{"id":120680,"date":"2026-05-07T05:15:14","date_gmt":"2026-05-07T05:15:14","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/120680\/"},"modified":"2026-05-07T05:15:14","modified_gmt":"2026-05-07T05:15:14","slug":"un-complement-anti-age-populaire-pourrait-gravement-compromettre-lefficacite-de-la-chimiotherapie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/120680\/","title":{"rendered":"un compl\u00e9ment anti-\u00e2ge populaire pourrait gravement compromettre l&rsquo;efficacit\u00e9 de la chimioth\u00e9rapie"},"content":{"rendered":"<p>Une \u00e9tude publi\u00e9e fin avril 2026 dans la revue scientifique\u00a0Cancer Letters\u00a0lance un signal d\u2019alerte qui m\u00e9rite d\u2019\u00eatre pris au s\u00e9rieux. Selon les travaux conduits par l\u2019\u00e9quipe du Dr Jordan Winter, professeur \u00e0 la Case Western Reserve University School of Medicine, plusieurs compl\u00e9ments alimentaires anti-\u00e2ge \u00e0 base de vitamine B3, particuli\u00e8rement populaires depuis quelques ann\u00e9es, pourraient nuire gravement \u00e0 l\u2019efficacit\u00e9 de la chimioth\u00e9rapie chez les patients atteints d\u2019un cancer du pancr\u00e9as.<\/p>\n<p>Une vitamine pr\u00e9sent\u00e9e comme miraculeuse<\/p>\n<p>Le march\u00e9 des compl\u00e9ments \u00e0 base de vitamine B3 et de ses d\u00e9riv\u00e9s explose depuis le milieu des ann\u00e9es 2020, port\u00e9 par les promesses anti-\u00e2ge d\u2019une industrie florissante. Trois mol\u00e9cules dominent ce segment : la nicotinamide mononucl\u00e9otide (NMN), la nicotinamide riboside (NR) et la nicotinamide (NAM). Toutes ont en commun de stimuler la production de NAD (nicotinamide ad\u00e9nine dinucl\u00e9otide), une mol\u00e9cule pr\u00e9sente dans toutes les cellules de l\u2019organisme et qui joue un r\u00f4le central dans la production d\u2019\u00e9nergie, la r\u00e9paration de l\u2019ADN et la gestion du stress cellulaire.<\/p>\n<p>Les producteurs de ces compl\u00e9ments mettent en avant leurs effets suppos\u00e9s sur la long\u00e9vit\u00e9, le tonus, la concentration et la sant\u00e9 globale. Des millions d\u2019Am\u00e9ricains et un nombre croissant d\u2019Europ\u00e9ens, y compris en France, en consomment quotidiennement, parfois sur la recommandation de naturopathes ou de m\u00e9decins de la mouvance \u00ab anti-\u00e2ge \u00bb. Les prix de vente, souvent \u00e9lev\u00e9s, ne semblent pas freiner cette consommation.<\/p>\n<p>Une protection impr\u00e9vue offerte aux cellules canc\u00e9reuses<\/p>\n<p>Le m\u00e9canisme mis en \u00e9vidence par l\u2019\u00e9tude est aussi simple que troublant. Les cellules canc\u00e9reuses du pancr\u00e9as, comme toutes les cellules de l\u2019organisme, ont besoin de NAD pour fonctionner. La chimioth\u00e9rapie agit pr\u00e9cis\u00e9ment en endommageant l\u2019ADN de ces cellules et en cr\u00e9ant un stress oxydatif toxique pour elles. Or les processus de r\u00e9paration cellulaire et de gestion du stress oxydatif consomment du NAD. En d\u2019autres termes, plus une cellule canc\u00e9reuse dispose de NAD, mieux elle r\u00e9siste \u00e0 la chimioth\u00e9rapie.<\/p>\n<p>\n        Publicit\u00e9<\/p>\n<p>Les exp\u00e9riences en laboratoire men\u00e9es par l\u2019\u00e9quipe de Case Western montrent que la NMN rend les cellules canc\u00e9reuses pancr\u00e9atiques entre trois et sept fois plus r\u00e9sistantes aux m\u00e9dicaments de chimioth\u00e9rapie de r\u00e9f\u00e9rence \u2014 gemcitabine, oxaliplatine et 5-fluorouracil \u2014 couramment utilis\u00e9s contre les cancers pancr\u00e9atiques et des voies biliaires avanc\u00e9s. La NMN s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e la plus probl\u00e9matique des trois mol\u00e9cules test\u00e9es ; la NR a montr\u00e9 un effet protecteur mod\u00e9r\u00e9 sur les tumeurs ; la NAM a eu peu d\u2019impact dans les exp\u00e9riences cellulaires, mais a acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 la croissance tumorale dans les mod\u00e8les animaux.<\/p>\n<p>Des r\u00e9sultats confirm\u00e9s sur l\u2019animal<\/p>\n<p>L\u2019effet ne se limite pas aux cellules en bo\u00eete de P\u00e9tri. Sur des mod\u00e8les murins de cancer pancr\u00e9atique, les souris ayant re\u00e7u de la NMN ou de la NAM ont d\u00e9velopp\u00e9 des tumeurs \u00e0 croissance plus rapide et nettement plus r\u00e9sistantes \u00e0 la chimioth\u00e9rapie. L\u2019effet de r\u00e9duction tumorale habituellement obtenu par chimioth\u00e9rapie, qui se situe en moyenne entre 60 % et 70 %, s\u2019est effondr\u00e9 \u00e0 seulement 20 % \u00e0 30 % chez les souris suppl\u00e9ment\u00e9es en NMN. Et ce r\u00e9sultat a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 \u00e0 des doses correspondant \u00e0 une consommation humaine standard de compl\u00e9ment alimentaire, et non \u00e0 des doses massives exp\u00e9rimentales.<\/p>\n<p>L\u2019enjeu n\u2019est pas mince. Le cancer du pancr\u00e9as est l\u2019un des plus redoutables qui soient. Le taux de survie \u00e0 cinq ans plafonne aujourd\u2019hui \u00e0 environ 13 %, faisant de cette pathologie l\u2019un des cancers les plus l\u00e9taux. Tout facteur qui r\u00e9duit l\u2019efficacit\u00e9 de la chimioth\u00e9rapie, d\u00e9j\u00e0 limit\u00e9e, peut faire basculer le pronostic vital d\u2019un patient.<\/p>\n<p>Pourquoi les tumeurs pancr\u00e9atiques sont particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables \u00e0 cet effet<\/p>\n<p>Les cancers du pancr\u00e9as se d\u00e9veloppent dans des zones pauvres en oxyg\u00e8ne et en nutriments, conditions qui tueraient la plupart des cellules normales. Pour survivre dans ce milieu hostile, les cellules canc\u00e9reuses pancr\u00e9atiques s\u2019appuient massivement sur leurs syst\u00e8mes internes de soutien m\u00e9tabolique, dont les voies d\u00e9pendantes du NAD. Ce qui fait du pancr\u00e9as une cible particuli\u00e8rement sensible aux compl\u00e9ments boostant le NAD : ce qui aide une cellule saine \u00e0 mieux supporter le stress du vieillissement peut, dans cet environnement tumoral sp\u00e9cifique, donner aux cellules canc\u00e9reuses un avantage d\u00e9cisif.<\/p>\n<p>Le Dr Winter le r\u00e9sume sans d\u00e9tour : la chimioth\u00e9rapie et la radioth\u00e9rapie sont con\u00e7ues pour endommager les cellules canc\u00e9reuses par stress oxydatif, et tout ce qui aide ces cellules \u00e0 r\u00e9parer ces dommages ou \u00e0 r\u00e9duire ce stress peut potentiellement compromettre le traitement.<\/p>\n<p>Des effets contradictoires selon les types de cancer<\/p>\n<p>Une nuance importante m\u00e9rite d\u2019\u00eatre pos\u00e9e. Les effets des compl\u00e9ments boostant le NAD ne sont pas uniformes selon les types de cancer. Plusieurs \u00e9tudes ant\u00e9rieures portant sur les cancers du col de l\u2019ut\u00e9rus, du sein, du foie ou du poumon ont, \u00e0 l\u2019inverse, montr\u00e9 que la NAM pouvait dans certains cas am\u00e9liorer l\u2019efficacit\u00e9 de la chimioth\u00e9rapie. La diff\u00e9rence d\u2019effet tient probablement \u00e0 la nature sp\u00e9cifique de chaque tumeur, \u00e0 son m\u00e9tabolisme \u00e9nerg\u00e9tique, et au dosage du compl\u00e9ment.<\/p>\n<p>Un ph\u00e9nom\u00e8ne similaire a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 document\u00e9 avec les antioxydants classiques que sont les vitamines C et E. Plusieurs travaux ont paradoxalement montr\u00e9 que ces vitamines, prises en compl\u00e9ment pendant un traitement contre le cancer, pouvaient r\u00e9duire les effets secondaires de la chimioth\u00e9rapie tout en favorisant la croissance tumorale. La fronti\u00e8re entre la \u00ab protection cellulaire \u00bb b\u00e9n\u00e9fique et la \u00ab protection des cellules canc\u00e9reuses \u00bb n\u00e9faste est nettement plus mince qu\u2019on ne le suppose dans la culture grand public des compl\u00e9ments alimentaires.<\/p>\n<p>Un message simple pour les patients en cours de traitement<\/p>\n<p>Les auteurs de l\u2019\u00e9tude n\u2019appellent pas \u00e0 un retrait g\u00e9n\u00e9ral de ces compl\u00e9ments du march\u00e9. Pour une personne en bonne sant\u00e9, rien dans ces travaux ne sugg\u00e8re un effet d\u00e9l\u00e9t\u00e8re. Mais pour les patients atteints d\u2019un cancer du pancr\u00e9as, ou plus largement engag\u00e9s dans un protocole de chimioth\u00e9rapie, l\u2019avertissement est explicite : la prise de NMN, NR ou NAM doit imp\u00e9rativement \u00eatre discut\u00e9e avec l\u2019oncologue traitant, au m\u00eame titre que tout autre m\u00e9dicament ou compl\u00e9ment.<\/p>\n<p>Le paradoxe est cruel. Certains patients atteints d\u2019un cancer prennent pr\u00e9cis\u00e9ment ces compl\u00e9ments pour mieux supporter les effets secondaires de la chimioth\u00e9rapie \u2014 fatigue, naus\u00e9es, faiblesse \u2014 alors qu\u2019ils risquent dans le m\u00eame temps de r\u00e9duire l\u2019efficacit\u00e9 du traitement. Une d\u00e9marche d\u2019auto-m\u00e9dication motiv\u00e9e par la volont\u00e9 de mieux vivre la chimioth\u00e9rapie pourrait, paradoxalement, en r\u00e9duire les chances de succ\u00e8s.<\/p>\n<p>Une vigilance plus large n\u00e9cessaire<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tude souligne, en filigrane, un probl\u00e8me plus g\u00e9n\u00e9ral. Les compl\u00e9ments alimentaires sont vendus dans la plupart des pays occidentaux sans prescription, dans un cadre r\u00e9glementaire bien moins exigeant que celui des m\u00e9dicaments. Beaucoup de patients ne pensent pas \u00e0 les mentionner \u00e0 leur m\u00e9decin parce qu\u2019ils ne les consid\u00e8rent pas comme des \u00ab vrais m\u00e9dicaments \u00bb. Or, ces mol\u00e9cules ont une action biologique r\u00e9elle, parfois puissante, et peuvent interagir avec les traitements en cours.<\/p>\n<p>Les chercheurs de Case Western recommandent un d\u00e9pistage syst\u00e9matique de la consommation de compl\u00e9ments alimentaires chez les patients atteints de cancer, ainsi qu\u2019une intensification des \u00e9tudes cliniques sur les interactions entre les boosters de NAD et les th\u00e9rapies anticanc\u00e9reuses. Pour les patients atteints d\u2019un cancer du pancr\u00e9as actuellement en traitement, le Dr Winter conseille d\u2019aborder le sujet sans d\u00e9lai avec leur oncologue.<\/p>\n<p>Les compl\u00e9ments anti-\u00e2ge ne sont pas des bonbons, leur prise n\u2019est pas anodine, et leur usage doit s\u2019inscrire dans une approche m\u00e9dicale inform\u00e9e \u2014 surtout en cas d\u2019ant\u00e9c\u00e9dents personnels ou familiaux de pathologies graves. Le marketing des laboratoires qui les commercialisent reste, jusqu\u2019\u00e0 preuve du contraire, \u00e0 interroger avec une certaine prudence.<\/p>\n<p>[cc] Article r\u00e9dig\u00e9 par la r\u00e9daction de breizh-info.com et relu et corrig\u00e9 (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.<\/p>\n<p>Breizh-info.com, 2026, d\u00e9p\u00eaches libres de copie et de diffusion sous r\u00e9serve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d\u2019origine.<\/p>\n<p>\n        Publicit\u00e9<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Une \u00e9tude publi\u00e9e fin avril 2026 dans la revue scientifique\u00a0Cancer Letters\u00a0lance un signal d\u2019alerte qui m\u00e9rite d\u2019\u00eatre pris&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":120681,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[32082,12655,32083,2540,32084,32085,21308,13924,30,32086,83,32087,6706,32088,32089,32090,1192,32091,84,23,32092],"class_list":{"0":"post-120680","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-sante","8":"tag-5-fluorouracil","9":"tag-anti-age","10":"tag-automedication","11":"tag-cancer-du-pancreas","12":"tag-cancer-letters","13":"tag-case-western-reserve-university","14":"tag-chimiotherapie","15":"tag-complements-alimentaires","16":"tag-france","17":"tag-gemcitabine","18":"tag-health","19":"tag-jordan-winter","20":"tag-longevite","21":"tag-nad","22":"tag-niacine","23":"tag-nmn","24":"tag-oncologie","25":"tag-oxaliplatine","26":"tag-sante","27":"tag-suisse","28":"tag-vitamine-b3"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@ch_fr\/116531594832890519","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/120680","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=120680"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/120680\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/120681"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=120680"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=120680"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=120680"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}