Additifs alimentaires : Trois études françaises relancent le débat sur leur impact sanitaire

Parmi les résultats, les chercheuses et les chercheurs ont mis en évidence les associations suivantes : les colorants alimentaires pris dans leur globalité étaient associés à une augmentation de 38 % du risque de diabète de type 2 chez les plus forts consommateurs, comparé aux plus faiblement exposés. Parmi les différents types de colorants, les caramels étaient associés à une augmentation de 43 % tandis que les colorants caroténoïdes (E160) à une augmentation de 39 % ; le bêta-carotène (additif alimentaire, E160a) à une augmentation de 44 % ; le caramel ordinaire (E150a) à une augmentation de 46 % ; la curcumine (E100) à une augmentation de 49 % et les anthocyanes (E163) à une augmentation de 40 % du risque de diabète de type 2.
© Mathilde Touvier/Inserm

De nouvelles données scientifiques pourraient peser dans les futures décisions réglementaires concernant les additifs alimentaires. Une équipe de recherche associant l’Inserm, INRAE, l’Université Sorbonne Paris Nord, l’Université Paris Cité et le Cnam vient de publier trois études d’envergure mettant en évidence des liens entre la consommation de certains colorants et conservateurs alimentaires et un risque accru de maladies chroniques.

Menés au sein de la cohorte NutriNet-Santé, qui suit plus de 100 000 participants, ces travaux ont été publiés dans les revues Diabetes Care, European Journal of Epidemiology et European Heart Journal. Ils constituent l’une des premières évaluations épidémiologiques à grande échelle portant sur l’exposition spécifique à différents additifs alimentaires.

Les résultats montrent que les colorants alimentaires, pris dans leur ensemble, sont associés à une hausse de 38% du risque de diabète de type 2 chez les plus forts consommateurs. Plusieurs substances couramment utilisées présentent également des associations significatives, notamment le caramel ordinaire (E150a), le bêta-carotène (E160a), la curcumine (E100) ou encore les anthocyanes (E163).

Concernant le cancer, les chercheurs observent une augmentation de 14% du risque global chez les consommateurs les plus exposés aux colorants. Les risques de cancer du sein (+21 %) et de cancer du sein post-ménopausique (+32 %) apparaissent également plus élevés. Certains colorants, comme le bêta-carotène (E160a) et le caramel ordinaire (E150a), sont particulièrement concernés.

Poursuivre les démarches d’innovations pour répondre aux attentes du marché

La troisième étude s’intéresse aux conservateurs alimentaires. Les auteurs rapportent une augmentation de 24 % du risque d’hypertension chez les plus forts consommateurs, ainsi qu’un risque accru de maladies cardiovasculaires pour certaines catégories de conservateurs. Parmi les substances pointées figurent notamment le sorbate de potassium (E202), l’acide citrique (E330) et l’acide ascorbique (E300).

Si ces travaux ne démontrent pas un lien de causalité direct, ils renforcent un corpus scientifique déjà préoccupant sur les effets potentiels des additifs présents dans de nombreux produits transformés et ultra-transformés. Les chercheurs appellent désormais à une réévaluation de la sécurité de ces substances par les autorités sanitaires et rappellent les recommandations du Programme national nutrition santé visant à privilégier les aliments peu transformés et à limiter l’exposition aux additifs non essentiels.

Ces nouvelles publications scientifiques rappellent que la question des additifs alimentaires est désormais au cœur des enjeux de santé publique et de confiance des consommateurs. Pour les industriels de l’agroalimentaire, elles pourraient accélérer les attentes en matière de reformulation des produits, de transparence des ingrédients et de réduction des additifs jugés non essentiels. Dans un contexte où les autorités sanitaires pourraient être amenées à réévaluer certaines substances, l’anticipation de ces évolutions réglementaires et la poursuite des démarches d’innovation vers des recettes plus simples et moins transformées constituent des leviers stratégiques pour répondre aux nouvelles exigences du marché.

(Source :  Inserm)