{"id":109936,"date":"2026-04-29T15:29:08","date_gmt":"2026-04-29T15:29:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/109936\/"},"modified":"2026-04-29T15:29:08","modified_gmt":"2026-04-29T15:29:08","slug":"ce-mode-de-propulsion-sans-carburant-pourrait-diviser-par-5-000-le-temps-des-voyages-spatiaux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/109936\/","title":{"rendered":"ce mode de propulsion sans carburant pourrait diviser par 5 000 le temps des voyages spatiaux"},"content":{"rendered":"<p>Les fus\u00e9es qui nous ont propuls\u00e9s hors de l\u2019atmosph\u00e8re depuis l\u2019aube de la conqu\u00eate spatiale, m\u00eame les plus avanc\u00e9es comme le SLS (Space Launch System) du <a href=\"https:\/\/www.journaldugeek.com\/2026\/04\/27\/artemis-2-nasa-espace-science\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">programme Artemis<\/a> ou la Falcon Heavy de SpaceX, fonctionnent toutes selon le m\u00eame principe. Si on devait le r\u00e9sumer rapidement\u00a0: elles expulsent des gaz \u00e0 tr\u00e8s grande vitesse vers l\u2019arri\u00e8re pour d\u00e9coller. Un principe \u00e9prouv\u00e9, mais fondamentalement limit\u00e9 si l\u2019on souhaite un jour \u00e9tendre notre rayon d\u2019action. Actuellement, une fus\u00e9e emporte l\u2019essentiel de sa masse sous forme d\u2019ergol, un m\u00e9lange de son carburant (k\u00e9ros\u00e8ne, hydrog\u00e8ne liquide, m\u00e9thane) et de son comburant (oxyg\u00e8ne liquide). Dans le cas de certains lanceurs, cette masse atteint 85-90\u00a0% comme Saturn V ou <a href=\"https:\/\/www.journaldugeek.com\/2025\/11\/05\/ariane-6-fusee-europenne-spacex-setninel-1d\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Ariane 6<\/a>, qu\u2019ils br\u00fblent en quelques minutes pour atteindre l\u2019orbite. Le reste du voyage se fait essentiellement sur l\u2019inertie acquise lors de cette phase critique et gr\u00e2ce aux corrections de trajectoires.<\/p>\n<p>C\u2019est amplement suffisant pour atteindre la Lune ou Mars, mais au-del\u00e0 du Syst\u00e8me solaire, les distances deviennent si vastes que la propulsion chimique est bien trop gourmande en mati\u00e8re par rapport \u00e0 son rendement \u00e9nerg\u00e9tique. Imaginons qu\u2019un jour, dans un futur lointain, nous souhaitons atteindre le syst\u00e8me stellaire le plus proche de la Terre\u00a0: Alpha Centauri. Situ\u00e9 \u00e0 4,37 ann\u00e9es lumi\u00e8re, il nous faudrait plusieurs milliers d\u2019ann\u00e9es de voyages pour y parvenir. Un d\u00e9lai absurde, qui a men\u00e9 Shoufeng Lan, directeur du Lab for Advanced Nanophotonics \u00e0 Texas A&amp;M et son \u00e9quipe, \u00e0 travailler sur un nouveau mode de propulsion, reposant exclusivement sur l\u2019\u00e9nergie lumineuse. Leurs travaux ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s le 30 mars 2026, dans <a href=\"https:\/\/www.cell.com\/newton\/fulltext\/S2950-6360(26)00073-3?_returnURL=https%3A%2F%2Flinkinghub.elsevier.com%2Fretrieve%2Fpii%2FS2950636026000733%3Fshowall%3Dtrue\" target=\"_blank\" rel=\"false noopener nofollow\">la revue Newton<\/a>.<\/p>\n<p> La lumi\u00e8re comme propulsion\u00a0: fantasme de SF ou r\u00e9alit\u00e9\u00a0? <\/p>\n<p>S\u2019il existe d\u00e9j\u00e0 des alternatives \u00e0 la propulsion chimique (voiles solaires, moteurs ioniques ou propulseurs \u00e0 plasma), leur tr\u00e8s faible pouss\u00e9e les rend encore inadapt\u00e9es pour assurer la phase de d\u00e9collage depuis la surface terrestre. C\u2019est pourquoi la lumi\u00e8re est, dans ce contexte, tr\u00e8s int\u00e9ressante \u00e0 \u00e9tudier\u00a0: elle permet de g\u00e9n\u00e9rer une pouss\u00e9e \u00e0 partir de la pression exerc\u00e9e par les photons, en transf\u00e9rant leur quantit\u00e9 de mouvement au v\u00e9hicule.<\/p>\n<p>C\u2019est exactement comme \u00e7a que fonctionne le mode de propulsion imagin\u00e9 par Shoufeng Lan. Quand un photon frappe une surface et rebondit, il lui transf\u00e8re sa variation de quantit\u00e9 de mouvement. La force r\u00e9sultante est infime \u00e0 l\u2019\u00e9chelle d\u2019un photon isol\u00e9, mais sous un laser continu, elle se cumule, et la pouss\u00e9e est renforc\u00e9e. Son avantage sur tous les autres propulseurs\u00a0: l\u2019\u00e9nergie reste \u00e0 la source. Aucune masse n\u2019est embarqu\u00e9e et aucun ergol n\u2019est consomm\u00e9.<\/p>\n<p>La difficult\u00e9 que la propulsion optique n\u2019avait jamais r\u00e9ussi \u00e0 surmonter, c\u2019est le contr\u00f4le directionnel\u00a0: comment contr\u00f4ler la trajectoire d\u2019un objet dans les trois dimensions avec un faisceau qui, par nature, pousse dans une seule direction\u00a0?<\/p>\n<p>Ce qu\u2019a imagin\u00e9 Lan et son \u00e9quipe pour pallier ce probl\u00e8me , ce sont des \u00ab\u00a0m\u00e9tajets\u00a0\u00bb, des structures microm\u00e9triques qui tapisseraient la coque externe du vaisseau. Construits \u00e0 partir de m\u00e9tasurfaces, des mat\u00e9riaux ultraminces dont la surface est grav\u00e9e de motifs nanom\u00e9triques. Chacun d\u2019entre eux pourrait contr\u00f4ler la redistribution des photons incidents qui les frappent, en d\u00e9terminant leur angle, et, par cons\u00e9quent, la direction et l\u2019amplitude de la force exerc\u00e9e sur la structure. Selon la g\u00e9om\u00e9trie du motif, cette force peut ainsi pousser le vaisseau vers l\u2019avant, le d\u00e9placer lat\u00e9ralement, ou induire une rotation.<\/p>\n<p> Des chiffres qui donnent le vertige <\/p>\n<p>Selon les tests effectu\u00e9s par l\u2019\u00e9quipe, avec une propulsion photonique con\u00e7ue de cette mani\u00e8re, il ne nous faudrait plus qu\u2019une vingtaine d\u2019ann\u00e9es pour aller sur Alpha Centauri. Un vaisseau ou une fus\u00e9e se d\u00e9placerait donc \u00e0 une vitesse faramineuse de l\u2019ordre de 65\u00a0400 km\/s (20\u00a0% de la vitesse de la lumi\u00e8re).<\/p>\n<p>Attention n\u00e9anmoins\u00a0: ce sont des r\u00e9sultats exp\u00e9rimentaux, obtenus \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du micron, dans un petit bac de liquide, et non dans le vide spatial. La vingtaine d\u2019ann\u00e9es est une projection th\u00e9orique que les chercheurs assument, mais qui repose sur une condition que personne ne sait encore remplir\u00a0: disposer d\u2019une source laser suffisamment puissante pour propulser un engin r\u00e9el \u00e0 cette vitesse. L\u2019\u00e9quipe est actuellement en recherche de financement pour passer \u00e0 des tests plus ambitieux, en microgravit\u00e9.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est donc pas demain qu\u2019un vaisseau rejoindra Alpha Centauri \u00e0 une telle vitesse. Il suffit de regarder un peu dans le pass\u00e9, notamment avec le projet Breakthrough Starshot. Lanc\u00e9 en 2016, dot\u00e9 \u00e0 son d\u00e9part d\u2019un budget de 100 millions de dollars, patronn\u00e9 par Stephen Hawking et Yuri Milner, ce programme visait exactement le m\u00eame objectif avec le m\u00eame principe que Lan. Les financements se sont av\u00e9r\u00e9s insuffisants, et il n\u2019a jamais atteint l\u2019\u00e9tape de test en conditions spatiales r\u00e9elles. Milner estimait lui-m\u00eame qu\u2019il nous fallait attendre encore au moins 25 \u00e0 35 ans pour que nous puissions lancer r\u00e9ellement un v\u00e9hicule \u00e0 propulsion photonique. Et encore, cela concernera certainement de petites sondes de quelques grammes ; pour un vaisseau de plusieurs tonnes, nous parlons d\u2019un horizon technologique qui se compte en si\u00e8cles plut\u00f4t qu\u2019en d\u00e9cennies.<\/p>\n<p class=\"text-base text-neutral-700 dark:text-neutral-300\" style=\"color:grey;\">\ud83d\udfe3 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, <a href=\"https:\/\/profile.google.com\/cp\/CgwvZy8xejJ2N182c2MaHmh0dHBzOi8vd3d3LmpvdXJuYWxkdWdlZWsuY29tLw==?pf=6\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">suivez-nous sur Google<\/a> et sur notre canal <a href=\"https:\/\/whatsapp.com\/channel\/0029VaClM5y4tRry12tb7D2h\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">WhatsApp<\/a>. 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