Nouvel An avec ses amis, raconte sa mère à la RTS. « Comment vivre avec ça? Je ne sais pas », raconte-t-elle.
Installée à Lutry (VD), Laetitia Brodard-Sitre s’était investie dans le club de football où jouaient ses deux fils. « Être dans cet environnement de foot sans mon Arthur, c’est compliqué », confie-t-elle.
« Il y a des jours où on ne se lève pas »
Cent jours après l’incendie qui a tué 41 personnes et en a blessé 115, la mère de famille avance à son rythme. « Il y a des jours où ça va, où on essaie d’aller car il y a un objectif dans la journée donc c’est plus facile, et il y a des jours où on ne se lève pas parce qu’on n’a pas la force », dit-elle.
A chaque fois que j’arrive à me lever le matin, à parler, c’est parce qu’il est là, sur mon épaule droite
Laetitia Brodard-Sitre, mère d’Arthur décédé dans l’incendie du Constellation
Heureusement, Laetitia Brodard-Sitre est entourée. « Il y a d’autres jours où une amie m’appelle et me dit ‘Viens, tu n’as pas le choix. Tu viens boire un café avec moi, maintenant' », indique-t-elle.
Le retour des beaux jours est particulièrement difficile à vivre pour elle. « Cela veut dire que la vie avance, alors que ma vie est restée au 1er janvier », explique la maman.
S’engager pour tenir
Pourtant, dès les premiers jours du deuil, elle a compris que l’action pouvait l’aider à tenir. Elle a ainsi accepté d’être la marraine d’un concert caritatif qui se tiendra mercredi à Lausanne, en hommage aux victimes.
Corinne Uzan, productrice et organisatrice de l’événement, explique que ce concert répond à « un besoin de s’investir pour aider au maximum les victimes et leurs familles ».
Cette démarche a aussi conduit Laetitia Brodard-Sitre à témoigner auprès de médias étrangers, comme la télévision italienne RAI. « A chaque fois que j’arrive à me lever le matin, à parler, c’est parce qu’il est là, sur mon épaule droite », confie-t-elle encore.
Sujet et interview TV: Katia Hess et Philippe Revaz
Texte web: Julie Marty