{"id":184964,"date":"2026-06-21T08:27:08","date_gmt":"2026-06-21T08:27:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/184964\/"},"modified":"2026-06-21T08:27:08","modified_gmt":"2026-06-21T08:27:08","slug":"biodiversite-un-projet-redonne-vie-aux-prairies-fleuries","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/184964\/","title":{"rendered":"Biodiversit\u00e9: un projet redonne vie aux prairies fleuries"},"content":{"rendered":"<p>Un projet de l&rsquo;Universit\u00e9 de Berne a permis de restaurer la biodiversit\u00e9 dans une soixantaine de prairies de fauche situ\u00e9es entre Nyon et Lucerne. Gr\u00e2ce \u00e0 cette initiative, le nombre d&rsquo;esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales a augment\u00e9 de 30%. Pour les agriculteurs, une gestion extensive entra\u00eene une perte de productivit\u00e9, compens\u00e9e par une contribution financi\u00e8re vers\u00e9e par la Conf\u00e9d\u00e9ration.<\/p>\n<p>Entre les brins d&rsquo;herbe d&rsquo;un champ de M\u00fchleberg, dans la campagne bernoise, se cache la r\u00e9ponse \u00e0 une question fondamentale: comment accro\u00eetre la biodiversit\u00e9 dans les prairies de fauche du Plateau suisse? La Tessinoise Laura Forgione, chercheuse \u00e0 l&rsquo;Institut d&rsquo;\u00e9cologie et d&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;Universit\u00e9 de Berne, a consacr\u00e9 sa th\u00e8se de doctorat \u00e0 cette probl\u00e9matique.<\/p>\n<p>Les prairies de fauche servent \u00e0 produire le foin que les agriculteurs donnent au b\u00e9tail. V\u00e9ritables \u00eelots de biodiversit\u00e9, elles constituent des habitats id\u00e9aux pour les fleurs et les insectes. Mais l&rsquo;intensification des pratiques agricoles les a progressivement appauvries.<\/p>\n<p> <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/1ez14a-29276011.image.jpeg\" alt=\"\u00c0 gauche, la chercheuse Laura Forgione lors d'une \u00e9tude de la v\u00e9g\u00e9tation dans une prairie. [Universit\u00e9 de Berne]\" title=\"\u00c0 gauche, la chercheuse Laura Forgione lors d'une \u00e9tude de la v\u00e9g\u00e9tation dans une prairie. [Universit\u00e9 de Berne]\" loading=\"lazy\"\/>  \u00c0 gauche, la chercheuse Laura Forgione lors d&rsquo;une \u00e9tude de la v\u00e9g\u00e9tation dans une prairie. [Universit\u00e9 de Berne] Le probl\u00e8me de l&rsquo;intensification<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0\u00c0 partir de la Seconde Guerre mondiale, la gestion des prairies est devenue plus intensive. On a utilis\u00e9 davantage d&rsquo;engrais et on a fauch\u00e9 plus fr\u00e9quemment. Cela a entra\u00een\u00e9 une forte perte de biodiversit\u00e9\u00a0\u00bb, explique Laura Forgione, rencontr\u00e9e sur place par Il giardino di Albert, l&rsquo;\u00e9mission scientifique de RSI.<\/p>\n<p>Pour lutter contre ce ph\u00e9nom\u00e8ne, la politique agricole suisse a introduit les <a href=\"https:\/\/www.blw.admin.ch\/fr\/contributions-biodiversite\" class=\"inline-link\" data-item-id=\"richtext_link\" data-rts-ece-id=\"983be704-42e3-3060-b3d5-fa50c5062bb9\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">surfaces de promotion de la biodiversit\u00e9<\/a> (SPB), qui encouragent, gr\u00e2ce \u00e0 des contributions financi\u00e8res vers\u00e9es aux agriculteurs, une gestion plus extensive des terres agricoles.<\/p>\n<p>&gt;&gt; Lire aussi\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.rts.ch\/info\/suisse\/2026\/article\/biodiversite-en-suisse-le-conseil-federal-fait-trop-peu-selon-un-rapport-29249357.html\" data-item-id=\"richtext_link\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Les efforts du Conseil f\u00e9d\u00e9ral pour la protection de la biodiversit\u00e9 jug\u00e9s insuffisants<\/a><\/p>\n<p>Dans les prairies, cela signifie notamment renoncer \u00e0 l&rsquo;utilisation d&rsquo;engrais et retarder la premi\u00e8re coupe de l&rsquo;herbe. Cette approche s&rsquo;oppose \u00e0 une gestion dite intensive, dont l&rsquo;objectif principal est d&rsquo;obtenir le rendement le plus \u00e9lev\u00e9 possible.<\/p>\n<p>Pourtant, ces mesures ne suffisent pas, souligne la chercheuse: \u00ab\u00a0Des d\u00e9cennies d&rsquo;exploitation intensive ont fortement r\u00e9duit les r\u00e9serves de graines pr\u00e9sentes dans le sol de ces \u00e9cosyst\u00e8mes. C&rsquo;est pourquoi les prairies ont besoin d&rsquo;\u00eatre aid\u00e9es par des semis.\u00a0\u00bb C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment l&rsquo;objectif de son projet de recherche.<\/p>\n<p> &gt;&gt; Voir le reportage de RSI :   RSI, Prima Ora 12.06.2026, 18h00 Un travail in\u00e9dit<\/p>\n<p>Depuis 2019, soixante prairies de fauche situ\u00e9es entre Nyon et Lucerne ont \u00e9t\u00e9 ensemenc\u00e9es selon diff\u00e9rentes m\u00e9thodes. Certaines ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de transferts de foin et de graines provenant de prairies particuli\u00e8rement riches en esp\u00e8ces. Ce projet de grande ampleur, in\u00e9dit \u00e0 cette \u00e9chelle, a n\u00e9cessit\u00e9 la collaboration de nombreux agriculteurs.<\/p>\n<p>Parmi eux figure le Bernois Beat Freiburghaus. L&rsquo;id\u00e9e de participer est n\u00e9e d&rsquo;une discussion familiale. \u00ab\u00a0Mon p\u00e8re et moi y avons r\u00e9fl\u00e9chi ensemble, raconte-t-il. Est-il possible de faire quelque chose pour valoriser nos terres? La r\u00e9ponse a \u00e9t\u00e9 imm\u00e9diate: c&rsquo;est une excellente id\u00e9e. Nous n&rsquo;avons rien \u00e0 perdre et tout \u00e0 y gagner.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Des r\u00e9sultats encourageants<\/p>\n<p>Deux ans seulement apr\u00e8s le lancement du projet, toutes les m\u00e9thodes test\u00e9es ont permis d&rsquo;augmenter la diversit\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale des prairies concern\u00e9es, auparavant relativement pauvres en esp\u00e8ces. Au total, 90% des parcelles ont atteint le niveau de qualit\u00e9 2, le plus \u00e9lev\u00e9. Celui-ci est obtenu lorsque six esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales indicatrices au minimum sont pr\u00e9sentes.<\/p>\n<p>Le nombre total d&rsquo;esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales a, quant \u00e0 lui, progress\u00e9 de 30%. \u00ab\u00a0Il est int\u00e9ressant de constater qu&rsquo;il existe des m\u00e9thodes de restauration efficaces. Chaque agriculteur peut choisir celles qui conviennent le mieux \u00e0 son exploitation\u00a0\u00bb, rel\u00e8ve Laura Forgione. La chercheuse \u00e9tudie actuellement les effets du r\u00e9tablissement de la diversit\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale sur diff\u00e9rents groupes d&rsquo;invert\u00e9br\u00e9s.<\/p>\n<p> <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/d4dmdt-29276014.image.jpeg\" alt=\"Les diff\u00e9rents niveaux de qualit\u00e9 de la biodiversit\u00e9, qui d\u00e9cident du montant des contributions f\u00e9d\u00e9rales. Les sols cultiv\u00e9s dans le cadre du projet de l'Universit\u00e9 de Berne ont atteint le niveau de qualit\u00e9 II, le plus \u00e9lev\u00e9. [Office f\u00e9d\u00e9ral de la l'Agriculture (OFAG)]\" title=\"Les diff\u00e9rents niveaux de qualit\u00e9 de la biodiversit\u00e9, qui d\u00e9cident du montant des contributions f\u00e9d\u00e9rales. Les sols cultiv\u00e9s dans le cadre du projet de l'Universit\u00e9 de Berne ont atteint le niveau de qualit\u00e9 II, le plus \u00e9lev\u00e9. [Office f\u00e9d\u00e9ral de la l'Agriculture (OFAG)]\" loading=\"lazy\"\/>  Les diff\u00e9rents niveaux de qualit\u00e9 de la biodiversit\u00e9, qui d\u00e9cident du montant des contributions f\u00e9d\u00e9rales. Les sols cultiv\u00e9s dans le cadre du projet de l&rsquo;Universit\u00e9 de Berne ont atteint le niveau de qualit\u00e9 II, le plus \u00e9lev\u00e9. [Office f\u00e9d\u00e9ral de la l&rsquo;Agriculture (OFAG)] Les compromis n\u00e9cessaires<\/p>\n<p>La gestion extensive des prairies pr\u00e9sente toutefois certaines limites. Beat Freiburghaus s&rsquo;est engag\u00e9 \u00e0 repousser la premi\u00e8re fauche apr\u00e8s le 15 juin. En cons\u00e9quence, l&rsquo;herbe devient trop m\u00fbre et perd une partie de sa valeur fourrag\u00e8re, rel\u00e8ve l&rsquo;agriculteur bernois. Les animaux la consomment alors moins volontiers.<\/p>\n<p>Jean-Yves Humbert, responsable du groupe de recherche, \u00e9voque un compromis n\u00e9cessaire au nom de la biodiversit\u00e9. \u00ab\u00a0La quantit\u00e9 de fourrage et sa valeur nutritive sont inf\u00e9rieures \u00e0 celles d&rsquo;une prairie intensive. Mais aujourd&rsquo;hui, les agriculteurs comme l&rsquo;opinion publique sont conscients qu&rsquo;il faut faire un effort pour pr\u00e9server la biodiversit\u00e9. C&rsquo;est pourquoi certains exploitants choisissent une gestion extensive sur une partie seulement de leurs terres.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En somme, biodiversit\u00e9 et productivit\u00e9 sont deux notions qui doivent plus que jamais coexister. Car l&rsquo;agriculture de demain d\u00e9pend de notre capacit\u00e9 \u00e0 pr\u00e9server les \u00e9cosyst\u00e8mes aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p class=\"sources\">Matteo Martelli, RSI\/dk<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Un projet de l&rsquo;Universit\u00e9 de Berne a permis de restaurer la biodiversit\u00e9 dans une soixantaine de prairies de&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":184965,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[3],"tags":[31929,353,242,2804,1065,2384,1323,344,355,743,304,5643,296,23,2704],"class_list":["post-184964","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-suisse","tag-31929","tag-agriculteur","tag-agriculture","tag-biodiversite","tag-chercheur","tag-confederation","tag-dialogue","tag-economie-et-finances","tag-environnement","tag-initiative","tag-nature","tag-plante","tag-science-et-technologie","tag-suisse","tag-universite-de-berne"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@ch_fr\/116787153722774236","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/184964","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=184964"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/184964\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/184965"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=184964"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=184964"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=184964"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}