{"id":113013,"date":"2026-05-01T17:45:16","date_gmt":"2026-05-01T17:45:16","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/113013\/"},"modified":"2026-05-01T17:45:16","modified_gmt":"2026-05-01T17:45:16","slug":"personne-ne-se-retrouve-volontairement-dans-la-rue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/113013\/","title":{"rendered":"Personne ne se retrouve volontairement dans la rue"},"content":{"rendered":"<p>La Suisse est un pays dot\u00e9 d&rsquo;un fort r\u00e9seau social. Toute personne en difficult\u00e9 doit pouvoir recevoir un soutien, par l&rsquo;aide sociale, des structures d&rsquo;h\u00e9bergement d&rsquo;urgence ou des centres de conseil. Malgr\u00e9 cela, quelque 2200 personnes vivent dans la rue.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La vie dans la rue, c&rsquo;est l&rsquo;horreur\u00a0\u00bb, t\u00e9moigne Sandro, 40 ans, au micro de SRF. Ce Lucernois a v\u00e9cu pr\u00e8s de 23 ans dans la rue. Apr\u00e8s son apprentissage de ma\u00e7on, il a sombr\u00e9 dans la drogue et s&rsquo;est retrouv\u00e9 sans abri.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, Sandro revient sur son ancien lieu de sommeil dans un parking souterrain. Le sans-abrisme cesse un instant d&rsquo;\u00eatre un concept abstrait pour prendre un visage et devenir un destin personnel. Dans un coin du parking, il dormait au milieu de tous ses biens, toujours attentif \u00e0 ce qu&rsquo;on ne lui vole rien pendant son sommeil.<\/p>\n<p>Contenu externe<\/p>\n<p> Ce contenu externe ne peut pas \u00eatre affich\u00e9 car il est susceptible de collecter des donn\u00e9es personnelles. Pour voir ce contenu vous devez autoriser la cat\u00e9gorie Services Tiers. <\/p>\n<p> Accepter Plus d&rsquo;info <\/p>\n<p>De l&rsquo;ext\u00e9rieur, de nombreuses situations de vie paraissent plus simples qu&rsquo;elles ne le sont. Quand on a un logement, un r\u00e9seau social, un emploi et des relations stables, on per\u00e7oit souvent cette s\u00e9curit\u00e9 comme allant de soi. Mais tous ne partent pas avec les m\u00eames conditions de d\u00e9part.<\/p>\n<p>Entre pr\u00e9jug\u00e9s et r\u00e9alit\u00e9<\/p>\n<p>Dans la rue, de nombreuses personnes ont des pr\u00e9jug\u00e9s \u00e0 l&rsquo;encontre des sans-abri. Il y a l&rsquo;aide sociale, des centres d&rsquo;h\u00e9bergement d&rsquo;urgence, des services de conseil, des logements accompagn\u00e9s. Celui qui vit malgr\u00e9 tout dans la rue l&rsquo;a au moins en partie choisi. Une visite au centre d&rsquo;h\u00e9bergement d&rsquo;urgence \u00ab\u00a0Schlafguet\u00a0\u00bb \u00e0 Olten montre que ce n&rsquo;est pas si simple.<\/p>\n<p class=\"q-text\">Ce n&rsquo;est pas comme si quelqu&rsquo;un disait simplement: je veux d\u00e9sormais vivre dans la rue<\/p>\n<p>  Diane Greiner, Chef d&rsquo;\u00e9quipe, refuge d&rsquo;urgence \u00ab\u00a0Schlafguet\u00a0\u00bb \u00e0 Olten <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Schlafguet\u00a0\u00bb est une association financ\u00e9e principalement par des dons ainsi que par des contributions de la Ville d&rsquo;Olten. Elle met \u00e0 disposition seize places de couchage, dont douze pour les hommes et quatre pour les femmes. Une nuit\u00e9e co\u00fbte dix francs pour les personnes disposant d&rsquo;un permis de s\u00e9jour suisse et quinze francs pour celles qui n&rsquo;en ont pas.<\/p>\n<p>Diana Greiner est responsable d&rsquo;\u00e9quipe au centre d&rsquo;h\u00e9bergement d&rsquo;urgence. Ag\u00e9e de 30 ans, elle est en contact avec des personnes sans abri depuis des ann\u00e9es et explique: \u00ab\u00a0Ce n&rsquo;est pas comme si quelqu&rsquo;un disait simplement: je veux d\u00e9sormais vivre dans la rue.\u00a0\u00bb Les raisons du sans-abrisme sont complexes.<\/p>\n<p>Des coups du sort peuvent conduire au sans-abrisme<\/p>\n<p>Saikou, 62 ans, dort r\u00e9guli\u00e8rement au centre d&rsquo;h\u00e9bergement d&rsquo;urgence d&rsquo;Olten, o\u00f9 il re\u00e7oit aussi un repas chaud le soir et un petit-d\u00e9jeuner. Apr\u00e8s une s\u00e9paration, il a perdu son logement, son emploi et vit depuis dans la rue. Selon lui, ne plus avoir de toit peut arriver tr\u00e8s rapidement. Un coup du sort suffit.<\/p>\n<p class=\"q-text\">Chaque syst\u00e8me a ses failles.<\/p>\n<p>  Diane Greiner, Chef d&rsquo;\u00e9quipe, refuge d&rsquo;urgence \u00ab\u00a0Schlafguet\u00a0\u00bb \u00e0 Olten <\/p>\n<p>Diana Greiner estime que la Suisse est dot\u00e9e d\u00a0\u00bbun syst\u00e8me social qui fonctionne\u00a0\u00bb mais que malgr\u00e9 cela, \u00ab\u00a0chaque syst\u00e8me a ses failles\u00a0\u00bb. Des failles qui se manifestent lorsque plusieurs probl\u00e8mes se conjuguent: maladies psychiques, addiction, pauvret\u00e9, absence de papiers d&rsquo;identit\u00e9 ou statut de s\u00e9jour pr\u00e9caire.<\/p>\n<p>Selon le chercheur en sciences sociales et enseignant \u00e0 la FHNW J\u00f6rg Dittmann, ces facteurs figurent pr\u00e9cis\u00e9ment parmi les raisons les plus fr\u00e9quentes du sans-abrisme en Suisse.<\/p>\n<p>L&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;aide n&rsquo;est pas toujours simple non plus: une personne sans adresse fixe peut avoir des difficult\u00e9s \u00e0 demander des prestations sociales. Celui qui souffre psychologiquement peut ne pas parvenir \u00e0 se frayer un chemin dans les processus bureaucratiques. Et celui qui a des dettes trouve difficilement un nouveau logement.<\/p>\n<p>Sortir du sans-abrisme<\/p>\n<p>D&rsquo;apr\u00e8s une enqu\u00eate, l&rsquo;image romantique de la personne qui vit dans la rue parce qu&rsquo;elle souhaite \u00eatre libre \u00ab\u00a0n&rsquo;existe pour ainsi dire pas du tout\u00a0\u00bb dans la r\u00e9alit\u00e9, explique J\u00f6rg Dittmann. Plus de 95% des personnes sans abri interrog\u00e9es ont d\u00e9clar\u00e9 qu&rsquo;elles retourneraient imm\u00e9diatement dans un logement si elles le pouvaient.<\/p>\n<p> &gt;&gt; Ecouter le podcast du Point J sur les sans-abri\u00a0:    Qui sont les personnes sans-abri? \/ Le Point J \/ 14 min. \/ le 12 janvier 2026 <\/p>\n<p>Mais celui qui vit une fois dans la rue en ressort difficilement. Cela ne tient pas seulement aux situations personnelles, mais aussi au march\u00e9 du logement. \u00ab\u00a0Sortir du sans-abrisme signifie revenir sur le march\u00e9 du logement\u00a0\u00bb, explique J\u00f6rg Dittmann. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 que cela devient de plus en plus difficile pour les personnes touch\u00e9es par la pauvret\u00e9: les logements abordables sont rares et, dans les villes, on trouve de moins en moins de logements bon march\u00e9.<\/p>\n<p>Sandro en a aussi fait l&rsquo;exp\u00e9rience. Pendant son s\u00e9jour dans la rue, il a essay\u00e9 de trouver un logement lui-m\u00eame, mais sans succ\u00e8s. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;apr\u00e8s une longue p\u00e9riode d&rsquo;attente qu&rsquo;il a obtenu une place dans un logement accompagn\u00e9. Depuis que Sandro habite dans son petit studio, tout a chang\u00e9: \u00ab\u00a0Rien que d&rsquo;avoir des v\u00eatements propres. Dans la rue, on n&rsquo;a pas le temps de laver ses habits.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le logement comme protection<\/p>\n<p>Le logement est pour lui plus qu&rsquo;un toit. Il signifie aussi protection, dignit\u00e9 et structure. Car celui qui vit dans la rue ne perd pas seulement la s\u00e9curit\u00e9, mais bien souvent la sant\u00e9 \u00e9galement. Le chercheur en sciences sociales parle de charges physiques et psychiques. Solitude, d\u00e9pressions, ins\u00e9curit\u00e9 permanente et d\u00e9valorisation sociale aggravent encore la situation.<\/p>\n<p>La conclusion est sans \u00e9quivoque: tr\u00e8s rares sont ceux qui choisissent volontairement une vie dans la rue. Ce qui ressemble \u00e0 un choix est le plus souvent le r\u00e9sultat d&rsquo;un encha\u00eenement de crises, d&rsquo;un manque de stabilit\u00e9 et d&rsquo;obstacles syst\u00e9miques. Autrement dit: la Suisse dispose d&rsquo;un filet social. Mais il n&rsquo;est pas suffisamment serr\u00e9 et certaines personnes passent au travers.<\/p>\n<p class=\"sources\">Mich\u00e8le R\u00fcedi (SRF)\/ain<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La Suisse est un pays dot\u00e9 d&rsquo;un fort r\u00e9seau social. 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