{"id":105007,"date":"2026-04-26T11:06:19","date_gmt":"2026-04-26T11:06:19","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/105007\/"},"modified":"2026-04-26T11:06:19","modified_gmt":"2026-04-26T11:06:19","slug":"eberhard-vu-par-amit-linde-face-a-leurope-un-portrait-aux-prises-avec-lhistoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/105007\/","title":{"rendered":"Eberhard vu par Amit, l\u2019Inde face \u00e0 l\u2019Europe: un portrait aux prises avec l\u2019histoire"},"content":{"rendered":"<p>    <img src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Elders.jpg\" width=\"1534\" height=\"759\" alt=\"Une photo en noir et blanc d'un groupe d'hommes portant un couvre-chef\" loading=\"eager\" decoding=\"sync\" fetchpriority=\"high\"\/><\/p>\n<p>                Des membres d\u2019une tribu Adivasi photographi\u00e9s en Inde, 1969.            <\/p>\n<p>            Eberhard Fischer         <\/p>\n<p>        En retra\u00e7ant le parcours\u00a0de\u00a0l\u2019ethnographe et\u00a0historien\u00a0de\u00a0l\u2019art\u00a0Eberhard\u00a0Fischer, figure majeure du\u00a0Mus\u00e9e\u00a0Rietberg\u00a0\u00e0 Zurich, le cin\u00e9aste\u00a0indien\u00a0Amit Dutta r\u00e9v\u00e8le les tensions entre recherche ethnographique, h\u00e9ritage colonial et qu\u00eate d\u2019un regard juste sur les traditions indiennes.\u00a0\n<\/p>\n<p>        Ce contenu a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 sur    <\/p>\n<p>        26 avril 2026 &#8211; 10:00\n<\/p>\n<p>Quand Eberhard Fischer prend la parole, un peu \u00e9mu,\u00a0apr\u00e8s\u00a0la projection d\u2019Eberhard As\u00a0Seen\u00a0By Amit, projet\u00e9 en s\u00e9ance sp\u00e9ciale\u00a0d\u00e9but avril\u00a0au festival Cin\u00e9ma du R\u00e9el\u00a0\u00e0\u00a0Paris,\u00a0il\u00a0pr\u00e9sente l\u2019auteur de ce film, Amit Dutta,\u00a0comme un\u00a0\u00abcin\u00e9aste indien ind\u00e9pendant\u00bb\u00a0install\u00e9 au nord de l\u2019Inde, dans les montagnes de l\u2019Himalaya.\u00a0<\/p>\n<p>Il d\u00e9crit\u00a0son ami de longue date comme une sorte d\u2019ermite moderne, un peu po\u00e8te, trop sujet au mal des transports pour accompagner ses films en festival. Fischer explique en souriant que s\u2019il est souvent rendu en Inde, Dutta ne s\u2019est jamais d\u00e9plac\u00e9 chez lui, en Suisse.<\/p>\n<p>    <img src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/EBF3.jpg\" width=\"2097\" height=\"1488\" alt=\"Un portrait d'Eberhard Fischer\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" fetchpriority=\"auto\"\/><\/p>\n<p>                L\u2019ethnographe et historien de l\u2019art Eberhard Fischer.            <\/p>\n<p>            Courtesy of Amit Dutta        <\/p>\n<p>Il tient cependant dans sa main quelques feuillets, copies de courriels que lui a adress\u00e9s le cin\u00e9aste\u00a0afin de pr\u00e9senter le film:\u00a0\u00abJ\u2019ai d\u2019abord fait ce film pour raconter une vie qui me pla\u00eet. Une vie d\u2019\u00e9ducation, de patience, de retenue et d\u2019intense concentration. C\u2019est ce que j\u2019ai vu quand j\u2019ai travaill\u00e9\u00a0avec Eberhard Fischer, sur\u00a0Nainsukh,\u00a0en\u00a02010\u00bb,\u00a0un\u00a0film inspir\u00e9 de la vie et de l\u2019\u0153uvre du peintre miniaturiste indien du XVIIIe si\u00e8cle.<\/p>\n<p>L\u2019historien et le cin\u00e9aste<\/p>\n<p>Eberhard Fischer, n\u00e9 en Allemagne, mais qui a exerc\u00e9 la plus grande partie de sa vie en Suisse, est familier de l\u2019art indien, auquel il a consacr\u00e9 un grand nombre d\u2019ouvrages\u00a0et d\u2019expositions\u00a0en tant que directeur du\u00a0Rietberg\u00a0Museum de Zurich, qu\u2019il a dirig\u00e9 pendant 27 ans.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>Fischer, avant d\u2019\u00eatre un homme d\u2019institutions, est\u00a0cependant\u00a0un homme de terrain: d\u00e8s les ann\u00e9es\u00a01960, il voyage en Afrique et en\u00a0Asie,\u00a0et\u00a0particuli\u00e8rement\u00a0en Inde,\u00a0o\u00f9 il s\u2019int\u00e9resse aux pratiques rituelles et traditionnelles, avec un int\u00e9r\u00eat particulier pour l\u2019artisanat, par exemple la fabrication de poteries ou les m\u00e9thodes de\u00a0tissage \u2013 des pratiques qu\u2019il filmera\u00a0r\u00e9guli\u00e8rement, avec sa femme Barbara Fischer,\u00a0\u00e0 l\u2019aide\u00a0d\u2019une petite cam\u00e9ra. Pour son travail, Fischer a re\u00e7u le\u00a0prestigieux\u00a0prix\u00a0Padma\u00a0Shri\u00a0de la part du gouvernement indien en 2012.<\/p>\n<p>La rencontre\u00a0avec Amit Dutta se fait autour de\u00a0Nainsukh, un film de fiction quasi-essayiste,\u00a0o\u00f9 se m\u00ealaient\u00a0la\u00a0vie,\u00a0les\u00a0\u0153uvres, et une certaine id\u00e9e du monde spirituel et concret qui entourait l\u2019artiste.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>Cet \u00e9tonnant projet, envisag\u00e9 d\u2019abord comme un simple court-m\u00e9trage, se fait presque par hasard: la rencontre de l\u2019historien de du cin\u00e9aste, le long du chemin parcouru par l\u2019existence du peintre, sera tellement f\u00e9conde qu\u2019elle aboutira \u00e0 ce long-m\u00e9trage\u00a0dont Dutta fera\u00a0un objet tr\u00e8s personnel,\u00a0l\u2019int\u00e9grant\u00a0pleinement\u00a0au sein de\u00a0son \u0153uvre.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>Le r\u00f4le de Fischer fut de proposer \u00e0 Dutta une fondation th\u00e9orique et historique solide, document\u00e9e et s\u00e9rieuse, ainsi que de faciliter, par le biais du\u202fReitberg\u00a0Museum, l\u2019acc\u00e8s aux \u0153uvres\u00a0du peintre\u00a0et aux ouvrages de recherche sur la peinture pahari. Il en deviendra ainsi le producteur, et participera m\u00eame au montage du film.<\/p>\n<p>Aper\u00e7u de la documentation photographique d\u2019Eberhard Fischer:<\/p>\n<p>                Pr\u00e9c\u00e9dent            <\/p>\n<p>                Suivant            <\/p>\n<p>    <img src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/death-3.jpg\" width=\"1534\" height=\"1025\" alt=\"Une photographie en noir et blanc d'un groupe de personnes portant une civi\u00e8re au-dessus de leur t\u00eate\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" fetchpriority=\"auto\"\/><\/p>\n<p>                En 1969, Eberhard Fischer a photographi\u00e9 un rituel mortuaire de quatre jours en collaboration avec l\u2019artiste et anthropologue indien Haku Shah.            <\/p>\n<p>            Eberhard Fischer         <\/p>\n<p>    <img src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/death-15.jpg\" width=\"1534\" height=\"1025\" alt=\"Une photographie en noir et blanc d'un groupe d'hommes assis par terre\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" fetchpriority=\"auto\"\/><\/p>\n<p>                Le rituel a eu lieu en 1969 \u00e0 Ranveri, un village situ\u00e9 au sud de l\u2019\u00c9tat indien du Gujarat.            <\/p>\n<p>            Eberhard Fischer         <\/p>\n<p>    <img src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/death-16.jpg\" width=\"1419\" height=\"2098\" alt=\"Une pierre avec un dessin et une d\u00e9coration dessus, avec une bougie \u00e0 c\u00f4t\u00e9.\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" fetchpriority=\"auto\"\/><\/p>\n<p>                Dans la maison du d\u00e9funt, le dernier jour du rituel.            <\/p>\n<p>            Eberhard Fischer         <\/p>\n<p>    <img src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/death-17.jpg\" width=\"1534\" height=\"1025\" alt=\"Une photographie en noir et blanc d'un groupe d'hommes assis par terre\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" fetchpriority=\"auto\"\/><\/p>\n<p>                L\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de la documentation photographique est conserv\u00e9e au Mus\u00e9e Rietberg de Zurich.            <\/p>\n<p>            Eberhard Fischer         <\/p>\n<p>Cin\u00e9ma: m\u00e9moire, parole, singularit\u00e9<\/p>\n<p>Eberhard As\u00a0Seen\u00a0By Amit,\u00a0nouvelle\u00a0\u00e9tape de ce travail collaboratif,\u00a0est un film composite, qui documente cette vie de travail, notamment \u00e0 partir\u00a0des\u00a0rushes\u00a0de\u00a0ces\u00a0nombreux films ethnographiques,\u00a0mais \u00e9galement d\u2019images tourn\u00e9es par Amit Dutta chez lui, en Inde, et d\u2019images\u00a0plus r\u00e9centes\u00a0tourn\u00e9es par Fischer lui-m\u00eame, dans la r\u00e9sidence suisse o\u00f9 il r\u00e9side aujourd\u2019hui.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>    <img src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Amit-Dutta.jpg\" width=\"4309\" height=\"3648\" alt=\"Un portrait d'Amit Dutta\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" fetchpriority=\"auto\"\/><\/p>\n<p>                Le cin\u00e9aste indien Amit Dutta.            <\/p>\n<p>            Courtesy of Amit Dutta        <\/p>\n<p>Le projet de ce film vient d\u2019abord du cin\u00e9aste,\u00a0mais\u00a0les discussions furent longues et laborieuses, l\u2019historien de l\u2019art refusant pendant des ann\u00e9es d\u2019\u00eatre l\u2019objet central d\u2019un film, avant que,\u00a0confront\u00e9s \u00e0 la disparition d\u2019un coll\u00e8gue, ils ne r\u00e9alisent combien\u00a0le cin\u00e9ma pouvait conserver la m\u00e9moire, la parole, la singularit\u00e9 d\u2019un \u00eatre\u202f: c\u2019est\u00a0face \u00e0 ce constat\u00a0que le projet du film d\u00e9marre, en 2024.\u00a0<\/p>\n<p>Fischer raconte comment cette collaboration s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e, notamment \u00e0 travers cette anecdote amusante. Apr\u00e8s\u00a0lui avoir remis des copies de toutes ses archives,\u00a0il a film\u00e9 un entretien de plus de huit heures o\u00f9 il revenait, en d\u00e9tail, sur chacun de ses nombreux ouvrages, les th\u00e8ses qu\u2019il y d\u00e9veloppait et les \u0153uvres qu\u2019il y commentait.\u00a0<\/p>\n<p>Puis, ce document mis dans les mains d\u2019Amit Dutta, il ne se m\u00ealait plus du documentaire, \u00e0 moins que Dutta ne revienne vers lui avec des\u00a0requ\u00eates sp\u00e9cifiques, lui demandant notamment de se filmer dans son quotidien\u202f: travaillant \u00e0 son bureau sur sa machine \u00e0 \u00e9crire, entretenant son jardin, ou encore se reposant dans\u00a0le ch\u00e2teau de\u00a0Muzot, dans le canton du\u00a0Valais\u00a0\u2013\u00a0celui-l\u00e0\u00a0m\u00eame o\u00f9 le po\u00e8te Rainer Maria Rilke\u00a0v\u00e9cu \u00e0 la fin de sa\u00a0vie.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>Une vie calme,\u00a0presque pastorale,\u00a0qui se d\u00e9roule\u00a0au rythme des saisons, que Fischer dit avoir film\u00e9 en imitant, autant qu\u2019il le pouvait, le\u00a0\u00abstyle\u00bb\u00a0et la mani\u00e8re de construire des sc\u00e8nes de Dutta, notamment tel qu\u2019il l\u2019avait vu travailler sur\u00a0le tournage de\u00a0Nainsukh.\u00a0<\/p>\n<p>        Contenu externe    <\/p>\n<p>Portrait d\u2019ami<\/p>\n<p>Interrog\u00e9 par\u00a0courriel, Amit Dutta\u00a0voit dans\u00a0cette\u00a0proximit\u00e9 une \u00abaffinit\u00e9\u00bb plut\u00f4t qu\u2019une forme d\u2019imitation. \u00abS\u2019il y a une ressemblance, elle na\u00eet simplement d\u2019une pr\u00e9f\u00e9rence pour les plans plus longs, une mani\u00e8re de composer l\u2019image qui permet de laisser le temps et l\u2019espace se d\u00e9voiler.\u00bb\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>Cette proximit\u00e9 est sans doute\u00a0la trace\u00a0d\u2019une amiti\u00e9 profonde, et l\u2019on sent que ce film-portrait est d\u2019abord un portrait d\u2019ami, empreint d\u2019humour, de tendresse, parfois de m\u00e9lancolie. Est-ce aussi le portrait d\u2019un cin\u00e9aste?\u00a0<\/p>\n<p>\u00abOn peut le consid\u00e9rer ainsi\u202f, dit Dutta. Son \u0153uvre rel\u00e8ve d\u2019une discipline, une attention, un engagement soutenu dans l\u2019acte de filmer.\u00bb\u00a0Car Fischer a tourn\u00e9 toute sa vie, dans une perspective ethnographique, et\u00a0ces images\u00a0ont beaucoup compt\u00e9 pour lui: il affirme avoir accept\u00e9 de r\u00e9duire son salaire pour pouvoir conserver son ind\u00e9pendance, en partant quand il le souhaitait \u00e0 l\u2019\u00e9tranger pour\u00a0aller \u00e0 la rencontre des artisans traditionnels de l\u2019Inde.<\/p>\n<p>    <img src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Padmashri-Foto.jpg\" width=\"898\" height=\"1347\" alt=\"Pratibha Devisingh Patil remet le prix Padma Shri \u00e0 Eberhard Fischer\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" fetchpriority=\"auto\"\/><\/p>\n<p>                Pratibha Devisingh Patil, alors pr\u00e9sidente de l\u2019Inde, remet \u00e0 Eberhard Fischer le Padma Shri Award \u00e0 New Delhi en 2012. Il s\u2019agit de la quatri\u00e8me plus haute distinction civile de l\u2019Inde.            <\/p>\n<p>            Courtesy of Eberhard Fischer        <\/p>\n<p>L\u2019un vu par l\u2019autre<\/p>\n<p>Dutta d\u00e9crit les films d\u2019Eberhard et Barbara comme \u00abnaissant d\u2019une impulsion strictement documentaire. Ils s\u2019attachent pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 ce qui est enregistr\u00e9,\u00a0tiennent \u00e0 \u00eatre pr\u00e9cis, \u00e0 documenter leur\u00a0sujet avec fid\u00e9lit\u00e9 et intelligence. Mon approche est plus subjective, j\u2019essaye de laisser le processus ob\u00e9ir \u00e0 des impulsions plus inconscientes.\u00bb\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>Ce que l\u2019on sent chez Fischer, et que Dutta admire tant, c\u2019est ce s\u00e9rieux, ce d\u00e9vouement profond\u00a0\u00e0 une connaissance pr\u00e9cise et nuanc\u00e9e de cet art que l\u2019on r\u00e9sume trop facilement, en Occident, aux\u00a0\u00abarts premiers\u00bb, mettant dans le m\u00eame sac des artistes de lieux et de temps diff\u00e9rents\u202f: la pr\u00e9cision de Fischer, comme historien de l\u2019art et comme ethnographe, est un geste de profond respect\u00a0vis-\u00e0-vis\u00a0de\u00a0ce qu\u2019il faut bien consid\u00e9rer comme un enjeu profond\u00a0pour les\u00a0institutions culturelles\u00a0aujourd\u2019hui, celui de l\u2019h\u00e9ritage colonial.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>    <img src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Eberhard-Fischer1.jpg\" width=\"3456\" height=\"1933\" alt=\"Eberhard Fischer assis \u00e0 la typographie\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" fetchpriority=\"auto\"\/><\/p>\n<p>                Une image du film \u00abEberhard as Seen by Amit\u00bb.            <\/p>\n<p>            Amit Dutta        <\/p>\n<p>\u00abSon travail refl\u00e8te une volont\u00e9 constante de comprendre, de pr\u00e9server et de pr\u00e9senter ces traditions avec tout le s\u00e9rieux, toute la bonne volont\u00e9 et\u00a0tout\u00a0le sens moral possible. C\u2019est une des raisons pour lesquelles j\u2019ai collabor\u00e9 avec lui toutes ces ann\u00e9es\u00bb, affirme ainsi le cin\u00e9aste.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>Le passage du travail \u00e0 l\u2019amiti\u00e9,\u00a0l\u2019affinit\u00e9 de deux personnalit\u00e9s, l\u2019apprentissage mutuel,\u00a0voil\u00e0 ce que raconte ce film simple, au titre si direct\u202f: plus les titres honorifiques, plus les noms de famille, seulement les pr\u00e9noms, et l\u2019un vu par l\u2019autre.\u00a0<\/p>\n<p>Alors que le projet\u00a0de\u00a0Nainsukh\u00a0se concr\u00e9tisait, Dutta \u00e9crit une sorte de profession de foi, cit\u00e9e par Fischer\u00a0lors de la projection, qui l\u2019a d\u00e9crit\u00a0comme\u00a0la base de leur collaboration et de leur amiti\u00e9. Elle\u00a0se termine par ces mots: \u00abC\u2019est par ses yeux que je suis parvenu \u00e0 voir mon patrimoine avec une clart\u00e9 et une profondeur que je n\u2019imaginais pas.\u00bb\u00a0<\/p>\n<p>Texte relu et v\u00e9rifi\u00e9 par Virginie Mangin et Eduardo Simantob\/sj<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Des membres d\u2019une tribu Adivasi photographi\u00e9s en Inde, 1969. Eberhard Fischer En retra\u00e7ant le parcours\u00a0de\u00a0l\u2019ethnographe et\u00a0historien\u00a0de\u00a0l\u2019art\u00a0Eberhard\u00a0Fischer, figure majeure&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":105008,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[28900,6127,657,3949,8901,384,1915,113,112,20407,1312,658,23],"class_list":{"0":"post-105007","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-divertissement","8":"tag-anthropology","9":"tag-archaeology","10":"tag-article","11":"tag-beat-culture","12":"tag-beat-swiss-cinema","13":"tag-cinema","14":"tag-culture-general","15":"tag-divertissement","16":"tag-entertainment","17":"tag-library-and-museum","18":"tag-multi","19":"tag-production-type-external","20":"tag-suisse"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@ch_fr\/116470689563582534","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/105007","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=105007"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/105007\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/105008"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=105007"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=105007"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=105007"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}