{"id":102567,"date":"2026-04-24T10:03:12","date_gmt":"2026-04-24T10:03:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/102567\/"},"modified":"2026-04-24T10:03:12","modified_gmt":"2026-04-24T10:03:12","slug":"the-brotherhood-de-carolina-bianchi-lhistoire-du-theatre-fraternite-de-mecs-toxiques-%e2%98%85%e2%98%85%e2%98%85%e2%98%85%e2%98%85","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/102567\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0The Brotherhood\u00a0\u00bb de Carolina Bianchi, l&rsquo;histoire du th\u00e9\u00e2tre, fraternit\u00e9 de mecs toxiques \u2605\u2605\u2605\u2605\u2605"},"content":{"rendered":"<p>Jusqu&rsquo;au 25 avril, la Com\u00e9die de Gen\u00e8ve accueille un spectacle majeur et remuant. \u00ab\u00a0The Brotherhood\u00a0\u00bb de la Br\u00e9silienne Carolina Bianchi parle du viol, le sien notamment, et de la culture si masculine du monde th\u00e9\u00e2tral et de l&rsquo;histoire des arts.<\/p>\n<p>On voit d&rsquo;abord la reproduction g\u00e9ante d&rsquo;un tableau en guise de rideau de th\u00e9\u00e2tre. De la peinture classique du XVIIIe si\u00e8cle assur\u00e9ment. De quoi s&rsquo;agit-il? L&rsquo;enl\u00e8vement des Sabines, celui de Pers\u00e9phone\u00a0ou alors le viol de Lucr\u00e8ce? Voici des hommes arm\u00e9s de poignards, le regard inject\u00e9 de fureur, et au milieu cette femme en mauvaise posture. Elle est nue, bien s\u00fbr. Pas besoin d&rsquo;\u00eatre devin pour comprendre ce qui va se passer hors du cadre. Nos mus\u00e9es regorgent de ces tableaux o\u00f9 le r\u00e9cit mythologique est d&rsquo;abord et avant tout la mise en sc\u00e8ne \u00e9rotique des violences sexuelles que subissent les femmes.<\/p>\n<p>En mati\u00e8re de viol, Carolina Bianchi conna\u00eet son sujet. L&rsquo;auteure, metteuse en sc\u00e8ne et com\u00e9dienne br\u00e9silienne en a subi un lors d&rsquo;une f\u00eate dite culturelle. Dans sa langue, la drogue du violeur se nomme \u00ab\u00a0Bonne nuit Cendrillon\u00a0\u00bb. Ce nom cynique \u00e0 souhait aura servi de titre \u00e0 son pr\u00e9c\u00e9dent spectacle \u00ab\u00a0A Noiva e o Boa Noite Cinderela\u00a0\u00bb. La derni\u00e8re \u00e9dition du Festival de la B\u00e2tie l&rsquo;avait re\u00e7u comme un uppercut, ouvrant de longs d\u00e9bats sur la repr\u00e9sentation de la violence. Carolina Bianchi y prenait pour de vrai cette drogue sur sc\u00e8ne, discourant sur l&rsquo;histoire de la performance et le destin tragique de l&rsquo;Italienne Pippa Bacca, assassin\u00e9e lors d&rsquo;un projet artistique. Inconscient, le corps de Carolina Bianchi \u00e9tait ensuite \u00e0 disposition de sa troupe pour une reconstitution fantasmagorique de son propre viol.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8me volet d&rsquo;une trilogie<\/p>\n<p>La voici de retour \u00e0 Gen\u00e8ve et il est \u00e0 nouveau question de viol. Un traumatisme, \u00e7a vous colle \u00e0 l&rsquo;\u00e2me comme au corps et l&rsquo;artiste se demande elle-m\u00eame si elle parviendra \u00e0 se distancer du sujet. \u00ab\u00a0Brotherhood\u00a0\u00bb, soit la fraternit\u00e9 virile, titre de ce deuxi\u00e8me volet d&rsquo;une trilogie, d\u00e9place la focale du point de vue de l&rsquo;histoire des arts et du th\u00e9\u00e2tre en particulier, abordant ce qui se joue c\u00f4t\u00e9 masculin.<\/p>\n<p>M\u00ealant conf\u00e9rence, danse, th\u00e9\u00e2tre, journalisme, essai, autobiographie, com\u00e9die musicale et sc\u00e8nes de sexe, \u00ab\u00a0Brotherhood\u00a0\u00bb a la taille (3h30, entracte compris) et le souffle d\u2019un op\u00e9ra, alternant sc\u00e8nes malaisantes, discours parfaitement \u00e9tay\u00e9s, num\u00e9ros de danse, humour et images de gr\u00e2ce absolue.<\/p>\n<p> <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/8m435q-29220611.image.jpeg\" alt=\"&quot;The Brotherhood&quot; de Carolina Bianchi. [DR - Mayra Azzi]\" title=\"&quot;The Brotherhood&quot; de Carolina Bianchi. [DR - Mayra Azzi]\" loading=\"lazy\"\/>  \u00ab\u00a0The Brotherhood\u00a0\u00bb de Carolina Bianchi. [DR &#8211; Mayra Azzi] Un th\u00e9\u00e2tre majeur et sinc\u00e8re<\/p>\n<p>Le th\u00e9\u00e2tre, rappelle Carolina Bianchi, n&rsquo;a pas son pareil pour porter au pinacle des g\u00e9nies masculins et n\u00e9fastes. Qu&rsquo;ils soient personnages ou metteurs en sc\u00e8ne. L&rsquo;interview sur plateau d&rsquo;un pseudo crack du th\u00e9\u00e2tre allemand des ann\u00e9es 1990 est un bijou d&rsquo;ironie. Maniant avec la m\u00eame aisance micro, \u00e9p\u00e9e guerri\u00e8re et vibromasseur, Carolina Bianchi avoue avoir \u00e9t\u00e9 elle-m\u00eame fan absolue du mythique chor\u00e9graphe flamand Jan Fabre, si radical, si formidable et pourtant abuseur, condamn\u00e9 pour contraintes sexuelles sur ses interpr\u00e8tes. Faut-il br\u00fbler son \u0153uvre?<\/p>\n<p>Avec ses cohortes de personnages masculins toxiques et maudits, de Hamlet au Treplev de \u00ab\u00a0La mouette\u00a0\u00bb, le th\u00e9\u00e2tre a aussi sa part de responsabilit\u00e9 dans la reproduction et la banalisation des violences faites aux femmes. Si vous aussi, vous aimez le th\u00e9\u00e2tre, allez voir \u00ab\u00a0The Brotherhood\u00a0\u00bb, ce spectacle lui r\u00e8gle son compte avec amour. La qu\u00eate de Carolina Bianchi, dont les r\u00e9flexions tiennent sur 500 pages parfois lues au plateau, n&rsquo;est pas pr\u00eate d&rsquo;avoir une fin. D&rsquo;une blessure jamais referm\u00e9e (elle se dit morte, cherchant une forme de r\u00e9surrection), elle aura au moins invent\u00e9 un th\u00e9\u00e2tre majeur et vertigineusement sinc\u00e8re.<\/p>\n<p class=\"sources\">Thierry Sartoretti\/ld<\/p>\n<p class=\"article-footnote\">\u00ab\u00a0The Brotherhood\u00a0\u00bb de Carolina Bianchi, Com\u00e9die de Gen\u00e8ve, du 22 au 25 avril 2026.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Jusqu&rsquo;au 25 avril, la Com\u00e9die de Gen\u00e8ve accueille un spectacle majeur et remuant. \u00ab\u00a0The Brotherhood\u00a0\u00bb de la Br\u00e9silienne&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":102568,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[1475,380,28228,172,113,112,967,303,852,824,23,173,2870],"class_list":{"0":"post-102567","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-divertissement","8":"tag-art","9":"tag-arts-et-divertissement","10":"tag-carolina-bianchi","11":"tag-culture","12":"tag-divertissement","13":"tag-entertainment","14":"tag-finance","15":"tag-histoire","16":"tag-spectacle","17":"tag-spectacles","18":"tag-suisse","19":"tag-theatre","20":"tag-viol"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@ch_fr\/116459117346196563","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/102567","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=102567"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/102567\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/102568"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=102567"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=102567"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=102567"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}