{"id":216897,"date":"2026-07-13T19:53:13","date_gmt":"2026-07-13T19:53:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/216897\/"},"modified":"2026-07-13T19:53:13","modified_gmt":"2026-07-13T19:53:13","slug":"extra-europeen%c2%b7nes-extra-exploite%c2%b7es-le-courrier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/216897\/","title":{"rendered":"Extra-europ\u00e9en\u00b7nes extra exploit\u00e9\u00b7es &#8211; Le Courrier"},"content":{"rendered":"<p>Ils construisent nos b\u00e2timents, gardent nos enfants et labourent nos terres, paient m\u00eame parfois des imp\u00f4ts\u2026 et pourtant, leurs droits sont toujours tr\u00e8s limit\u00e9s.<\/p>\n<p>L\u2019Observatoire romand du droit d\u2019asile et des \u00e9tranger\u00b7\u00e8rexs (ODAE) consacre son neuvi\u00e8me dossier Panorama aux travailleurs et aux travailleuses extra-europ\u00e9en\u00b7nes qui exercent les travaux les moins visibles. Des personnes pour qui l\u2019acc\u00e8s \u00e0 un statut de s\u00e9jour est \u00abdifficile, voire impossible\u00bb. L\u2019ODAE, qui cite le syndicat Unia, rappelle que \u00ab150 000 personnes vivraient ainsi en Suisse sans statut de s\u00e9jour, sous la menace permanente d\u2019une expulsion\u00bb.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/evenement-syndical.jpg\" rel=\"attachment wp-att-4500236\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4500236 alignleft\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/evenement-syndical.jpg\" alt=\"\" width=\"189\" height=\"49\"  \/><\/a>Mais ces travailleur\u00b7euses, que l\u2019on qualifie commun\u00e9ment de \u00absans-papiers\u00bb, ne sont pas des fant\u00f4mes en Suisse. Elles et ils sont souvent connu\u00b7es des administrations et ont \u00e0 faire aux autorit\u00e9s communales, cantonales et f\u00e9d\u00e9rales. \u00abIl y a une forme d\u2019hypocrisie quant \u00e0 la consid\u00e9ration des personnes sans statut l\u00e9gal, analyse Elisa Turtschi, coordinatrice de l\u2019ODAE. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, elles n\u2019obtiennent pas les autorisations pour travailler l\u00e9galement et de l\u2019autre, pour certaines d\u2019entre elles, elles paient des imp\u00f4ts. C\u2019est ce qu\u2019on appelle le travail au gris. M\u00eame sans statut l\u00e9gal, on peut avoir un num\u00e9ro AVS et cotiser. Mais dans le m\u00eame temps, on est condamnable si on est contr\u00f4l\u00e9 par la police\u2026 D\u2019o\u00f9 cette position un peu schizophr\u00e9nique pour les personnes concern\u00e9es.\u00bb<\/p>\n<p>Main d\u2019\u0153uvre indispensable<\/p>\n<p>Une situation qui se pr\u00e9sente \u00e0 nouveau lorsqu\u2019on souhaite obtenir un statut de s\u00e9jour, puisqu\u2019on exige des demandeur\u00b7euses qu\u2019ils prouvent dix ans de pr\u00e9sence en Suisse pour esp\u00e9rer recevoir un permis. Ce qui signifie que pour exister aux yeux de la loi, les sans-papiers doivent d\u00e9montrer\u2026 avoir contourn\u00e9 la loi. Une position tr\u00e8s inconfortable qui n\u2019est pas le fruit du hasard. \u00abLa main d\u2019\u0153uvre irr\u00e9gularis\u00e9e est centrale dans l\u2019\u00e9conomie suisse, explique Aude Martenot, elle aussi coordinatrice de l\u2019ODAE. Ce recours n\u00e9cessaire \u00e0 une main d\u2019\u0153uvre \u00e9trang\u00e8re n\u2019est pas nouveau: dans l\u2019apr\u00e8s-guerre par exemple, la migration de travail \u00e9tait encourag\u00e9e et contr\u00f4l\u00e9e par le fameux permis de saisonnier. Aujourd\u2019hui, malgr\u00e9 leur p\u00e9nibilit\u00e9, les gens doivent parfois cumuler de nombreux emplois \u00e0 tr\u00e8s faible pourcentage, ou assumer un nombre d\u2019heures d\u00e9mesur\u00e9 exig\u00e9 par leur patron. Ces conditions de travail sont tellement pr\u00e9caires qu\u2019une personne r\u00e9gularis\u00e9e ne les accepterait pas.\u00bb<\/p>\n<p>De quoi mettre un coup \u00e0 l\u2019id\u00e9e selon laquelle les sans-papiers \u00abconcurrenceraient\u00bb les salaires des travailleur\u00b7euses r\u00e9gularis\u00e9\u00b7es. \u00abNon seulement cette id\u00e9e est fausse, mais en plus elle d\u00e9place le probl\u00e8me: c\u2019est le patronat qui d\u00e9cide combien il est pr\u00eat \u00e0 payer les salari\u00e9s et quelles conditions de travail il offre, ajoute Elisa Turtschi. Les travailleurs ne peuvent en aucun cas \u00eatre tenus responsable de leur exploitation.\u00bb<\/p>\n<p>Au d\u00e9tour de huit textes, le Panorama aborde de tr\u00e8s nombreuses questions qui touchent les personnes extra-europ\u00e9ennes, avec ou sans statut de s\u00e9jour. Comme par exemple la double discrimination que subissent les femmes sans-papiers. A noter qu\u2019en 2017, sur 12\u00a0000 personnes sans statut de s\u00e9jour \u00e0 Gen\u00e8ve, 80% \u00e9taient des femmes, souligne l\u2019ODAE. Ces derni\u00e8res sont majoritairement employ\u00e9es dans les secteurs du care (m\u00e9nage, garde d\u2019enfants, soins, etc.), moins r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s, plus isol\u00e9s et o\u00f9 les contrats sont moins stables. Une premi\u00e8re discrimination, qui en implique une autre lorsqu\u2019on souhaite r\u00e9gulariser son statut de s\u00e9jour: cette instabilit\u00e9 rend plus difficile de prouver une pr\u00e9sence continue sur sol suisse et donc l\u2019obtention d\u2019un permis.<\/p>\n<p>\u00abLa main d\u2019\u0153uvre<br \/>irr\u00e9gularis\u00e9e est centrale dans l\u2019\u00e9conomie suisse\u00bb Aude Martenot<\/p>\n<p>\u00abElles remplissent rarement les conditions formelles, non parce que leur enracinement est moindre, mais parce que les crit\u00e8res l\u00e9gaux les excluent\u00bb, conclut le dossier de l\u2019ODAE. Et m\u00eame lorsqu\u2019un statut est obtenu, il est difficile de faire valoir ses droits. \u00abOn donne tout le temps un conseil aux personnes sans statut de s\u00e9jour: se rendre dans les permanences organis\u00e9es par des syndicats ou des associations pour se renseigner, lancent en ch\u0153ur les deux coordinatrices de l\u2019ODAE. Il n\u2019est pas facile de conna\u00eetre toutes les subtilit\u00e9s du droit suisse. En informant et en cr\u00e9ant des lieux de rencontre, les syndicats ont donc un r\u00f4le central dans la d\u00e9fense des travailleurs sans-papiers.\u00bb<\/p>\n<p>Choix politiques<\/p>\n<p>Mais des solutions existent et elles sont le fruit de choix politiques. A Gen\u00e8ve, l\u2019op\u00e9ration Papyrus a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e entre 2017 et 2018. \u00abElle a permis \u00e0 2390\u00a0travailleurs sans statut d\u2019obtenir un permis de s\u00e9jour \u00e0 Gen\u00e8ve \u2013\u00a0un chiffre remarquable compar\u00e9 aux 2754\u00a0r\u00e9gularisations effectu\u00e9es dans toute la Suisse entre 2001 et 2015 en application de la m\u00eame base l\u00e9gale\u00bb, note l\u2019Observatoire. La situation des personnes r\u00e9gularis\u00e9es s\u2019est ainsi am\u00e9lior\u00e9e, m\u00eame si elles restent pr\u00e9caires.<\/p>\n<p>Une \u00e9tude genevoise a montr\u00e9 que le revenu mensuel net m\u00e9dian des m\u00e9nages r\u00e9gularis\u00e9s avec Papyrus oscille autour de 3000\u00a0francs, alors que pour les m\u00e9nages rest\u00e9s non-r\u00e9gularis\u00e9s, il est plut\u00f4t de 1800\u00a0francs. \u00abAvant la mise en place de Papyrus, certains craignaient que le dispositif soit inefficace, que d\u2019autres travailleurs sans-papiers remplacent simplement ceux qui s\u2019\u00e9taient r\u00e9gularis\u00e9s et que ces derniers trouvent un autre emploi, se souvient Aude Martenot. Or \u00e7a ne s\u2019est pas du tout pass\u00e9 comme \u00e7a. Ce que les travailleurs et les travailleuses souhaitaient, c\u2019\u00e9tait faire reconna\u00eetre le travail qu\u2019ils effectuaient depuis longtemps. Papyrus a v\u00e9ritablement assaini le march\u00e9 de l\u2019emploi genevois.\u00bb<\/p>\n<p>Si depuis, aucune mesure similaire n\u2019a \u00e9t\u00e9 entreprise en Suisse romande, cela va bient\u00f4t changer. D\u00e8s le 1er septembre et pour une dur\u00e9e de quinze mois, Neuch\u00e2tel va mettre sur pied un dispositif tr\u00e8s proche de Papyrus. De quoi peut-\u00eatre inspirer d\u2019autres cantons et reconna\u00eetre enfin ces travailleurs et travailleuses que la Suisse a trop longtemps ignor\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Ils construisent nos b\u00e2timents, gardent nos enfants et labourent nos terres, paient m\u00eame parfois des imp\u00f4ts\u2026 et pourtant,&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":216898,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[3],"tags":[23,4332],"class_list":["post-216897","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-suisse","tag-suisse","tag-travail"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@ch_fr\/116914422783305502","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/216897","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=216897"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/216897\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/216898"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=216897"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=216897"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=216897"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}