Les laboratoires américains Merck et Moderna ont annoncé mercredi des résultats positifs lors de la dernière phase d’essais cliniques de leur vaccin expérimental à ARN messager contre le cancer de la peau. C’est une « avancée majeure » dans le traitement de cette maladie, selon les experts.

Ce nouveau traitement, nommé « intismeran autogene », repose sur la technique de l’acide ribonucléique messager (ARNm), déjà utilisée pour les vaccins contre le Covid-19. Il s’agit d’une grande première, les chercheurs tentant depuis des années de mettre au point des traitements à base d’ARNm contre le cancer.

« Il s’agit de la première annonce de résultats positifs de phase 3 […] pour une thérapie anticancéreuse à base d’ARNm », ont souligné Merck et Moderna dans un communiqué conjoint.

Leur thérapie personnalisée, combinée à l’immunothérapie Keytruda de Merck, a permis d’améliorer de manière « statistiquement significative » la survie sans récidive chez des patients atteints d’un mélanome de stade avancé et préalablement opérés, par rapport à un traitement par Keytruda seul, ont affirmé les deux laboratoires.

Traitement « sur mesure »

Il s’agit d’un traitement « sur mesure », conçu à partir des mutations spécifiques de la tumeur de chaque patient, qui consiste à dicter aux cellules du corps comment fabriquer des protéines capables de déclencher une réponse immunitaire. L’objectif est d’entraîner et d’activer le système immunitaire du patient afin qu’il reconnaisse et attaque les cellules cancéreuses.

Au-delà de la bonne nouvelle pour les patients atteints d’un mélanome, l’oncologue Marco Gerlinger, professeur au Barts Cancer Institute de Londres, a souligné que ces résultats étaient une « preuve de concept que les vaccins anticancéreux personnalisés fonctionnent ».

Même son de cloche chez Lennard Lee, oncologue et professeur assistant à l’université d’Oxford, qui, bien que saluant des résultats « très encourageants », attend désormais de « voir les données complètes » de ces essais cliniques.

Ceux-ci ont été menés sur 1137 personnes. Merck et Moderna prévoient désormais de présenter ces données lors d’un prochain congrès médical et d’entamer des démarches auprès des autorités pour demander l’approbation de ce traitement.

ats/bero