{"id":196213,"date":"2026-06-28T23:09:17","date_gmt":"2026-06-28T23:09:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/196213\/"},"modified":"2026-06-28T23:09:17","modified_gmt":"2026-06-28T23:09:17","slug":"on-pensait-le-noyau-terrestre-fait-uniquement-de-fer-et-de-nickel-il-contiendrait-en-realite-lequivalent-de-9-a-45-oceans-dhydrogene","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/196213\/","title":{"rendered":"On pensait le noyau terrestre fait uniquement de fer et de nickel : il contiendrait en r\u00e9alit\u00e9 l&rsquo;\u00e9quivalent de 9 \u00e0 45 oc\u00e9ans d&rsquo;hydrog\u00e8ne"},"content":{"rendered":"<p>\u00c0 5 000 kilom\u00e8tres sous vos pieds, l\u00e0 o\u00f9 la pression \u00e9crase le m\u00e9tal \u00e0 111 gigapascals et o\u00f9 la temp\u00e9rature d\u00e9passe 4 800 \u00b0C, se cache une r\u00e9serve d\u2019hydrog\u00e8ne colossale que personne n\u2019avait su quantifier avec pr\u00e9cision. Le noyau de la Terre contiendrait entre 0,07 et 0,36 % de son poids en hydrog\u00e8ne, ce qui \u00e9quivaut \u00e0 9 \u00e0 45 oc\u00e9ans d\u2019eau. Un chiffre qui redessine brutalement ce que l\u2019on croyait savoir de notre propre plan\u00e8te.<\/p>\n<p class=\"gpsb-badge__text\">Ne manquez plus aucune de nos publications :<\/p>\n<p><a class=\"gpsb-badge__link\" href=\"https:\/\/google.com\/preferences\/source?q=sciencepost.fr\" target=\"_blank\" rel=\"noopener sponsored nofollow\"><img class=\"gpsb-badge__image\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/1782688157_349_google_preferred_source_badge_light_FR@2x.png\" width=\"215\" height=\"67\" alt=\"Suivre cette source sur Google\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"display:inline-block;width:215px;max-width:76vw;height:auto;\"\/><\/a><\/p>\n<p style=\"font-weight:700;font-size:1.05em;margin:0 0 0.7em 0;color:#333;\">\u00c0 retenir<\/p>\n<p>Le noyau terrestre cache une quantit\u00e9 colossale d\u2019hydrog\u00e8ne que personne n\u2019avait pu mesurer avec pr\u00e9cision jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent<br \/>\nUne nouvelle technique r\u00e9volutionnaire permet enfin de compter les atomes d\u2019hydrog\u00e8ne un par un dans des conditions extr\u00eames<br \/>\nCette d\u00e9couverte pourrait expliquer l\u2019origine de toute l\u2019eau terrestre et red\u00e9finir notre compr\u00e9hension des plan\u00e8tes rocheuses<\/p>\n<p style=\"font-weight:700;margin:0 0 0.5em 0;color:#333;font-size:0.95em;\">Sommaire<\/p>\n<p><a href=\"#le-deficit-de-densite-ce-detail-qui-change-tout\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Le d\u00e9ficit de densit\u00e9, ce d\u00e9tail qui change tout<\/a><br \/>\n<a href=\"#une-cellule-a-enclumes-de-diamant-pour-simuler-les-entraille\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Une cellule \u00e0 enclumes de diamant pour simuler les entrailles de la Terre<\/a><br \/>\n<a href=\"#l-eau-sur-terre-une-histoire-qui-remonte-a-la-naissance-de-l\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">L\u2019eau sur Terre : une histoire qui remonte \u00e0 la naissance de la plan\u00e8te<\/a><br \/>\n<a href=\"#une-decouverte-solide-avec-ses-propres-limites\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Une d\u00e9couverte solide, avec ses propres limites<\/a><\/p>\n<p>Le d\u00e9ficit de densit\u00e9, ce d\u00e9tail qui change tout<\/p>\n<p>Les scientifiques savaient depuis longtemps que le noyau terrestre est majoritairement compos\u00e9 de fer, mais sa densit\u00e9 mesur\u00e9e est insuffisante pour qu\u2019il s\u2019agisse de fer pur, ce qui implique la pr\u00e9sence d\u2019\u00e9l\u00e9ments plus l\u00e9gers. L\u2019hydrog\u00e8ne, soup\u00e7onn\u00e9 depuis des d\u00e9cennies, \u00e9tait le suspect id\u00e9al. Le probl\u00e8me : le d\u00e9tecter dans des conditions aussi extr\u00eames rel\u00e8ve de l\u2019exploit technique. L\u2019hydrog\u00e8ne, \u00e9tant l\u2019\u00e9l\u00e9ment le plus l\u00e9ger et le plus petit de l\u2019univers, rend sa d\u00e9tection sous des conditions de pression et de temp\u00e9rature extr\u00eames particuli\u00e8rement difficile.<\/p>\n<p>Les pr\u00e9c\u00e9dentes estimations \u00e9taient bas\u00e9es sur la diffraction des rayons X, une technique qui analyse comment les rayons X interagissent avec un mat\u00e9riau. Cette m\u00e9thode reposait cependant sur des hypoth\u00e8ses erron\u00e9es concernant la structure cristalline du fer. R\u00e9sultat : les fourchettes obtenues variaient dans des proportions absurdes. Ces interpr\u00e9tations allaient de 10 parties par million \u00e0 10 000 parties par million en poids, soit de 0,1 oc\u00e9an \u00e0 plus de 120 oc\u00e9ans. Autant dire que la science naviguait \u00e0 vue.<\/p>\n<p>Une cellule \u00e0 enclumes de diamant pour simuler les entrailles de la Terre<\/p>\n<p>C\u2019est une \u00e9quipe men\u00e9e par Dongyang Huang, de l\u2019Universit\u00e9 de P\u00e9kin, et Motohiko Murakami, de l\u2019ETH Zurich, qui a chang\u00e9 la donne, avec une publication dans Nature Communications en f\u00e9vrier 2026. Leur approche ? Recr\u00e9er le noyau en laboratoire plut\u00f4t que de l\u2019observer de loin. Ils ont coinc\u00e9 de minuscules \u00e9chantillons de fer (repr\u00e9sentant le noyau) et de verre de silicate hydrat\u00e9 (repr\u00e9sentant l\u2019ancien oc\u00e9an magmatique de la Terre) entre des enclumes de diamant, chauff\u00e9s \u00e0 environ 4 827 \u00b0C et comprim\u00e9s \u00e0 des pressions de 111 gigapascals.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s refroidissement et solidification rapides des \u00e9chantillons, les chercheurs ont utilis\u00e9 une sonde sp\u00e9ciale pour cartographier la distribution des \u00e9l\u00e9ments, d\u00e9couvrant de minuscules structures solidifi\u00e9es dans le fer. Le silicium et l\u2019hydrog\u00e8ne n\u2019\u00e9taient pr\u00e9sents qu\u2019\u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de ces structures, et en quantit\u00e9s \u00e9gales d\u2019atomes. Ce rapport molaire de 1 pour 1 entre silicium et hydrog\u00e8ne fut la cl\u00e9 de vo\u00fbte du calcul. Pour d\u00e9terminer la teneur totale en hydrog\u00e8ne du noyau terrestre, les chercheurs ont utilis\u00e9 deux valeurs : d\u2019abord ce rapport hydrog\u00e8ne\/silicium d\u00e9termin\u00e9 dans leur exp\u00e9rience, puis la teneur en silicium du noyau terrestre \u00e9tablie par des \u00e9tudes ant\u00e9rieures.<\/p>\n<p>La technique de tomographie par sonde atomique utilis\u00e9e ici est diff\u00e9rente de tout ce qui avait \u00e9t\u00e9 fait avant. Les chercheurs aff\u00fbtent les \u00e9chantillons en forme d\u2019aiguilles d\u2019un diam\u00e8tre d\u2019environ 20 nanom\u00e8tres, les placent sous une haute tension finement contr\u00f4l\u00e9e, puis les atomes sont ionis\u00e9s et compt\u00e9s un par un. Compter les atomes d\u2019hydrog\u00e8ne un \u00e0 un, dans du m\u00e9tal simulant les conditions du centre de la Terre : difficile de faire plus direct.<\/p>\n<p>L\u2019eau sur Terre : une histoire qui remonte \u00e0 la naissance de la plan\u00e8te<\/p>\n<p>Les implications d\u00e9passent largement la g\u00e9ophysique pure. Cet hydrog\u00e8ne pr\u00e9sent dans le noyau r\u00e9v\u00e8le que la Terre a certainement captur\u00e9 la grande majorit\u00e9 de son eau au moment de sa formation et non par bombardement com\u00e9taire tardif. Dans le cas de cette seconde hypoth\u00e8se, souvent avanc\u00e9e, l\u2019hydrog\u00e8ne serait majoritairement pr\u00e9sent dans les niveaux les plus superficiels de la Terre, et non en son centre comme c\u2019est observ\u00e9 ici.<\/p>\n<p>L\u2019hydrog\u00e8ne n\u2019existe pas sous forme d\u2019eau liquide dans le noyau, mais il devient de l\u2019eau en s\u2019\u00e9chappant vers le haut dans le manteau et en r\u00e9agissant avec l\u2019oxyg\u00e8ne, explique le g\u00e9odynamicien Motohiko Murakami de l\u2019ETH Zurich. Notre eau de surface serait donc, pour une part, le r\u00e9sultat d\u2019une longue migration depuis les profondeurs, sur des milliards d\u2019ann\u00e9es. Cette d\u00e9couverte \u00ab\u00a0change vraiment la fa\u00e7on dont nous pensons \u00e0 l\u2019origine de notre eau\u00a0\u00bb, r\u00e9sume la plan\u00e9tologue Hilke Schlichting, de l\u2019Universit\u00e9 de Californie \u00e0 Los Angeles.<\/p>\n<p>L\u2019interaction entre l\u2019hydrog\u00e8ne, le silicium et l\u2019oxyg\u00e8ne dans le noyau liquide primitif aurait pu jouer un r\u00f4le moteur dans la convection du m\u00e9tal en fusion. Ce processus aurait aliment\u00e9 un \u00ab\u00a0g\u00e9odynamo\u00a0\u00bb pr\u00e9coce, g\u00e9n\u00e9rant le champ magn\u00e9tique terrestre indispensable \u00e0 l\u2019\u00e9mergence et \u00e0 la protection de la vie. Sans ce bouclier, les vents solaires auraient balay\u00e9 notre atmosph\u00e8re, rendant la Terre st\u00e9rile et inhabitable.<\/p>\n<p>Une d\u00e9couverte solide, avec ses propres limites<\/p>\n<p>Les auteurs soulignent plusieurs limites. La pr\u00e9sence d\u2019hydrog\u00e8ne r\u00e9siduel dans la chambre de tomographie par sonde atomique pourrait, par exemple, avoir artificiellement accru les quantit\u00e9s mesur\u00e9es. L\u2019hydrog\u00e8ne a pu \u00e9galement s\u2019\u00e9chapper lors de la d\u00e9pressurisation des \u00e9chantillons, ce qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 pris en compte dans ce travail. Les recherches ant\u00e9rieures de Kei Hirose, plan\u00e9tologue \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Tokyo, laissaient d\u2019ailleurs entrevoir une quantit\u00e9 d\u2019hydrog\u00e8ne encore sup\u00e9rieure \u00e0 cette nouvelle estimation.<\/p>\n<p>La fourchette de 9 \u00e0 45 oc\u00e9ans reste donc large, et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment cette largeur qui dit quelque chose d\u2019honn\u00eate sur l\u2019\u00e9tat de la science : on sait d\u00e9sormais avec certitude que la quantit\u00e9 est colossale, sans pouvoir encore la fixer avec pr\u00e9cision. Le noyau terrestre reste inaccessible \u00e0 l\u2019observation directe. Les scientifiques doivent donc s\u2019appuyer sur des mod\u00e8les, des simulations et des exp\u00e9riences en laboratoire pour en percer les secrets. Ce que cette \u00e9tude apporte, c\u2019est une m\u00e9thode radicalement plus fiable que toutes ses pr\u00e9d\u00e9cesseures, et un ordre de grandeur enfin cr\u00e9dible.<\/p>\n<p>Cette estimation fait potentiellement du noyau le plus grand r\u00e9servoir d\u2019hydrog\u00e8ne de la Terre, bien plus important que le manteau et la cro\u00fbte r\u00e9unis. Ce renversement de perspective rejaillit aussi sur la fa\u00e7on dont on mod\u00e9lise d\u2019autres plan\u00e8tes rocheuses : si la Terre cache autant d\u2019hydrog\u00e8ne \u00e0 des profondeurs inatteignables, Mars, V\u00e9nus ou les exoplan\u00e8tes telluriques pourraient receler des surprises similaires, redessinant la carte de l\u2019habitabilit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du cosmos.<\/p>\n<p class=\"source-link\">Sources\u00a0: <a href=\"https:\/\/lesnews.ca\/tech\/decouverte-dun-gigantesque-reservoir-dhydrogene-dans-le-noyau-terrestre-jusqua-45-fois-plus-que-tous-les-oceans-reunis\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">lesnews.ca<\/a> | <a href=\"https:\/\/www.mixvale.com.br\/2026\/02\/20\/earths-core-may-contain-hydrogen-equivalent-to-up-to-45-oceans-according-to-new-research-en\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\"><a href=\"https:\/\/mixvale.com\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">mixvale.com<\/a>.br<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\u00c0 5 000 kilom\u00e8tres sous vos pieds, l\u00e0 o\u00f9 la pression \u00e9crase le m\u00e9tal \u00e0 111 gigapascals et&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":196214,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[7],"tags":[45186,17864,11216,45187,45188,1879,61,57,59,58,23,60,62],"class_list":["post-196213","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-sciences-et-technologies","tag-decouverte-scientifique","tag-geophysique","tag-hydrogene","tag-noyau-terrestre","tag-origine-de-leau","tag-push","tag-science","tag-science-and-technology","tag-sciences","tag-sciences-et-technologies","tag-suisse","tag-technologies","tag-technology"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@ch_fr\/116830258321269221","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/196213","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=196213"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/196213\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/196214"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=196213"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=196213"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=196213"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}