{"id":134633,"date":"2026-05-17T07:32:05","date_gmt":"2026-05-17T07:32:05","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/134633\/"},"modified":"2026-05-17T07:32:05","modified_gmt":"2026-05-17T07:32:05","slug":"a-la-biennale-dart-de-venise-la-suisse-sinterroge-sur-le-vivre-ensemble","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/134633\/","title":{"rendered":"\u00c0 la Biennale d&rsquo;art de Venise, la Suisse s&rsquo;interroge sur le vivre ensemble"},"content":{"rendered":"<p>    <img src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/710315297_highres.jpg\" width=\"1300\" height=\"867\" alt=\"une vitre color\u00e9e\" loading=\"eager\" decoding=\"sync\" fetchpriority=\"high\"\/><\/p>\n<p>                Entr\u00e9e du Pavillon suisse \u00e0 la Biennale de Venise 2026.            <\/p>\n<p>            Keystone \/ Christian Beutler        <\/p>\n<p>        \u00c0 l&rsquo;occasion de la 61e Exposition internationale d&rsquo;art de la Biennale de Venise, pr\u00e9vue du 9 mai au 22 novembre 2026, la Suisse choisit de remettre en question l&rsquo;un de ses mythes fondateurs: la cohabitation.\n<\/p>\n<p>        Ce contenu a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 sur    <\/p>\n<p>        17 mai 2026 &#8211; 09:00\n<\/p>\n<p>Le pavillon suisse se distingue avec le projet <a href=\"https:\/\/prohelvetia.ch\/en\/whats-on\/the-swiss-pavilion-exhibition-at-venice-art-biennale-2026\/\" id=\"https:\/\/prohelvetia.ch\/en\/whats-on\/the-swiss-pavilion-exhibition-at-venice-art-biennale-2026\/\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">\u00abThe Unfinished Business of Living Together\u00bbLien externe<\/a> (en fran\u00e7ais, les travaux inachev\u00e9s de la vie en communaut\u00e9), une exploration critique des dynamiques de la cohabitation et des tensions qui traversent une soci\u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par les diff\u00e9rences. Dans un pays qui se d\u00e9finit souvent comme une \u00abWillensnation\u00bb \u2013 une nation qui existe gr\u00e2ce \u00e0 la volont\u00e9 de vivre ensemble \u2013, ce th\u00e8me rev\u00eat une signification particuli\u00e8re.<\/p>\n<p>Comme le sugg\u00e8re le titre lui-m\u00eame, l\u2019exposition n\u2019offre pas de solutions toutes faites: \u00abVivre ensemble est une entreprise inachev\u00e9e, et peut-\u00eatre doit-elle le rester pour \u00eatre prise au s\u00e9rieux\u00bb, explique Gianmaria Andreetta, l\u2019un des commissaires de la pr\u00e9sence helv\u00e9tique, devant les journalistes r\u00e9unis au Pavillon suisse.<\/p>\n<p>C\u2019est une affirmation qui donne le ton \u00e0 l\u2019ensemble du projet. Ici, la cohabitation n\u2019est pas une valeur rassurante, mais un terrain marqu\u00e9 par des frictions, des tensions et des n\u00e9gociations constantes.<\/p>\n<p>                Concours            <\/p>\n<p>Pour la premi\u00e8re fois dans l\u2019histoire de la participation suisse \u00e0 l\u2019exposition, la contribution nationale a \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9e \u00e0 l\u2019issue d\u2019un concours ouvert, qui a re\u00e7u pas moins de 140 candidatures. Le choix du jury, pr\u00e9sid\u00e9 par le directeur de Pro Helvetia Philippe Bischof, s\u2019est port\u00e9 sur un collectif interg\u00e9n\u00e9rationnel et multilingue, compos\u00e9 des commissaires Gianmaria Andreetta et Luca Beeler, de l\u2019artiste britannique Nina Wakeford et des artistes suisses ou bas\u00e9s en Suisse Miriam Laura Leonardi, Lithic Alliance et Yul Tomatala.<\/p>\n<p>Les images du pass\u00e9 pour comprendre le pr\u00e9sent<\/p>\n<p>Au c\u0153ur du projet v\u00e9nitien se trouvent des images t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es du pass\u00e9. Deux \u00e9missions suisses \u2013 Telearena (SRF, 1978) et Agora (RTS, 1984) \u2013 deviennent le point de d\u00e9part d\u2019une r\u00e9flexion qui traverse le temps.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9poque, ces \u00e9missions abordaient, en direct et de mani\u00e8re novatrice, divers th\u00e8mes, dont ce qu\u2019on appelait alors le \u00abprobl\u00e8me de l\u2019homosexualit\u00e9\u00bb. Il ne s\u2019agissait pas de simples talk-shows: elles s\u2019articulaient autour de courtes sayn\u00e8tes th\u00e9\u00e2trales qui mettaient en sc\u00e8ne des situations quotidiennes afin de susciter le d\u00e9bat parmi le public pr\u00e9sent en studio.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, ces images sont reprises, d\u00e9construites, r\u00e9activ\u00e9es. Non par nostalgie, mais pour comprendre comment na\u00eet un \u00abprobl\u00e8me public\u00bb. \u00abQue signifie vivre ensemble lorsque la diff\u00e9rence devient quelque chose qu\u2019une soci\u00e9t\u00e9 doit organiser, admettre, contenir, exposer?\u00bb, questionne encore Gianmaria Andreetta.<\/p>\n<p>La question s\u2019adresse \u00e0 ceux qui regardent plus qu\u2019au pass\u00e9. \u00c0 la Biennale, le public est invit\u00e9 \u00e0 s\u2019interroger: quel type de public sommes-nous capables d\u2019\u00eatre aujourd\u2019hui?<\/p>\n<p>    <img src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/710315506_highres.jpg\" width=\"1300\" height=\"867\" alt=\"Une salle du Pavillon mise en sc\u00e8ne par l'artiste Nina Wakeford.\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" fetchpriority=\"auto\"\/><\/p>\n<p>                Une salle du Pavillon mise en sc\u00e8ne par l\u2019artiste Nina Wakeford.            <\/p>\n<p>            Keystone \/ Christian Beutler        <\/p>\n<p>Une archive au long cours<\/p>\n<p>L\u2019approche du Pavillon suisse vis-\u00e0-vis du mat\u00e9riel d\u2019archive est innovante. Le projet est collectif au sens plein du terme: les \u0153uvres de Nina Wakeford, Miriam Laura Leonardi, Lithic Alliance et Yul Tomatala ne se contentent pas d\u2019accompagner l\u2019archive, elles introduisent d\u2019autres rythmes, d\u2019autres corps, d\u2019autres formes de langage et de m\u00e9moire. Parall\u00e8lement aux deux \u00e9missions de t\u00e9l\u00e9vision suisses, explique Gianmaria Andreetta, \u00ables \u0153uvres des artistes s\u2019appuient sur des d\u00e9calages similaires: prises de vue th\u00e9\u00e2trales, transformations, sauts temporels, reconstitutions, images dans d\u2019autres images\u00bb.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 ces techniques, les archives t\u00e9l\u00e9visuelles sont r\u00e9activ\u00e9es et \u00abinterrompues\u00bb, r\u00e9v\u00e9lant ainsi leurs m\u00e9canismes id\u00e9ologiques et leurs r\u00e9sonances contemporaines. L\u2019exposition mise sur l\u2019insistance, et non sur la repr\u00e9sentation. En ce sens, les archives ne rel\u00e8vent pas du pass\u00e9. Elles constituent quelque chose qui continue d\u2019agir, de vibrer dans le pr\u00e9sent.<\/p>\n<p>Cette approche s\u2019inscrit parfaitement dans la motivation du jury de Pro Helvetia, qui a r\u00e9compens\u00e9 le projet pour sa capacit\u00e9 \u00e0 \u00abutiliser des archives m\u00e9diatiques comme point de d\u00e9part d\u2019une recherche artistique sur le pr\u00e9sent\u00bb, touchant ainsi \u00abun point sensible de notre \u00e9poque\u00bb.<\/p>\n<p>    <img src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/710315831_highres.jpg\" width=\"1300\" height=\"867\" alt=\"La salle principale du Pavillon suisse avec ses installations vid\u00e9o.\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" fetchpriority=\"auto\"\/><\/p>\n<p>                La salle principale du Pavillon suisse avec ses installations vid\u00e9o.            <\/p>\n<p>            Keystone \/ Christian Beutler        <\/p>\n<p>Travailler ensemble<\/p>\n<p>La mani\u00e8re dont le projet a \u00e9t\u00e9 construit refl\u00e8te \u00e9galement son contenu. Le collectif r\u00e9unit des artistes issus de diff\u00e9rentes r\u00e9gions linguistiques de Suisse et de contextes internationaux.<\/p>\n<p>\u00abUne exposition qui parle du vivre ensemble doit surmonter la difficult\u00e9 de travailler ensemble\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Gianmaria Andreetta lors de la conf\u00e9rence de presse. Les diff\u00e9rences ne sont pas gomm\u00e9es, mais deviennent partie int\u00e9grante du processus.<\/p>\n<p>Il en r\u00e9sulte une sorte de \u00abgrammaire commune\u00bb qui n\u2019efface pas les divergences, mais les maintient en tension.<\/p>\n<p>Convivenza come questione politicaLa cohabitation, une question politiqueConvivenza come questione politica<\/p>\n<p>Dans le contexte suisse contemporain, le projet \u00abThe Unfinished Business of Living Together\u00bb rev\u00eat une forte dimension critique. Il remet en question l\u2019image d\u2019un pays qui aime se pr\u00e9senter comme un mod\u00e8le de consensus, de neutralit\u00e9 et de stabilit\u00e9.<\/p>\n<p>    <img src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/710315426_highres.jpg\" width=\"1300\" height=\"867\" alt=\"La fen\u00eatre sur le mur \u00e9rig\u00e9 pour cette \u00e9dition de la Biennale, qui donne sur le jardin.\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" fetchpriority=\"auto\"\/><\/p>\n<p>                La fen\u00eatre sur le mur \u00e9rig\u00e9 pour cette \u00e9dition de la Biennale, qui donne sur le jardin.            <\/p>\n<p>            Keystone \/ Christian Beutler        <\/p>\n<p>Ici, en revanche, la cohabitation n\u2019est pas neutre: c\u2019est un syst\u00e8me qui organise les diff\u00e9rences, en d\u00e9terminant ce qui est accept\u00e9 et ce qui reste en marge.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, la dimension linguistique devient elle aussi un terrain de confrontation. \u00abDans une exposition qui traite de la visibilit\u00e9 et de l\u2019espace public, la langue est politique\u00bb, affirme Gianmaria Andreetta: elle d\u00e9termine qui peut s\u2019exprimer et qui ne le peut pas.<\/p>\n<p>Finalement, le Pavillon suisse n\u2019offre pas de r\u00e9ponses, mais oblige le public \u00e0 prendre position sur la mani\u00e8re dont, aujourd\u2019hui, nous sommes dispos\u00e9s \u2013 ou non \u2013 \u00e0 vivre ensemble, et sur les conditions qui rendent cette cohabitation r\u00e9ellement possible.<\/p>\n<p>Article relu et v\u00e9rifi\u00e9 par Daniele Mariani. Traduit de l\u2019italien par Emilie Ridard\/kr.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Entr\u00e9e du Pavillon suisse \u00e0 la Biennale de Venise 2026. Keystone \/ Christian Beutler \u00c0 l&rsquo;occasion de la&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":134634,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[10],"tags":[657,3939,3952,20028,113,112,1631,23],"class_list":["post-134633","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-divertissement","tag-article","tag-arts-general","tag-beat-swiss-fine-arts","tag-customs-and-tradition","tag-divertissement","tag-entertainment","tag-production-type-adaptation","tag-suisse"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@ch_fr\/116588756672666444","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/134633","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=134633"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/134633\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/134634"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=134633"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=134633"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=134633"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}