{"id":130911,"date":"2026-05-14T11:03:13","date_gmt":"2026-05-14T11:03:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/130911\/"},"modified":"2026-05-14T11:03:13","modified_gmt":"2026-05-14T11:03:13","slug":"biennale-venise-le-pavillon-suisse-interroge-le-vivre-ensemble-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/130911\/","title":{"rendered":"Biennale Venise: le Pavillon suisse interroge le vivre ensemble"},"content":{"rendered":"<p class=\"wysiwyg-h2\">Le Pavillon suisse \u00e0 la 61e Biennale Arte de Venise place au c\u0153ur de son exposition &lsquo;The Unfinished Business of Living Together&rsquo; la question de la coexistence dans une soci\u00e9t\u00e9 travers\u00e9e par les diff\u00e9rences. Il sera ouvert au public samedi.<\/p>\n<p>&lsquo;The Unfinished Business of Living Together&rsquo;, projet des commissaires Gianmaria Andreetta et Luca Beeler avec l\u2019artiste britannique Nina Wakeford, part d\u2019une question volontairement ouverte: &lsquo;Que signifie vivre ensemble lorsque la diff\u00e9rence devient quelque chose qu\u2019une soci\u00e9t\u00e9 doit organiser, admettre, contenir, exposer?&rsquo;, explique le curateur Gianmaria Andreetta \u00e0 Keystone-ATS, en amont de la conf\u00e9rence de presse tenue mercredi par Pro Helvetia \u00e0 Venise.<\/p>\n<p>Le projet s\u2019inspire de deux \u00e9missions de t\u00e9l\u00e9vision suisses, &lsquo;Telearena&rsquo; (1978) de la t\u00e9l\u00e9vision al\u00e9manique SRF et &lsquo;Agora&rsquo; (1984) de la RTS, consacr\u00e9es \u00e0 ce que l\u2019on appelait alors le &lsquo;probl\u00e8me de l\u2019homosexualit\u00e9&rsquo;. L\u2019enjeu est de comprendre &lsquo;comment une soci\u00e9t\u00e9 construit un probl\u00e8me public \u00e0 partir d\u2019un m\u00e9dium, la t\u00e9l\u00e9vision&rsquo;, \u00e0 un moment-cl\u00e9 pour la visibilit\u00e9 de l\u2019histoire queer en Suisse.<\/p>\n<p>Interroger le pr\u00e9sent<\/p>\n<p>L\u2019exposition ne d\u00e9livre pas de message univoque. &lsquo;Je me m\u00e9fie des expositions qui en ont un&rsquo;, affirme le curateur. Elle vise plut\u00f4t \u00e0 rendre visibles les tensions qui traversent la coexistence: &lsquo;Pour nous, vivre ensemble n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 un slogan ou un mot harmonieux. Au contraire, cela implique des frictions, une d\u00e9pendance r\u00e9ciproque, des compromis&rsquo;.<\/p>\n<p>Le public est ainsi invit\u00e9 non pas \u00e0 juger le pass\u00e9 avec sup\u00e9riorit\u00e9, mais \u00e0 interroger le pr\u00e9sent: &lsquo;La question est de savoir quel type de public nous sommes capables d\u2019\u00eatre aujourd\u2019hui&rsquo;.<\/p>\n<p>&lsquo;Telearena&rsquo; et &lsquo;Agora&rsquo; \u00e9taient des talk-shows en direct construits autour de sayn\u00e8tes th\u00e9\u00e2trales, explique Gianmaria Andreetta. &lsquo;Ces sc\u00e8nes jou\u00e9es servaient \u00e0 introduire le th\u00e8me &#8211; en l\u2019occurrence l\u2019homosexualit\u00e9 &#8211; et \u00e0 susciter, voire provoquer, le d\u00e9bat parmi le public en studio&rsquo;.<\/p>\n<p>Une archive toujours vivante<\/p>\n<p>&lsquo;Le projet est pleinement collectif: les \u0153uvres de Miriam Laura Leonardi, Lithic Alliance et Yul Tomatala, aux c\u00f4t\u00e9s de celles de Nina Wakeford, n\u2019accompagnent pas simplement l\u2019archive, elles introduisent d\u2019autres rythmes, d\u2019autres formes de langage et de m\u00e9moire&rsquo;, souligne Gianmaria Andreetta.<\/p>\n<p>Les artistes travaillent \u00e0 partir de proc\u00e9d\u00e9s similaires: reconstitutions, d\u00e9placements temporels, images imbriqu\u00e9es. &lsquo;Revenir sur ces images du pass\u00e9, c\u2019est \u00e9couter \u00e0 nouveau ce qu\u2019elles produisent encore aujourd\u2019hui, o\u00f9 elles vibrent, o\u00f9 elles d\u00e9rangent&rsquo;, pr\u00e9cise-t-il.<\/p>\n<p>Les mat\u00e9riaux t\u00e9l\u00e9visuels sont ainsi retravaill\u00e9s plut\u00f4t que simplement reproduits. Des extraits reviennent \u00e0 plusieurs reprises avec des significations diff\u00e9rentes, r\u00e9v\u00e9lant les m\u00e9canismes id\u00e9ologiques des programmes d\u2019origine.<\/p>\n<p>Une construction partag\u00e9e<\/p>\n<p>Le processus curatorial lui-m\u00eame refl\u00e8te le th\u00e8me de la coexistence. L\u2019exposition n\u2019est pas une simple pr\u00e9sentation collective, mais une construction partag\u00e9e et mouvante: &lsquo;Nous cherchions une grammaire commune&rsquo;, explique Gianmaria Andreetta, soulignant que les diff\u00e9rences entre artistes ont \u00e9t\u00e9 constitutives du projet.<\/p>\n<p>Parmi les inspirations, il cite la pianiste de jazz Ir\u00e8ne Schweizer (1941-2024), qui a sugg\u00e9r\u00e9 la possibilit\u00e9 &lsquo;d\u2019appara\u00eetre sans devoir imm\u00e9diatement se traduire dans un discours ordonn\u00e9&rsquo;.<\/p>\n<p>Le projet du Pavillon suisse entre en r\u00e9sonance avec le th\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral de la Biennale, &lsquo;In Minor Keys&rsquo;, imagin\u00e9 par la curatrice Koyo Kouoh (1967-2025). Gianmaria Andreetta \u00e9voque la &lsquo;tonalit\u00e9 mineure&rsquo;, faite &lsquo;d\u2019apparitions partielles, d\u2019h\u00e9sitations, de r\u00e9cits interrompus&rsquo;, qui caract\u00e9rise les archives queer.<\/p>\n<p>Une port\u00e9e critique<\/p>\n<p>Dans le contexte suisse contemporain, le projet rev\u00eat une dimension critique. &lsquo;La Suisse aime se penser \u00e0 travers des images de consensus, de neutralit\u00e9 et de stabilit\u00e9&rsquo;, observe Gianmaria Andreetta, mais ces r\u00e9cits masquent une r\u00e9alit\u00e9 plus complexe. La coexistence peut se comprendre comme &lsquo;un outil politique&rsquo;, oscillant &lsquo;entre reconnaissance et contr\u00f4le, inclusion et normalisation&rsquo;.<\/p>\n<p>La dimension linguistique joue \u00e9galement un r\u00f4le central: &lsquo;Dans une exposition qui parle de visibilit\u00e9 et d\u2019espace public, la langue est politique&rsquo;, souligne-t-il.<\/p>\n<p>Enfin, le parcours personnel de Gianmaria Andreetta, n\u00e9 \u00e0 Lugano et install\u00e9 \u00e0 Berlin, influence son regard. Il d\u00e9crit le Tessin comme &lsquo;une position de seuil&rsquo;, propice \u00e0 une perspective critique. &lsquo;Ce qui m\u2019int\u00e9resse, c\u2019est ce qui se situe entre les centres, entre les langues&rsquo;.<\/p>\n<p>Comme l\u2019indique le titre, l\u2019exposition ne propose pas de r\u00e9ponse d\u00e9finitive. &lsquo;Vivre ensemble est inachev\u00e9, et peut-\u00eatre doit-il le rester pour \u00eatre pris au s\u00e9rieux&rsquo;, conclut Gianmaria Andreetta.<\/p>\n<p> \/ATS<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Le Pavillon suisse \u00e0 la 61e Biennale Arte de Venise place au c\u0153ur de son exposition &lsquo;The Unfinished&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":130912,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[121,124,128,119,113,112,122,123,118,136,132,131,133,130,135,120,126,117,125,114,115,116,23,129,127,134],"class_list":{"0":"post-130911","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-divertissement","8":"tag-ajoie","9":"tag-animation","10":"tag-bienne","11":"tag-delemont","12":"tag-divertissement","13":"tag-entertainment","14":"tag-franches-montagnes","15":"tag-frequence","16":"tag-jura","17":"tag-jura-bernois","18":"tag-la-chaux-de-fonds","19":"tag-moutier","20":"tag-neuchatel","21":"tag-neuveville","22":"tag-payerne","23":"tag-porrentruy","24":"tag-publicite","25":"tag-radio","26":"tag-redaction","27":"tag-rfj","28":"tag-rjb","29":"tag-rtn","30":"tag-suisse","31":"tag-tavannes","32":"tag-vallon-de-st-imier","33":"tag-yverdon"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@ch_fr\/116572599506467804","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/130911","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=130911"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/130911\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/130912"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=130911"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=130911"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=130911"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}